Les moustiques

Culex pipiens

Diptères - Nématocères - Culicidés

René Limoges
Insectarium de Montréal

Description

Les moustiques sont de petits insectes qui ont des ailes longues et fines ; ils diffèrent des autres diptères, comme les mouches, par la présence de petites écailles sur la plupart des nervures des ailes. 

Leur corps est ténu, élancé. Le corps et les pattes ont une coloration variant de brun pâle à noir, parfois marquée de taches et de bandes. 

La tête porte deux grands yeux composés et une paire d'antennes formant un V dirigé vers l'avant. Les antennes des femelles sont discrètes et ornées d'un petit nombre de soies courtes. Celles des mâles sont plumeuses, touffues et munies de soies longues.

Le thorax trapu porte une seule paire d'ailes longues et étroites. Les ailes sont ornées de minuscules écailles qui soulignent les nervures et forment parfois des taches. On trouve aussi sur le thorax une paire de petits balanciers, ainsi que trois paires de pattes longues et grêles, souvent marquées de bandes blanches près du corps ou à l'autre extrémité. Chaque patte se termine par deux griffes. 

L'abdomen du moustique est allongé et beaucoup plus étroit que son thorax. Sa face dorsale est uniformément sombre ou décorée de bandes ou de triangles pâles. 

La femelle est généralement plus grosse que le mâle.

Classification

Culex pipiens est le moustique commun... mais en fait, moustique est le nom commun donné à environ deux mille espèces d'insectes ayant deux ailes ! 

Les moustiques forment le sous-ordre des Nématocères dans l'ordre des Diptères. Les moustiques dont les femelles ont des pièces buccales de type piqueur-suceur appartiennent à la famille des Culicidés. Les espèces qui transmettent le paludisme sont classées dans le genre Anopheles. Le moustique tigre asiatique porte le nom d'Aedes albopictus.

D'autres insectes piqueurs de l'ordre des Diptères appartiennent à des familles proches de celle des moustiques. Il s'agit des simulides (les mouches noires), des tabanides (les taons, frappe-à-bord, mouches à chevreuil, mouches à cheval et mouches à orignal) et des cératopogonides (les brûlots).

Milieu de vie

L'oeuf, de la larve et de la nymphe sont aquatiques, alors que l'adulte est aérien. 

Larve

une larve de moustique

René Limoges
Insectarium de Montréal

Les larves des moustiques vivent en eau stagnante peu profonde (contrairement aux larves de mouches noires, qui ne se développent que dans les eaux courantes). On les trouve dans divers milieux : étangs temporaires ou permanents, mares, fossés, marécages, creux d'arbres inondés, contenants divers remplis d'eau, dépotoirs clandestins, etc. La larve de moustique nage peu et ne possède pas d'appendices lui permettant de se fixer à un support. Elle peut cependant se déplacer rapidement en se tortillant, par des poussées latérales du corps. Des touffes de longues soies, situées dans la région de l'abdomen, produisent une résistance et facilitent les déplacements de la larve dans l'eau. L'insecte se cache dans les débris du fond de l'étang lorsqu'il détecte des vibrations suspectes.

En général, les espèces de moustiques montrent des préférences quant à leur habitat. Par exemple, des espèces à croissance rapide pondent exclusivement dans des mares temporaires. D'autres sont propres aux tourbières, aux milieux riverains et littoraux, aux forêts humides, etc. Plusieurs larves se développent dans des micro-milieux résultant des activités humaines : tonneaux, arrosoirs, boîtes de conserve, récipients abandonnés, bassins, abreuvoirs, carcasses métalliques, vieux pneus, etc. 

Les moustiques se rencontrent aussi bien dans les milieux naturels que dans les milieux urbanisés. On trouve des moustiques des tropiques au cercle arctique et des basses terres au sommet des montagnes, sur tous les continents sauf l'Antarctique.

Le "pire" endroit au monde serait situé dans la zone subarctique, près de la limite forestière. C'est là que se trouve Churchill, au Manitoba, où l'on estime que les populations d'Aedes hexodontus atteignent une densité de 12,5 millions d'individus par hectare. Ces moustiques attaquent sans relâche, dans des conditions de vent et de froid auxquelles peu d'espèces pourraient résister.

Manger et être mangé...

 

Les larves, à l'aide de deux brosses labiales situées de chaque côté de la bouche, broutent les algues, les bactéries et les débris organiques qui recouvrent les feuilles mortes et les ramilles du fond, ou filtrent l'eau en surface. De rares espèces peuvent manger d'autres larves de moustiques. 

 

Au stade adulte, les moustiques des deux sexes ont besoin d'absorber un repas de sucre, généralement sous la forme de nectar de fleurs ou de sève, avant toute autre activité. Durant le reste de leur vie, le mâle et la femelle se nourrissent surtout de ces liquides et d'eau. 

La femelle possède, chez un grand groupe de moustiques, des pièces buccales de type piqueur-suceur, adaptées pour aspirer le sang. Il s’agit d’une longue « trompe », ou proboscis, caractéristique, allongée et presque droite. Elle comporte six pièces buccales très effilées, dont quatre sont des stylets fins et pointus capables de percer l'épiderme des vertébrés dont l'insecte aspire le sang. 

Seule la femelle absorbe du sang. Ce repas sanguin constitue la source de protéines nécessaire pour compléter la formation des œufs - la plupart des espèces ne peuvent amener leurs œufs à maturité ou pondent beaucoup moins si elles n'absorbent pas de sang. Certaines espèces, dites autogènes, peuvent se passer du repas sanguin. 

Le mâle, qui se nourrit de nectar et d'eau, a des pièces buccales rudimentaires, elles sont moins rigides et ne peuvent percer la peau.

 

Les moustiques, autant sous forme de larves que d'adultes, font partie de plusieurs chaînes alimentaires. Ils forment une abondante source de nourriture pour de nombreuses espèces de prédateurs, tant en milieu aquatique que terrestre. Dans l'eau, les stades immatures sont mangés par du zooplancton, des insectes (larves de libellules, dytiques), des poissons, etc. Les adultes sont la proie d'insectes, de batraciens, d'oiseaux, de chauves-souris, etc. Par leur nombre considérable, les milliards de moustiques permettent de transférer une importante quantité de matière organique (biomasse) des milieux aquatiques aux milieux terrestres. Les larves de moustiques s'alimentent de très petites particules dans les eaux stagnantes puis se transforment en moustiques adultes qui sont dévorés par divers prédateurs terrestres ou aériens. Des études effectuées dans les îles de Sorel ont révélé que ces insectes produisent entre 5 et 45 kilos de matière organique à l'hectare par année. À l'échelle du continent, ce sont des millions de tonnes de matière vivante qui viennent ainsi enrichir les processus écologiques.

Reproduction

Le cycle vital des moustiques présente de nombreuses variations selon les espèces. Tous sont des insectes à métamorphose complète, ou holométaboles. 

Durée de vie

En général, la durée de vie des moustiques adultes varie d'une semaine à plus d'une trentaine de jours. Certains individus ont vécu deux mois en élevage. Les femelles vivent plus longtemps que les mâles, qui meurent peu après l'accouplement. 

Les espèces communes du genre Culex présentent plusieurs générations au cours de l'été. Leur développement larvaire peut se dérouler dans des milieux artificiels. L'adulte de certaines espèces de Culex peut hiverner, caché par exemple dans le creux des arbres ou les conduits de drainage. 

Pour certains Anopheles, l'hiver peut aussi se passer au stade adulte. Chez quelques espèces, l'hivernation a lieu sous la forme de larve.

Lutte contre les moustiques

Origine des documents :

 

Encyclopédie Microsoft ® Encarta ® 2002.

Au Québec, les insectes piqueurs suscitent l'intérêt de plusieurs entomologistes. Afin d'encourager les études et le partage des connaissances sur ce vaste sujet, des scientifiques de l'Université du Québec à Trois-Rivières ont fondé en 1972 le Groupe de recherche sur les insectes piqueurs (GRIP). Le groupe est actif au Québec et au Canada, en Afrique, au Vietnam, en France, etc..