La biodiversité

 

On appelle biodiversité, ou diversité biologique, la richesse en nombre d’espèces animales et végétales d'un milieu.

Environ 1.700.000 espèces animales ont été dénombrées et décrites, contre quelques centaines de milliers d'espèces végétales. En se fondant sur le nombre d'espèces nouvelles découvertes chaque année dans les forêts tropicales, on estime que le nombre total d'espèces est de 5 à 100 millions ! Le chiffre moyen de 12,5 millions semble « raisonnable ». La majorité des espèces qui vivent sur notre planète nous sont donc inconnues !

 

 

La biodiversité menacée.

 

L'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) publie régulièrement,  depuis le début des années 1960, une « liste rouge des espèces menacées » recensant des espèces animales de toutes sortes, dans le monde entier.

  • Les espèces menacées voient chuter leur population de 50 % ou plus. 

  • Les espèces vulnérables ont accusé une perte de 20 à 50 % de leurs effectifs. 

  • Les espèces rares, en nombre relativement réduit sur leurs aires de répartition, ne sont pas forcément en danger immédiat d’extinction.

Les résultats sont inquiétants : 

  • 1/4 des 4.600 espèces de mammifères connus sont en danger, 24 de leurs 26 ordres comprenant des espèces en voie d’extinction. C’est au sein de l’ordre des primates que la situation est le plus grave (46 % des espèces en danger). Sont également menacées 36 % des espèces d’insectivores, 33 % des artiodactyles (girafes, cerfs, antilopes, hippopotames...), 26 % des chiroptères (chauves-souris) et des carnivores, et 17 % des rongeurs. 

  • Parmi les poissons, ceux vivant dans les océans, victimes d’une pêche intensive, font l’objet d’une attention particulière. La liste rouge de 1996 a ajouté 100 espèces de poissons à la liste précédente, dont les requins, les mérous et les hippocampes.  

Cette liste rouge, indicateur important de l’état de la biodiversité, reste très incomplète :

  • Probablement moins de 20 % des espèces existantes sur Terre sont connues. 

  • Elle ne concerne que 5. 202 espèces (en 1996), uniquement animales.

Face à ces menaces qui pèsent sur la biodiversité, des conférences et conventions internationales essayent de trouver des solutions. 

En juin 1992, une conférence des Nations unies sur l'environnement et le développement, appelée le « sommet de la Terre », a réuni les représentants de 168 pays à Rio de Janeiro, au Brésil. Les principaux sujets abordés furent les changements climatiques, la biodiversité et la protection des forêts. Un calendrier de protection de l'environnement fut adopté et ses conséquences politiques et économiques furent envisagées. Cette réunion, très médiatisée, a eu peu de résultats concrets.
10 ans après Rio, le sommet mondial sur le développement durable s'est déroulé du 26 Août au 4 Septembre 2002 à Johannesburg. Les éléments principaux des thèmes abordés : contexte, enjeux, initiatives depuis la conférence de Rio... sont présentés, sous forme de fiches, dans un
dossier du ministère de l'écologie. On peut aussi consulter le dossier "webencyclo".

 

Les conséquences de la déforestation

 

On estime que, chaque année, la déforestation intensive fait disparaître, dans la forêt amazonienne, des centaines de plantes, dont la plupart n’ont pas encore été recensées. En étudiant, par exemple, quels animaux mangent des bambous, on comprend les conséquences dramatiques de la déforestation...

Il faut 60 ans pour remplacer un arbre de 20 mètres coupé alors que 60 jours peuvent suffire pour remplacer un bambou de la même hauteur. Ce végétal est donc très recherché, aussi bien pour les habitations (un milliard de personnes habitent des maisons en bambou) que pour le commerce d'exportation. Ce sont des gens très pauvres qui vivent en coupant les bambous... malheureusement, ils en coupent trop ! 

En Inde, l'industrie du papier utilise 2,2 millions de tonnes de bambou ; entre 1985 et 1994 les exportations du mobilier en bambou aux Philippines sont passées de 625000 à 1,2 millions de dollars.

Victimes de la déforestation, près de la moitié des 1200 espèces de bambous poussant à travers le monde sont menacées d’extinction. En effet, des chercheurs du Programme des nations unies pour l’environnement (UNEP) et du Réseau international pour le bambou (INBAR) ont établi des cartes précises des forêts de bambou d’Asie, d’Afrique et d’Amérique du Sud ; ils ont trouvé que certaines espèces disposent de moins de 20.000 km2 d’habitat naturel, que 250 espèces n’ont plus que 2.000 km2 pour vivre. 

Or les lémuriens de Madagascar, le tapir des Andes, beaucoup d’oiseaux d’Amérique du Sud, une espèce rarissime de chauve-souris, l'ours noir de l'Himalaya, l'ours à lunettes, quelques espèces de tortues ont besoin des forêts de bambous pour vivre.

Parmi les animaux qui se nourrissent de bambous :

  • Le panda géant de Chine consomme 38 kg de bambou par jour ! Depuis 1974, il a vu ses forêts diminuer de plus de moitié...

  • En Afrique de l’Est, le gorille des montagnes se nourrit presque exclusivement de bambous de juin à novembre... Seuls 670 gorilles de montagne seraient encore en vie !

Un plan est actuellement mis en place afin de protéger les dernières forêts de bambou, au titre de la sauvegarde de la biodiversité. Il demande la participation des pays où poussent les bambous + des pays occidentaux qui achètent des objets en bambou.

 

Les zoos aident aussi à lutter contre l'extinction des espèces animales, des tamarins par exemple, en participant à des programmes d'élevage.

Il existe une vingtaine d’espèces de tamarin. Ce sont des primates proches des ouistitis. Les deux espèces les plus connues — mais également les plus menacées — sont le tamarin lion Leontopithecus rosalia et le tamarin empereur Saguinus imperator. Deux dangers pèsent sur ces animaux : les captures à des fins d’exportation, pour les vendre comme animaux de compagnie, en raison de la beauté de leur fourrure et de la douceur de leur caractère, et, surtout, la déforestation galopante qui sévit dans leur habitat naturel.
Le tamarin lion, qui a une magnifique fourrure cuivrée, est un habitant des forêts tropicales du sud-est du Brésil ; il est très rare à l’état sauvage. Toutefois, le programme de protection orchestré par le WWF depuis 1970, la création de réserves naturelles, les mesures de réintroduction dans la nature après élevage en captivité (depuis 1984), laissent aujourd’hui espérer une survie de l’espèce. En effet, si, en 1970, il restait moins de 200 tamarins, il y en avait en liberté 700 en 1995 et 1.000 en 2001. Le WWF espère atteindre le chiffre de 2.000 en 2025, ce qui devrait assurer la survie de l’espèce à longue échéance. 

 

Les conséquences de la pêche

  • Le cabillaud (ou morue commune) est un poisson qui vit dans les eaux froides de la mer de Barents, et qui vivait aussi en Atlantique Nord.

 

 

Ce poisson est massivement pêché : on en pêche plus qu'il n'y a de naissances. On dit que les stocks n'ont pas le temps de se reconstituer. Le développement de la prospection pétrolière et du trafic maritime dans les eaux froides présente une menace supplémentaire pour les poissons.

Conséquence : le stock de cabillauds de l'Atlantique Nord s’est totalement effondré dans les années 1990 et, si la population de cabillauds de la mer de Barents (dernier réservoir important de cabillaud) n’est pas protégée, ce poisson risque de totalement disparaître d’ici 15 ans.

Les quantités de cabillauds pêchés ont chuté de 70% ces trente dernières années. La moitié des 950.000 tonnes de cabillauds actuellement pêchés –contre plus de 3 millions de tonnes dans les années 1970- provient de la mer de Barents. Les quotas imposés pour l’année 2004 sont trop élevés d’au moins 100.000 tonnes, estime le WWF, qui souligne que plus de 100.000 tonnes sont par ailleurs prélevées chaque année par la pêche illégale.
 

Pour en savoir plus :

Le rapport de WWF sur les cabillauds de la mer de Barents

Un article de sciences et avenir

  • La chasse à la baleine a failli faire disparaître le rorqual = baleine bleue. Sans l'action d'associations écologistes qui a abouti en 1982 à l'arrêt de leur chasse, il n'y en aurait plus. Leur population augmente, mais l'équilibre est fragile, il n'y en a pas encore assez pour que leur survie soit assurée.

 

Les conséquences du commerce et du braconnage

  • Les éléphants d'Afrique semblaient condamnés par le commerce de l'Ivoire... 2 millions d'éléphants tués pour leurs défenses en vingt ans ! Les défenses, qui sont profondément implantées dans le crâne, sont en fait des incisives supérieures très allongées. Record : les défenses les plus longues étaient celles d'un éléphant d'Afrique mâle et mesuraient 3,5 m de long.
    L'interdiction depuis 1989 de commercialiser l'Ivoire a permis aux éléphants de se reproduire, il y en a aujourd'hui plus de 500.000. Des troupeaux prospèrent dans certaines réserves, où leur surpâturage cause des dégâts écologiques importants qui menacent beaucoup d'autres espèces...
    Mais malgré l'accord international institué en 1989 par la Convention sur le commerce international des espèces menacées de la faune et de la flore sauvages, et bien que le trafic d'ivoire ait diminué, le braconnage est loin d'avoir disparu. La vigilance reste de mise. De même le rhinocéros a failli disparaître (13.000 seulement en 1998), victime du commerce illégal de ses cornes.

  • D'autres animaux comme le tigre sont victimes du braconnage et du commerce illégal. Chassé pour les prétendues vertus médicinales des produits que l'on extrait de son corps (en Chine notamment), mais aussi par les amateurs de trophées, le tigre de Sibérie est aujourd'hui une espèce proche de l'extinction.

  • Sévèrement chassés, les bouquetins des Alpes ont été, à une époque, réduits à un unique groupe dans le parc national du Grand Paradis, en Italie. Ils sont aujourd'hui protégés et en cours de réintroduction dans les Alpes.