Les oies

Anseriformes, Anatidés

Le mot oie s’applique à ces espèces et à la femelle. Le mâle est appelé jars. Les oies sont en général plus grandes que les canards et plus petites que les cygnes. 

Les oies sont des oiseaux migrateurs capables de nicher jusqu’en Alaska. Nombreuses sont les espèces sauvages qui passent l’hiver en France. 

Les oies, qui vivent la majeure partie du temps à terre, sont herbivores. Les bernaches (Branta) mangent des plantes aquatiques.

Il y a deux genres d'oies : Anser et Branta

Au mois de mars, les grandes oies des neiges Anser caerulescens laissent leurs lieux d'hivernage ; volant de nuit, elles se dirigent vers le nord, survolant la Nouvelle-Angleterre, pour arriver dès la première semaine d'avril, aux alentours du Saint-Laurent où elles se reposent et se nourrissent jusque vers le 25 mai. 

 

 

Toute la population est habituellement présente dans la région du 25 avril au 20 mai environ. Les oiseaux partent alors pour la dernière étape de leur voyage vers le nord, traversant la partie centrale du Québec pour se rendre jusqu'au Nord-Est de l'Arctique. Les Grandes Oies des neiges nichent dans tout l'Est de l'Arctique, depuis le Nord de l'île de Baffin jusqu'à l'île Bathurst à l'ouest, jusqu'à Alert sur l'île d'Ellesmere au nord, et jusqu'au Nord-Ouest du Groenland à l'est. La principale colonie s'installe sur la côte sud-ouest de l'île Bylot, qui est située juste au large de la côte nord-est de l'île de Baffin et qui est un refuge fédéral d'oiseaux migrateurs. Les oiseaux arrivent à leurs aires de reproduction au début juin.

Les oies s’établissent en colonies de cent mille couples ou plus parmi les touffes de graminées. Plus au sud, des colonies de cette taille auraient attiré hermines, belettes, renards, gloutons, loups et autres prédateurs. Mais à la latitude où elles se trouvent, ces chasseurs à quatre pattes ne montrent pas le bout de leur museau car ils ne peuvent faire le long voyage vers le nord comme les oies. Le seul prédateur mammifère que les oiseaux ont à redouter à cet endroit est une petite population de renards arctiques – mais les renards sont si peu nombreux qu’ils ont peu d’effet sur une aussi vaste population d’oies.

 

Les oiseaux quittent l'Arctique en septembre lorsque le sol et les étangs d'eau douce commencent à geler. La plupart des oies ont alors quatre ou cinq petits emplumés. Le voyage de 3000 à 4000 km jusqu'au fleuve Saint-Laurent pourrait probablement se faire en cinq ou en six jours, mais les oiseaux n'arrivent pas au fleuve avant la première moitié du mois d'octobre. Apparemment, ils s'arrêtent quelques fois au cours de leur déplacement vers le sud, avec une dernière halte avant le Saint-Laurent, dans la péninsule d'Ungava. De là, les oies se rendent au Saint-Laurent près de l'embouchure du Saguenay et remontent le fleuve à destination de leurs marais littoraux préférés. Les oies font escale le long du Saint-Laurent quelques semaines en octobre pour y refaire leurs forces et reprennent au début de novembre leur migration vers leurs aires d'hivernage aux États-Unis. Il y a normalement un grand nombre d'oies présentes dans la vallée du Saint-Laurent durant tout le mois d'octobre, mais les concentrations les plus spectaculaires s'observent du 5 au 20 de ce mois. 

On a longtemps pensé que l’oie bleue, un oiseau gris bleuâtre avec une tête blanche, était une espèce à part, mais on sait maintenant qu’elle correspond à une phase de coloration de l’oie des neiges. 

En France, l’oie cendrée Anser anser est la plus commune, mais on y rencontre également, essentiellement en hivernage, l’oie rieuse Anser albifrons et l’oie des moissons Anser fabalis.

Certaines oies d'Asie n'hésitent pas à franchir la chaîne de l'Himalaya en volant à plus de 9 000 mètres, réussissant pour la plupart à surmonter tous les problèmes dus aux températures extrêmes (-40 à- 500C) et à la raréfaction de l'air (portance diminuée, donc aussi moins de traînée, et beaucoup moins de dioxygène pour la carburation). Par exemple l’oie à tête barrée Anser indicus niche sur les hauts plateaux du Tibet puis survole l’Himalaya pour aller passer l’hiver en Inde.

De toutes les oies, la bernache cravant Branta bernicla est l'espèce la plus septentrionale. Elle est donc la dernière, à la fin de mai, à partir vers le nord pour se reproduire. Elle niche dans l’Arctique et hiverne surtout sur les littoraux atlantiques (Angleterre, France, parfois jusqu’en Espagne).

En Amérique du Nord, l’espèce la plus connue et la plus répandue est la bernache du Canada Branta canadensis, qui a été introduite avec succès en Grande-Bretagne et en Scandinavie. Elle nidifie au sol et son territoire s’étend du Canada arctique et de l’Alaska aux prairies des États-Unis. Le plumage et la taille varient selon la région. Certaines sous-espèces mesurent entre 64 et 114 cm. Toutes ont une queue, la couleur de la tête et du cou est noire avec une tache blanche sur la joue, et présentent des reflets bruns sur le corps.

La bernache nonnette Branta leucopsis, qui a une tête blanche avec un bec et un cou noirs, nidifie à l’extrême nord de l’Europe et de la Russie. 

La bernache des îles Sandwich, ou oie néné, une oie terrestre endémique à Hawaii qui en a fait son emblème, échappa à l’extinction grâce à un programme de reproduction en captivité.