La nage des poissons

La nage dépend de la forme du corps et de la position des nageoires. 

 

La nage sur place.

 

La plupart des poissons, étourdis, viennent flotter à la surface, le ventre en l’air. C’est leur façon de tomber, dit A. Gide. Certains font exception, comme le chabot, qui n’a pas de vessie natatoire. 

En général, leur densité est voisine de celle de l’eau, un peu plus faible quand ils flottent. Cela signifie qu’ils sont comme libérés de leur propre poids, au moins quand ils se tiennent à une profondeur constante. C’est ce qui leur donne tant d’aisance dans leurs mouvements. Leur renversement le ventre en l’air est dû à la position de leur vessie natatoire dans la cavité abdominale. Cette chambre à air située sous la musculature du dos allège la moitié ventrale du corps. Observez un poisson dans un aquarium ou dans un vivier. S’il ne repose pas sur le fond, il a besoin pour se maintenir sur place, d’agiter sans cesse, quoique avec lenteur, ses nageoires. La caudale ondoie à peine, les pectorales surtout se meuvent avec une élégante souplesse ; manifestement, elles assurent la stabilité. 

Mais on constate, en outre, que la gueule du poisson se dilate rythmiquement, tandis que les opercules s’écartent et se rabattent presque sans arrêt : c’est un mouvement respiratoire, il provoque l’entrée par la bouche de l’eau qui ressort par les ouïes. Par réaction au courant ainsi produit d’avant en arrière, le poisson tend, si peu que ce soit, à avancer. C’est pour compenser cette tendance que les nageoires ondulent constamment, en battant à l’envers, remarquons-le. 

Ainsi les mouvements des nageoires contribuent à la fois à maintenir un équilibre instable et à retenir le poisson sur place. Ce sont les nageoires paires surtout qui sont des stabilisateurs. Ces mouvements paraissent assez simples et en tout cas aisés, ils sont pourtant le résultat d’un système régulateur complexe où interviennent, en particulier, les organes équilibreurs de l’oreille interne, le sens du courant, celui de la pression, la vue. 

Un poisson malade au légèrement étourdi vacille et chavire, même en eau calme il devient une épave en eau agitée. C’est dire la subtilité de ce maintien de l’équilibre. 

 

La nage ondulante.

 

Les poissons allongés et serpentiformes, comme l’anguille, se meuvent par ondulations Ce mouvement résulte du déplacement de l’avant à l’arrière du corps des ondes de contractions latérales. Le brochet en croisière se déplace aussi de cette façon. La nage ondulante est une sorte de nage continue.

 

La nage continue.

 

S’il s’agit d’avancer bon train ou de lutter contre un courant permanent, le poisson ne se sert plus qu’accessoirement de ses nageoires paires. Il se déplace ou se maintient à la godille. 

Un examen détaillé de ce mouvement montre que le museau oscille à gauche et à droite de la direction suivie, tandis que la queue, en fouettant, exerce des poussées rapides, alternativement dans un sens et dans l’autre. C’est la nage normale des poissons moyennement rapides. 

Houssa a montré depuis longtemps qu’un poisson artificiel, tiré dans un bassin, ne filait droit et normalement que si on le rendait plus lourd du dos que du ventre. Au départ et à l’arrêt il culbute (car il n’a pas de stabilisateurs actifs), mais lancé, il se redresse fort bien. La position de la vessie natatoire, qui paraissait insolite au premier abord, est donc celle qu’il faut justement pour que le poisson avançant rapidement, glisse sans effort et sans risquer de culbuter.

 

La nage filée.

 

Les poissons prédateurs, comme le brochet ou la truite se tiennent volontiers à l’affût et peuvent foncer brusquement sur les proies arrivant à leur portée. Leur vivacité est d’ailleurs fonction des circonstances et il leur arrive souvent de se déplacer avec une majestueuse lenteur ! Souvent aussi, ils avancent posément à une vitesse de croisière et ne se lancent violemment en avant qu’au moment voulu. Ces pointes de vitesse donnent lieu à une nage particulière : quelques battements de la queue en coups de fouet suivis d’une glissade extrêmement rapide. 

Dans ce type de nage forcée, les poissons appliquent leurs nageoires au corps. Leur forme fuselée n’offre plus alors aucune aspérité qui risque de les freiner: ils acquièrent à ce moment une forme " hydrodynamique " parfaite. 

Les thons, qui comptent parmi les poissons osseux les plus rapides, escamotent même intégralement leurs nageoires dans des loges et des fentes creusées dans le corps. Ils atteignent ainsi des vitesses de l’ordre de 20 km. à l’heure en tout cas (6 mètres à la seconde).

Nos poissons d’eau douce peuvent faire 2 à 3 mètres à la seconde, la truite 4 mètres, le saumon 5 mètres. Les vitesses atteintes dépendent grandement de la taille; c’est surtout pour cette raison qu’un grand requin atteint environ 10 mètres à la seconde; c’est aussi pourquoi les phoques et les marsouins sont plus rapides que les poissons qu’ils pourchassent.

 

Le saut.

 

Un poisson lancé dans l’eau rencontre une résistance considérable et s’il vient en surface, il peut être comme projeté brusquement en l’air; il saute donc, mais retombe bientôt, entraîné par son poids. 

Une truite arrive à passer un barrage d’un mètre de haut, c’est un maximum. Un très grand saumon saute 3 mètres, c’est une performance rare. 

Si on veut favoriser le passage d’un barrage par les poissons, il faut, installer des gradins, des bassins en paliers successifs. Ces installations sont des échelles à poissons.

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