Les hirondelles

(Florian et Devienne, 1790)

 

Que j'aime à voir les hirondelles

A ma fenêtre tous les ans,

Venir m'apporter des nouvelles

De l'approche du doux printemps.

Le même nid, me disaient-elles,

Va revoir les mêmes amours,

Ce n'est qu'à des amants fidèles

A vous annoncer les beaux jours.

 

 

 

Lorsque les premières gelées

Font tomber les feuilles de bois,

Les hirondelles rassemblées

S'appellent toutes sur les toits.

Partons, partons, se disent-elles,

Fuyons la neige et les autans,

Point d'hiver pour les coeurs fidèles,

Ils sont toujours dans le printemps.

 

 

Si par malheur, dans ce voyage,

Victime d'un cruel enfant,

Une hirondelle mise en cage

Ne peut rejoindre son amant,

Vous voyez mourir l'hirondelle,

D'ennui, de douleur et d'amour,

Tandis que son amant fidèle,

Près de là, meurt le même jour.