Les oiseaux migrateurs

Le vol est un moyen de locomotion rapide qui permet des déplacements sur de longues distances, au-dessus des terres et des mers. Il y a migration lorsque le lieu de reproduction est différent du lieu où l’oiseau passe l’hiver. À chaque changement de saison, l’oiseau migrateur va d’un lieu à l’autre. Selon les documents, on lit que la moitié ou que 80 % des espèces d’oiseaux sont des migrateurs. 

De nombreuses espèces des régions polaires migrent vers les régions tempérées ou tropicales, alors que les individus de ces mêmes espèces qui vivent dans les régions tempérées migrent beaucoup moins. 

Les oiseaux tropicaux peuvent migrer eux aussi, en particulier les oiseaux de savanes. L'alternance d'une saison sèche et d'une saison humide fait en effet considérablement varier les quantités de nourriture disponibles.

Quelle est l'origine de ces migrations ?

Il y a eu deux périodes glaciaires au cours des 150 000 dernières années. Durant ces périodes, le secteur que les oiseaux pouvaient habiter se limitait à une bande de terre située de chaque coté de l’équateur. Quand la terre s’est réchauffée, les limites de cette bande de terre se sont lentement déplacées vers le nord et vers le sud. Les oiseaux ont suivi le mouvement. Chaque année, le trajet pour aller aux zones d’alimentation estivales se faisait plus long, mais de façon à peine perceptible. En se familiarisant avec le trajet et en développant des techniques de navigation, les oiseaux ont donc pu suivre le rythme du changement. Depuis, de nombreux oiseaux sont devenus sédentaires, mais d’autres retournent encore en Afrique ou en Amérique du Sud car, en hiver, ils ne trouvent pas assez de nourriture en Europe ou en Amérique du Nord. C’est le cas notamment des oiseaux qui consomment des insectes (les hirondelles par exemple).

Des biologistes ont fixé sur le dos de gros oiseaux de petits émetteurs radio qui transmettent des signaux réguliers à un satellite situé à plusieurs kilomètres d’altitude, et le satellite relayent les signaux à des stations réceptrices sur terre. 

Voir une carte montrant le suivi par satellite d’un oiseau de Nouvelle-Zélande

On a ainsi découvert qu’un albatros hurleur peut parcourir 1600 km pour remplir son jabot et retourner nourrir son petit qui l’attend, seul, sur une île isolée de l’Antarctique. 

La cigogne fait partie des oiseaux bien étudiés. 
Max, la Cigogne blanche balisée la plus célèbre au monde, a battu le record mondial de longévité de l’animal suivi par satellites !
Le Museum d'Histoire Naturelle de Fribourg (Suisse) voulait suivre les déplacements d'une cigogne. Pour cela, la cigogne Max a été munie d’une balise (avec panneau solaire) le 5 juillet 1999. Elle la porte depuis plus de 7 ans !


 

Au début septembre, Max a quitté son site de nidification de Tüfingen dans le sud de l'Allemagne, pour se diriger vers son quartier d'hiver. Elle se trouve actuellement dans le Nord du Maroc.

 

site français - site suisse

Mais il y a aussi des migrateurs chez les colibris, martinets, hirondelles, oies...

Vol sur la plus grande distance en non-stop

Les bécasses et bécasseaux trouvent une grande partie de leur nourriture sur les bords de mer et les vasières. C’est pourquoi ceux qui quittent la toundra arctique et descendent vers le sud du coté est du continent suivent la cote de la baie d’Hudson le plus longtemps possible. Ils font ensuite un long vol au-dessus de la partie sud du Canada jusqu’à la cote est de la Nouvelle-Angleterre. A cet endroit, ils prennent un moment de répit, refont leurs réserves de graisse et, souvent, muent. Parés d’un nouveau plumage, ils traversent l’océan jusqu’en Amérique du Sud. Or, même s’ils passent leur vie à proximité de l’eau, ils sont incapables de se poser sur les flots ou de nager. Ils doivent donc faire d’un trait la traversée de 3000 km au-dessus de la mer. 

De même le courlis de Tahiti, oiseau de la taille d'un gros pigeon, migre en plusieurs étapes sur 10 000 km. La plus longue de ces étapes s'étire sur 3 300 km sans aucune possibilité d'interruption, faute d'île où se poser. Un trajet qui ne nécessite pas moins de 250 000 battements d'aile en continu. 

Record de distance annuelle

La sterne arctique bat tous les records : elle niche autour du pôle Nord et passe l'hiver vers le pôle Sud, ce qui lui fait parcourir jusqu’à 40 000 km par an...

Record d'altitude

La plupart des oiseaux évoluent entre 100 et 1 500 mètres, ce qui les rend quasi invisibles du sol. Mais certaines oies d'Asie, comme l'oie à tête barrée qui niche sur les hauts plateaux du Tibet et passe l'hiver en Inde, sont capables de franchir la chaîne de l'Himalaya en volant à plus de 9 000 mètres, réussissant pour la plupart à surmonter tous les problèmes dus aux températures extrêmes (-40 à- 500C) et à la raréfaction de l'air (portance diminuée, donc aussi moins de traînée, et beaucoup moins de dioxygène pour la carburation). 

Record de temps passé dans les airs

Quand un martinet quitte son nid au début du mois d’août à destination de l’Afrique, il ne touche peut-être pas terre avant de revenir à son site de nidification, neuf mois plus tard...

Pour les ressources nécessaires au vol, les solutions adoptées sont multiples.

  1. L'idéal est évidemment de pouvoir s'approvisionner pendant le trajet. Les sternes arctiques pêchent tout au long de leur périple, et certains petits insectivores (les fauvettes par exemple) s'arrêtent de migrer le jour pour manger des pucerons, puis font une courte sieste avant de reprendre leur voyage à la nuit tombée.

  2. Beaucoup d’oiseaux doivent se contenter des réserves embarquées. Pendant les quelques semaines précédant leur départ, ces oiseaux vont passer leurs journées à manger dans des proportions gargantuesques et à faire de la graisse qu'ils stockent un peu partout, sous leur peau ou autour de leurs viscères. La graisse est en effet la solution idéale pour eux car, à poids égal, elle est 8 fois plus énergétique que le glycogène (un sucre lent). Certaines fauvettes doublent ainsi leur poids et passent de 13 à 22 grammes. Elles ont alors une autonomie de vol de 95 heures pour un voyage qui n'en nécessite que 85 dans les conditions normales, ce qui leur donne une petite marge de sécurité. Quant au rendement mécanique de ces petits oiseaux, il est tout simplement incroyable puisqu'un oiseau-mouche n'a besoin, pour parcourir 1 000 km en vol battu, que d'un gramme de graisse !

  3. Pour les gros oiseaux surtout, le plein de graisse emmagasiné au départ ne suffit pas. Ils se trouvent contraints de faire une ou deux escales de ravitaillement. C'est le cas des oies qui doivent se poser dans des prés salés pour reconstituer leurs réserves en broutant des végétaux.

  4. De nombreux oiseaux économisent au maximum leur énergie en pratiquant le plus possible le vol à voile, ne se décidant à battre des ailes que lorsqu'ils ne peuvent faire autrement. Notamment les cigognes, les grues et de nombreux rapaces. On comprend maintenant pourquoi ces migrateurs évitent le survol des zones sans ascendance et traversent toujours les mers au niveau des détroits (Gibraltar, Bosphore). Mais beaucoup d'adeptes exclusifs du vol moteur en font autant : souvent de petits oiseaux qui se nourrissent d'insectes ou de graines au cours de leur migration, et ne pourraient en trouver en pleine mer.

  5. Au cours des semaines précédant leur migration, ils vont souvent renouveler leurs plumes, régénérant ainsi leur efficacité optimale pour le vol.

  6. Nombreux aussi sont les oiseaux qui attendent l'arrivée d'une perturbation qui les poussera quelque temps par derrière et leur fera économiser du carburant. 

  7. Une fois partis, tous les oiseaux choisissent l'allure de croisière la moins fatigante. Certains gros oiseaux volent en formation (en ligne ou en V), chacun réduisant sa consommation de 20 à 30 % en s'appuyant sur les vortex de son prédécesseur.