Elevage des dauphins

Le grand dauphin

La facilité avec laquelle les dauphins s’accommodent de la vie en captivité a permis d’aborder des recherches qui eussent été irréalisables sur des animaux en liberté. Plusieurs Delphinidés collaborent ainsi avec les scientifiques et les dresseurs. 

Flipper est le grand dauphin le plus connu... 

C'est le grand dauphin, Tursiops, que l’on voit le plus souvent évoluer dans les « marinelands » et océanariums, où les spectateurs admirent la facilité avec laquelle il exécute des exercices variés : sauter à travers un cerceau, saisir délicatement un poisson que le dresseur tient entre ses dent, jouer avec un ballon ou des objets divers, etc. 

Il supporte bien la captivité, il s'y reproduit. La confiance qu'il voue à l'homme lui a valu d'être utilisé comme torpille vivante pendant la guerre du Vietnam, une mine attachée sur le dos...

Mais on peut aussi citer, parmi les odontocètes devenus familiers, le globicéphale, le faux épaulard, le Stenella, le Grampus (ou dauphin de Risso), le Steno, le béluga, un Lagenorhynchus, et même l’épaulard, qui a montré en captivité des mœurs en contradiction avec sa réputation de tueur impitoyable.

Depuis des dizaines d’années, de nombreux travaux sont consacrés à l’anatomie, la physiologie, la biologie générales, etc., des Delphinidés, et particulièrement des Tursiops. Les nations les plus actives en ce domaine sont les Etats-Unis, l’U.R.S.S, et le Japon. En France, il faut signaler le laboratoire de l’I.N.R.A, dirigé par le professeur R.G Busnel.

Les dauphins ont toujours manifesté une tendance à rechercher les contacts avec l’homme. Les mythes grecs en sont la première indication. Aussi ne faut-il pas s’étonner de la facilité avec laquelle les dresseurs arrivent à enseigner aux dauphins des exercices parfois fort compliqués, qui révèlent chez ces Cétacés intelligence et mémoire.

Les scientifiques ont remarqué qu’un dauphin entraîné dans un aquarium pouvait être remis en pleine mer et conserver toutes les capacités acquises par le dressage : obéir au sifflet ou à la voix, et exécuter de véritables missions. Ainsi, lors de la mémorable expérience dites « Sealab » organisée par la marine américaine en 1965, un dauphin nommé Tuffy fut utilisé comme vaguemestre et agent de liaison entre les plongeurs, installés dans leurs maisons sous-marines, et la surface. 

De son côté, le professeur Perry W. Gilbert poursuit des expériences sur l’utilisation du Tursiops dans la lutte contre les requins. Au Mote Marine Laboratory, un dauphin, Simo, a été progressivement dressé à chasser et attaquer un requin (Carcharhinus milberti) ; sa manière de combattre est simple et efficace : il frappe violemment, avec son rostre, le ventre du squale, déterminant chez celui-ci de très graves lésions internes. Il n’est donc pas interdit de penser que l’on pourra un jour utiliser les dauphins comme chiens de garde dans les régions où la présence de requins constitue un danger non négligeable. 

L’étude de l’intelligence des dauphins, et en particulier des Tursiops, retient l’attention des anatomistes et des psychophysiologistes. Des comparaisons ont été établies entre les rapports « poids cerveau - poids total » de différents animaux. D’autres chercheurs préfèrent adopter la relation existant entre le poids du cerveau et la surface du corps de l’animal. Aucune conclusion définitive ne peut encore être tirée de ces études. Certains admettent que le cerveau du Tursiops se situe entre celui de l’homme et celui du singe anthropoïde. Cependant, un observateur américain, Scott Carpenter, affirme qu’une jeune otarie californienne (Zalophus californianus) est capable d’apprendre en quelques jours ce qu’un dauphin n’assimile qu’après plusieurs mois de dressage. Quoi qu’il en soit, il est évident que les dauphins possèdent un cerveau très développé, présentant de nombreuses circonvolutions, et les anatomistes sont d’accord pour reconnaître qu’il s’agit d’êtres intelligents. 

Autre énigme sans réponse : comment les dauphins dorment t-ils ? Contrairement à ce passe chez l’homme, où la respiration est « automatique », celle des dauphins (et de tous les Cétacés) est volontaire et exige de la part de l’animal un effort conscient et permanent. Un dauphin placé sous l’influence d’un narcotique cesse de respirer et ne tarde pas à mourir. Cependant, on a maintes fois constaté que les dauphins présentent l’aspect d’un repos, d’une relaxation pouvant faire croire que l’animal dort. Ce n’est peut être qu’une sorte de demi-sommeil, ou un sommeil intermittent interrompu par de courtes périodes où l’animal prend sa respiration. 

Face à ces résultats, il faut tenir compte du fait que le comportement d’un Cétacé en captivité peut différer sensiblement de celui du même animal dans son milieu naturel. 

Origine des documents

belle.ange.dauphin

manon.org