L'alimentation du renard

 

Les besoins nutritifs des renards roux

 

Animaux et végétaux ont des besoins nutritifs différents. Quel que soit leur régime alimentaire, les animaux se nourrissent toujours de matière minérale et de matière provenant d'autres êtres vivants, animaux et/ou végétaux.

  • besoins en nourriture du renard : 500 g par jour (120 kcal)

  • besoins de la femelle en fin de gestation et en cours de lactation : 700 g par jour.

  • ration des renardeaux en fin de croissance : jusqu’à 1 kg.

 

L’alimentation des renardeaux

 

 

Allaités durant 8 semaines environ, les jeunes sont ensuite nourris après sevrage par régurgitation, par l'un ou l'autre des parents. Leur mère leur apporte ensuite des petites proies (mulots, campagnols, taupes) morts d'abord puis vivants. D'eux même, les petits ne toucheront jamais un animal trouvé mort.

 

La diversité des aliments consommés par le renard

 

Les renards peuvent manger pratiquement n’importe quoi, ils sont omnivores. A l'âge adulte, la nourriture est très variable selon les saisons et les régions où vit l'animal : le renard profite de l'abondance saisonnière de certaines ressources et s'adapte à l'extrême diversité des biotopes qu'il fréquente.

 

Répartition des aliments du renard (d'après Macdonald, 1987)

1 : en zone semi-urbaine

2 : en milieu campagnard

 

A l’Arboretum de Chèvreloup (près de Versailles, 78), les renards mangent en moyenne sur une année 50 % de fruits, 38 % de lapins, 6 % de rongeurs : les lapins surtout de mars à juin (jeunes lapins), les fruits surtout en été et en automne.

 

Les animaux consommés

D'une façon générale, le renard s'attaque rarement à des proies de plus de 5 ou 6 kg, ce qui correspond à peu près au poids d'un gros lièvre. La quantité consommée par le renard dépend de la quantité de proies disponibles : c’est pourquoi le régime alimentaire du renard diffère considérablement d’un endroit à l’autre et d’une saison à l’autre. Les petites proies sont consommées entièrement. Des proies moyennes, le renard délaissera fréquemment la tête, les membres, la queue et la peau. Pour une carcasse volumineuse, la consommation des viscères se fait par des brèches successives mais le travail semble difficile ! Les aliments ne sont pas mâchés, la viande étant déchirée en petits morceaux grâce aux carnassières.

http://webpublic.ac-dijon.fr/divers/culture/activite/educenvi/renard/ Les lapins de garenne (surtout lapereaux et lapins malades atteints par la myxomatose) constituent les proies les plus régulièrement capturées.

http://webpublic.ac-dijon.fr/divers/culture/activite/educenvi/renard/ Le renard consomme des petits rongeurs, surtout des campagnols (principalement du genre Microtus) dans les régions où les lapins sont absents. Un renard assure chaque année à lui seul la destruction de 6000 à 10000 rongeurs : c'est donc un véritable auxiliaire de l'agriculture quand on sait que les rongeurs mangent chaque année environ 10% des récoltes. Par contre, il consomme peu de musaraignes et de taupes (elles sont utilisées par les jeunes à des fins ludiques), la présence de glandes odoriférantes chez ces insectivores semblant repousser le renard.

  http://webpublic.ac-dijon.fr/divers/culture/activite/educenvi/renard/ La consommation d'invertébrés est constante en été : coléoptères, orthoptères, lépidoptères mais le renard semble avoir une prédilection pour les lombrics, en particulier lors des nuits chaudes et humides, quand les vers remontent à la surface du sol (le fait, redécouvert récemment avait déjà été signalé par DETSCHUDI en …1859). En Angleterre, certains individus (adultes édentés, renardeaux) se sont spécialisés dans la chasse aux lombrics, ceux-ci constituant alors jusqu'à 60% des proies présentes dans leur alimentation.

La consommation d'oiseaux (faisans, perdrix, oiseaux des poulaillers…), bien que constante, est secondaire voire négligeable, les petits oiseaux n'étant consommés que s'ils nichent à terre ou à l'état de cadavre. Le Renard a l’habitude de tuer plus qu’il ne lui en faut quand il pénètre dans un poulailler ou un élevage de faisans ou quand les oiseaux ne peuvent fuir. Ce comportement, souvent jugé selon des critères moraux (le Renard serait méchant, cruel, etc.) s’explique probablement par celui des victimes qui ne fuient pas (situation rare dans la nature). C’est pourquoi le Renard n’aurait pas une réaction adéquate. Les études menées récemment pour comprendre la « nocivité » du Renard ont montré que ses dégâts dans les élevages (notamment sur les agneaux) et en ville (où de nombreuses personnes trouvent sa présence intéressante et où les chats domestiques ne sont guère menacés) sont faibles, mais qu’il peut concurrencer sérieusement les chasseurs qui élèvent et lâchent des oiseaux gibier (une des raisons pour lesquelles l'animal est classé nuisible).

Le renard peut pêcher des poissons et s'attaquer aux espèces locales : kangourous rouges, reptiles et amphibiens (en Australie), rats musqués, ragondins, lézards… Le renard mange aussi des œufs et des hérissons.

Dans les zones urbaines, les renards s’emparent de petits animaux domestiques, tels que les lapins et les cochons d’Inde. Les renards sont accusés de tuer des agneaux : quand c’est le cas, on voit les marques de ses dents sur les épaules, les vertèbres cervicales sont écrasées, les blessures dues aux canines supérieures sont distantes d’environ 3 cm et celles des canines inférieures de 2,6 cm, enfin des ecchymoses montrent que l’animal a bien été tué, que le renard n’a pas mangé une charogne. La préférence du renard pour les lapins et les campagnols résulte probablement d’une efficacité particulière de la technique de chasse en milieu ouvert.

 

Les végétaux consommés

Les fruits et baies figurent en grande place dans le menu du renard (tout au moins chez nous) : raisins, pommes, prunes, framboises, cerises, cynorrhodons, myrtilles, mûres et même les céréales (en Suède). Cela va dépendre des saisons.

http://webpublic.ac-dijon.fr/divers/culture/activite/educenvi/renard/ Le peuplement d'un milieu est assuré, chez les végétaux, par des formes de dispersion, par des organes spécialisés. Le renard est friand de fruits (à noyaux, à pépins) : lors de la consommation de ses fruits, noyaux et pépins (donc graines) sont rejetés dans les excréments du renard (" laissées ") leur donnant ainsi une couleur qui peut être caractéristique : noire (myrtilles), rouge (framboises). Les excréments étant disposés à des fins de marquage de territoire (celui du renard varie de 10 hectares en ville à 2000 en campagne), les graines sont ainsi dispersées un peu partout, permettant à l'espèce végétale de coloniser l'espace. C'est ainsi qu'est disséminée la ronce, le renard étant particulièrement friand de son fruit, la mûre.

 

Les cadavres et détritus.

Il arrive qu’un renard mange un cadavre de mouton (rôle important dans les Highlands en Ecosse), un cerf ou un chevreuil morts. Ces cadavres de grandes espèces domestiques ou sauvages (variables selon les pays) permettent souvent au renard de passer l'hiver. En ville, ils trottent de poubelles en mangeoires pour oiseaux, en quête de restes de nourriture.

ADAPTATION COMPORTEMENTALE http://www3.sympatico.ca/biologie534/objectif13.htm

Au Canada, on observe que les renards de certains parcs gouvernementaux s'assoient le long de la route et attendent une généreuse contribution nutritive de la part des automobilistes charmés de les voir. Il s'agit d'un comportement acquis !

 

Les traces de repas

 

La laissée du renard

On appelle laissées les excréments de certains mammifères : renard, hérisson, belette, martre, putois, blaireau, chat sauvage, lynx, sanglier.

Le renard dépose ses laissées tout le long de ses axes de déplacement. Elles sont souvent déposées sur une taupinière, une pierre, une touffe d’herbes et au croisement de pistes. Leur disposition et le fait que le renard les arrose de son urine, répandant ainsi au loin son odeur, jouent un rôle primordial dans la délimitation du territoire. Quand elles sont récemment déposées, les laissées ont d'ailleurs une plus forte odeur à l'époque du rut. La laissée de renard mesure une dizaine de centimètres de long pour environ 2 cm de large ; une de ses extrémités est souvent spiralée et pointue (elle est moins torsadée que celles des mustélidés).

 

L’aspect et la couleur des laissées sont très variables en fonction de ce que le renard a mangé.

  • Les laissées contiennent des poils, des plumes, en été des fragments d’élytres de coléoptères et des pépins de fruits. Elles renferment aussi de la terre qui provient des lombrics.

  • Les laissées sont noires quand le renard a mangé des myrtilles, elles deviennent rougeâtres si son choix s'est porté sur des framboises. Quand elles prennent une couleur gris clair - blanchâtre, c'est qu'il y avait des proies au menu, les résidus blanchâtres phosphatés étant issus de la digestion partielle des os.

Comme il est très friand de mûres (en automne, un repas sur deux en comporte), le renard participe activement à la dissémination de l'espèce, une seule laissée pouvant contenir plus de 3000 graines. Les laissées du renard pourraient aisément être confondues avec celles du blaireau mais ce dernier les dépose dans des " cabinets ", trous allongés d'environ 10 cm de profondeur disposés à proximité de son terrier et qu'il peut utiliser plusieurs fois.

 

Les restes de repas

Aux abords des terriers de renard, on trouve généralement des ossements et des reliefs de repas ou de proies non consommées, comme des taupes.

Quand un renard a mangé un oiseau, les restes (" plumée ") sont assez facilement reconnaissables. Généralement, la tête est manquante car elle a été coupée et avalée en premier, le cerveau étant un met de choix pour les carnivores. Les plumes du corps ont été arrachées par touffes et sont plus ou moins collées par la salive. Plus léger que les plumes, le duvet reste parfois collé sur la face, notamment sur les moustaches du renard… Les rémiges primaires sont coupées tout près de l'os : seule une étroite bande de peau les réunit encore. En général, les os ont été écrasés ou coupés. Quant aux grandes plumes des ailes et de la queue, elles ont été sectionnées et il manque la partie inférieure du rachis (on le retrouvera dans les excréments du renard).

Si c'est un rongeur qui est au menu, il est avalé en entier : il n'en reste donc aucune trace. Cependant, le renard a souvent défoncé son terrier repéré soit à l'odeur, soit au bruit de ses occupants. Lors de l'ouverture du terrier, les matériaux de construction sont rejetés sur les côtés et les petits rongeurs au nid ont été dévorés.

Autres restes de repas caractéristiques : la tête des poulets est parfois cachée à l’écart du corps ; la peau des lapins est parfois retroussée comme un gant sur les pattes. Comme le blaireau, le renard laisse la peau des hérissons intacte, les entrailles ayant été dévorées.

Si le renard a mangé un mammifère plus volumineux ou une bête morte depuis peu, il en déchire la peau de l'abdomen pour se délecter des entrailles puis des muscles. Les os subsistent alors, coupés ou broyés et peuvent nous renseigner sur le type de proie.

Les renards, comme les loups, marquent de leur urine les restes de repas immangeables ainsi que les terriers vides de leur proie, ceci dans le but de gagner du temps dans la recherche de la nourriture, les lieux marqués signifiant qu'il n'y a plus rien de bon ici.

 

Le territoire de chasse

 

La taille moyenne d’un territoire de chasse est de 150 à 350 ha (1,5 à 3,5 km2). Les territoires les plus petits (moins de 100 ha) sont souvent trouvés dans les banlieues des villes (10 ha dans certaines villes), les plus grands (jusqu’à 2000 ha) dans les grandes plaines céréalières ou (jusqu’à 4 000 ha) en montagne (Ecosse). En Lorraine, la surface moyenne est de 300 à 400 ha. La surface parcourue dépend de l’abondance des proies, des emplacements disponibles pour le terrier et de la structure du paysage.

A l’Arboretum de Chèvreloup vivent environ 16 à 18 renards adultes et les territoires individuels varient entre 10 et 70 ha : la faible taille des territoires est due à l’énorme quantité de fruits et de lapins qui assurent une nourriture abondante toute l’année. Ces renards fréquentent peu l’extérieur de l’Arboretum (Parly II, Versailles) ; les limites des territoires sont souvent formées des clôtures, chemins ou ruisseaux qui parcourent le domaine. Chaque renard marque son territoire par des odeurs : urine, crottes et parfois sécrétions produites par les glandes situées de part et d’autre de l’anus.

 

Technique de chasse

 

Vitesse : en général 6 à 13 km/h

jusqu’à 60 km/h sur de brèves distances

 

Leurs proies étant petites, les renards chassent en solitaire. Lors de la chasse, tous les sens sont en éveil : l'ouïe serait particulièrement utilisée lors de la recherche des vers de terre et pour déclencher une attaque, l'odorat pour la capture des vertébrés.

 

 

Quand il chasse en terrain découvert, le renard est capable (et ce dès l'âge de six semaines) d'une cabriole lui permettant, après avoir été propulsé en l'air, de retomber sur la proie convoitée et de la plaquer : on dit que le renard mulotte… A noter que quatre tentatives sur cinq sont vouées à l'échec !