Les marées noires

marée noire : déversement en mer de grandes quantités de produits pétroliers qui, en atteignant les côtes, s’accumulent sur les plages et provoquent la mort de la flore et de la faune (en particulier des oiseaux marins englués dans le pétrole).

Les cas les plus connus sont les naufrages de grands pétroliers : 

  • le Torrey Canyon (120 000 t de pétrole dans la Manche en 1967, au large des côtes anglaises de Cornouailles) 

  • l’Amoco Cadiz (220 000 t de pétrole brut en 1978, 350 km de côtes polluées, dans le nord du Finistère) 

  • l’Exxon Valdez (40 000 t dans le nord du Pacifique en mars 1989, au large des côtes de l’Alaska). 

  • l’Aegean Captain et l’Atlantic Empress (collision de deux pétroliers... 270 000 t de pétrole en 1979, au large de Trinidad dans la mer des Antilles).

Il faut savoir que seulement 10 % du pétrole rejeté en mer provient d’échouages et de collisions. Ce sont les vidanges frauduleuses qui sont le principal agent de pollution : alors que c'est interdit, certains pétroliers procèdent au lavage des réservoirs des pétroliers en mer et au déversement d’eau de ballast polluée.

 

Site sur les marées noires

Pourquoi les oiseaux meurent-ils ?

 

Constat

100 000 à 300 000 oiseaux sont morts lors de la marée noire due à l’Erika. 

La marée noire du Prestige, qui a souillé durant l'hiver 2002-2003 les côtes atlantiques espagnoles, portugaises et françaises, a touché un nombre important mais incertain d’oiseaux : 65 000 à 130 000, voire 250 000 oiseaux. Elle a touché une soixantaine d’espèces, majoritairement le Guillemot de Troïl (Uria aalge), le Macareux moine (Fratercula arctica), et le Pingouin torda (Alca torda) ; les cormorans, sternes, goélands, mouettes, Fous de Bassan (Sula bassana), etc. n’ont pas été épargnés non plus. 

La marée noire du Tricolor a touché début 2003 les côtes de la Mer du Nord, de Dunkerque jusqu'aux Pays-Bas. Le 5 février, plus de 8000 oiseaux mazoutés avaient été récupérés entre Dunkerque et La Hague, et au total, 2468 oiseaux avaient été trouvés morts, la plupart des Guillemots de Troïl et des Petits Pingouins.

 

Problème

Pourquoi le pétrole provoque-t-il une telle hécatombe chez les oiseaux ?

 

Réponses

Tout commence en pleine mer, quand les oiseaux viennent chasser ou se reposer en surface, là où gisent les nappes d’hydrocarbures fraîchement échappées d'un pétrolier. Plus le fuel est lourd comme dans le cas du Prestige, moins il contient de composés volatiles. Mais le fuel en contient toujours une certaine quantité ; une fois en mer, ces composés s’échappent généralement assez rapidement (en un à deux jours) dans l’atmosphère pour ne plus être présentes au moment où la marée noire atteint les côtes. Les oiseaux qui inhalent ces produits volatiles tombent malades : les composés volatiles irritent les muqueuses lors de leur passage dans les voies respiratoires et provoquent une pneumonie (souvent aggravée par la présence de microbes).

 

Après avoir respiré ces substances toxiques, les oiseaux peuvent s'engluer dans la nappe d’hydrocarbures. Le pétrole brut ou avec des produits pétroliers plus raffinés modifie le pouvoir isolant des plumes. Or, si les mammifères ont une température de 37°C, les oiseaux doivent maintenir leur température à 41°C. Les plumes, en emprisonnant de l'air, permettent aux oiseaux de conserver leur chaleur. Quand un oiseau marin se retrouve couvert de pétrole, il souffre du froid (on parle d'hypothermie), il a du mal à voler et, à cause du poids du pétrole, il a même du mal à flotter ! Il risque donc de mourir noyé.

 

Les oiseaux passent une grosse partie de leur temps à lisser et enduire leur plumage d’un liquide graisseux produit par de petits organes : les glandes uropygiennes logées à la base de la queue.  Qu’ils tentent, vainement, de nettoyer leur plumage à l’aide de leur bec, ou qu’ils se nourrissent, s’ils y parviennent, de poissons ou crustacés contaminés, les oiseaux finissent par ingérer le fuel avec lequel ils s’empoisonnent. Les produits pétroliers ont une grande facilité à se dissoudre dans les graisses, ils traversent les parois du tube digestif. Les oiseaux souffrent alors d'ulcères, ils vomissent, ont de la diarrhée... ils maigrissent, alors qu'ils doivent dépenser de l'énergie pour lutter contre le froid. A force, ils peuvent en mourir.

 

Les oiseaux de mer boivent de l'eau qui est salée ; et pour ne pas absorber trop de sel, ils ont des glandes dans les narines qui éliminent l'excès de sel sous forme de sécrétions qui s’écoulent le long du bec. Avec le pétrole, ces glandes ne fonctionnent plus correctement, ce qui entraîne une déshydratation de l’animal.

 

D'autres organes sont touchés. Les yeux sont irrités par le pétrole : de nombreux oiseaux ramassés sur le littoral présentent de graves conjonctivites et des ulcères de la cornée. Le foie des oiseaux est malade. Le système immunitaire est affaibli = les oiseaux se défendent moins bien contre les maladies. Les muscles aussi sont atteints (incoordination, tremblement musculaire).

 

Enfin, les oiseaux survivants ont du mal à se reproduire. Ils pondent moins d'oeufs, la coquille des oeufs est plus fragile, les oisillons peuvent être mal formés... quand ils arrivent à naître ! La contamination d’un œuf par seulement 4 µl de fioul, via la nourriture contaminée ingérée par la femelle, peut entraîner la mort de l’embryon.

 

origine des principales informations

Que faire pour aider les oiseaux ?