Les séismes en Algérie

Pour connaître les caractéristiques du séisme (heure, localisation, magnitude ...) mesuré par le RéNaSS : voir l'urgence du RéNaSS

 

Le risque sismique en Algérie

L'Algérie fait partie des pays vulnérables face aux tremblements de terre. Les séismes frappent le nord de ce pays durement soumis aux contraintes des mouvements de la terre. 

La raison de ces séismes : les mouvements brutaux de ces plaques tectoniques qui forment la croûte terrestre et sur lesquelles reposent les océans et les continents. Ces plaques jouent les unes par rapport aux autres. Certaines le font de façon fluide en glissant. D'autres résistent, accumulent de formidables énergies et brutalement cèdent. Une grande partie du bassin méditerranéen est l'objet de tels mouvements. Les plaques qui portent l'Afrique, l'Europe et l'Asie s'affrontent là depuis des millions d'années, rétrécissant l'espace occupé par la mer Méditerranée. C'est pourquoi le Maghreb, et plus particulièrement l'Algérie qui est porté par la plaque africaine en remontée lente (6 mm par an) vers le nord-ouest, affecté par ce phénomène. Il a généré un système complexe de failles orienté est-ouest situé sur la partie côtière et montagneuse (Atlas Tellien) du nord de l'Algérie.

Celle qui a joué le 22 mai 2003 a dû lâcher sur une longueur de 30 à 40 km.

L'étude historique de la séismicité montre que la majeure partie des tremblements de terre qui affectent cette région est concentrée dans ces zones. Peu de fortes secousses ont été enregistrées dans le sud du pays à l'exception de celle qui, en 1869, a touché les agglomérations de Biskra et de Sidi-Okba.

 

Isoséistes des principaux séismes dans la région d'El Asnam

historique de la sismicité en Algérie

 

 

 

Localité

Date

Intensité max.

Magnitude

Morts

Répliques

Rayon macro-

sismique

Observations

Alger

03.01.1365

Forte

 

Plusieurs

100 pendant la nuit.

 

Destructeur : Alger complètement détruite. Une partie d'Alger fut inondée.

Gouraya

15.01.1891

X

7,5

38

Fortes

200 km

Destructeur, dégâts importants : Gouraya et Villebourg ont été complètement détruites. 53 immeubles et maisons détruis ou endommagés. Dégâts à Cherchell, kherba, Blida, El-Affroun, Mouzaia, Miliana et    Orléansville. Mouvement vertical observé à Gouraya. Ressenti à Saida et Djelfa. répliques. 

El Kalaa

29.11.1887

IX-X (VIII)

6,5-7,5

20

Forte réplique ressentie quelques minutes après

 

Destructeur : une mosquée ainsi que plusieurs maisons ont été détruites à El Kalaâ et Dehba, importants dégâts à Thiouanet (80 maisons ont été complètement détruites). Ressenti à Oran, Arzew, Relizane, Mostaganem et Mascara.

Sour. el Gouzlene (Aumale)

24.06.1910

X (VIII)

6,4/ 6,6

30

jusqu’en janvier 1911 

(20/08, M=4,8 et 07/01/1911, M=5,5).

 

Dégâts importants à El Euch, Tablat et Masqueray. Les villages de la plaine de Gachtulas ont été complètement détruits. 

A. el Hassan (Cavaignac)

25.08.1922

IX-X

5,1

2

 

 

Destructeur : Cavaignac complètement détruite. Mouvement vertical   observé (1m). Ressenti à Flatters Hanoteau, Ténès (VIII) et à Orléansville, Cherchell (VII)

El At - El Ab (Carnot)

07.09.1934

IX (VII)

5,0

0

92

 

Dégâts à Carnot, St. Cyprien et El- Attaf. Des glissements de terrain sont observés au Nord. Ressenti à Alger.

Bejaia

12.02.1960

VIII- IX

5,6

264

 

 

1000 maisons détruites. 112 blessés.

Chlef (Orléansville - El Asnam)

09.09.1954

X-XI

6,7

1.242

Plusieurs 

 

Destructeur : 20.000 habitations détruites. Glissement de terrain et liquéfaction du sol. Mouvement vertical maximum (10) (1.33m) au voisinage de Ouled Abbas.

M'sila

21.02.1960

VIII

5,6

47

 

 

Dégâts à Melouza. 88 blessés.

M'sila

01.01.1965

VIII

5,5

5

 

 

1300 maisons détruites.

Mansourah

24.11.1973

VII

5,1

4

les 24-25-26/11

 

Dégâts à Mansourah, Medjana, El-Mehir et Theniet Enasr. 50 blessés. Plusieurs personnes ont été portées disparues.

Chlef (El Asnam)

10.10.1980

IX

7,3

2.633

forte réplique enregistrée une heure après le séisme principal (M=6.5)

 

Destructeur : 8369 blessés, 348 portés disparus, 6.778.948 sinistrés, 70% des habitations détruites. Une faille inverse a été observée (36 km). Un mouvement vertical maximum de 6 m a été mesuré entre Zebabdja et Ouled-Abbas 

Constantine

27.10.1985

VIII

5,9

10

Plusieurs pendant plus d'un mois.

 

Peu de dégâts à El-Aria et Béni- Yakoub, plus de 300 blessés, plusieurs au voisinage du village d'El-Khroub. Ruptures de surface. Une faille de coulissage.

El Affroun

31.10.1988

VII

5,4

0

 

 

Nombreux dégâts. 500 familles sinistrées, 5 blessés

Dj. Chenoua

29.10.1989

VIII

6,0

22 à 30

Plusieurs durant 3 mois.

Toute l'Algérie a tremblé 

Nombreux dégâts à Sidi-Moussa (près de la ville de Tipaza) (au voisinage de l'épicentre) et Nador. Peu de dégâts à Alger (la Casbah). faille inverse.

Mascara

18.08.1994

VII

5,6

171

 

 

séisme survenu la nuit, largement ressenti,  importants dégâts à Hacine et Shadlia, destructions  dans les villages avoisinants sur un rayon de 15 km autour de Hacine.

Alger

04.09.1996

VII

5,7

 

 

140 km

séisme  ressenti jusqu'à Dellys à l'Est, Menaceur à l'Ouest, Berrouaghia au Sud.

Ain Temouchent

22.12.1999

VII

5,8

Plusieurs

 

260 km

dégâts matériels importants et morts dans la région  de Ain-Témouchent, Ain-Tolba, Ain-Kihal et Sidi-Ben-Adda.

Beni Ouartilane

10.11.2000

VII

5,4

2

 

 

dégâts matériels, fissurations superficielles des maisons en maçonnerie traditionnelle et 2 morts dans la région de Béni-Ouartilane, Fréha et El-Main.

 

Séisme de mai 2003  

 

 

Les victimes et les dégâts dus au séisme

 

Un séisme a frappé Alger et le reste de cette région du nord de l’Algérie mercredi 21 mai 2003, provoquant la panique de nombreux habitants et des coupures de courant dans certains quartiers de la capitale.

Le séisme est survenu à 18H44 GMT, soit 19H44 locales. Il a duré au moins cinq minutes, entrecoupé de brèves pauses.

 

Le nombre de victimes n'a cessé d'augmenter au fil des jours, beaucoup de personnes ont été blessées ou tuées par des chutes de pierres et de briques tombées des immeubles.

  • La première nuit, de minuit à 3h00 du matin, en est passé de 250 morts à plus de 500, de plus de 1.600 blessés à plus de 4.000, pour ne pas dire 5.000.

  • Le lendemain matin, on comptait au moins 600 morts et 4.637 blessés.

  • Le jeudi 22 en fin de journée, on atteignait au moins 1.092 morts et 6.782 blessés + des centaines de disparus.

  • Lundi 26 mai 2003, on comptait 2.100 morts et 9.000 blessés.

  • Bilan officiel du jeudi 29 mai 2003 : 2.251 morts et 10.243 blessés

  • Bilan officiel final : 2.300 morts et plus de 11.000 blessés

Le bilan le plus lourd est enregistré dans le département de Boumerdès (50 km à l'est d'Alger) et dans celui d'Alger.

Les communes très touchées sont :

  • Boumerdès, à une cinquantaine de kilomètres d’Alger. Dans cette petite préfecture balnéaire, les ravages du séisme étaient particulièrement impressionnants : des dizaines d'immeubles, jadis imposants, aplatis comme sous l'effet d'un pilon

  • Rouiba, à une trentaine de kilomètres des faubourgs ouest de la capitale. Des immeubles entiers se sont effondrés les uns après les autres. 

  • Alger. Les décès sont survenus à la suite de l’effondrement de vieux immeubles, notamment dans les quartiers populeux de Bab El-Oued et de Belcourt. Certaines écoles d’Alger ont été ouvertes pour accueillir des familles tandis que les sirènes des forces de sécurité retentissaient dans la ville et que la radio donnait des consignes de sécurité. Le réseau de téléphonie mobile de la capitale était hors service. Affolés, terrorisés, les habitants se sont rués le mercredi soir, par milliers, hors de leurs appartements pour se masser dans des jardins publics ou des espaces nus, loin des immeubles, encore debout mais secoués par intermittence par des répliques plus ou moins fortes. Des femmes, des enfants, ont dormi à la belle étoile, par une nuit fraîche, dans des camionnettes, dans les cours des écoles où les jardins publics. Beaucoup ont voulu aller s'enquérir en voiture de leurs proches habitant Boumerdès, occasionnant d'énormes embouteillages à la sortie d'Alger, où des ponts fissurés ont été interdits à la circulation.

  • Zemmouri, ville de près de 30 000 habitants à 50 km à l'est d'Alger : 80 % des maisons individuelles ont été détruites. Le bilan est lourd, de l'ordre de 300 morts le lundi 26 mai, dont une trentaine sous la mosquée qui s'est effondrée à l'heure de la prière. Les rues ne sont plus bordées que par des amas de gravats lunaires d'où émergent quelques poutrelles tordues ou cisaillées. Chaque ruine a été sondée à la main, au mieux, par les habitants qui ne pouvaient compter que sur eux-mêmes (ils ont dû attendre deux jours avant de voir les premiers secours et recevoir du ravitaillement).

Le séisme a été ressenti 

  • en Algérie, de Cherchel (90km à l’ouest d’Alger), à Tizi-Ouzou (100km à l’est d’Alger).

  • sur l’île de Majorque : la population, paniquée, est descendue dans la rue ; les centrales téléphoniques des services de secours et des forces de l’ordre ont été saturées d’appels. Aucun édifice n'a été endommagé.

  • sur la côte méditerranéenne espagnole, notamment à Minorque et à Ibiza. On ne compte aucune victime sur la côte espagnole.

Il y a eu des dégâts importants en Méditerranée :

  • Le séisme a provoqué la rupture de plusieurs câbles sous-marins, coupant le trafic téléphonique vers l'Algérie et perturbant les communications entre l'Europe et plusieurs pays d'Asie, du Moyen-Orient et du Pacifique. France Télécom a dû mobiliser plusieurs centaines de personnes pour réparer.

  • Dans l'archipel des Baléares, plus de 180 bateaux, chalutiers, remorqueurs et navires de plaisance ont été coulés ou endommagés par de brusques paquets de mer soulevés par le tremblement de terre.

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Les caractéristiques géologiques du séisme

 

Selon les premières indications données mercredi soir en Algérie, la magnitude avait atteint 5,8. L'Observatoire des sciences de la Terre de Strasbourg donnait de son côté une magnitude 6, tandis que le centre mondial de sismologie américain de Denver (Colorado) indiquait une magnitude 6,8. Pourquoi cette différence ?

Les bonnes magnitudes pour ce séisme se situent entre 6,6 et 6,8. Ce sont les mesures données par les sismologues américains, mais aussi français, suisses, italiens et allemands. Les bonnes magnitudes pour des gros séismes sont mesurées avec des stations lointaines, qui voient l'ensemble du phénomène. Quand on prend des stations proches, qui ne regardent qu'un tout petit bout de la vibration sismique, on a des magnitudes qui sont sous-estimées.

 

D'après le Centre de Recherches en astronomie, astrophysique et géophysique (CRAAG) d'Alger, l’épicentre a été signalé à 7 km au nord de la ville de Zemmouri, dans la préfecture de Boumerdès, située à 60km d'Alger. Plus scientifiquement, il a été localisé à 36,88 degrés de latitude nord et 3,73 degrés de longitude est, avec une marge d’erreur horizontale de plus ou moins 12 km.

Pour localiser l’épicentre, les scientifiques utilisent au début d'un séisme des instruments à haute fréquence, qui ne voient pas l'intégralité de la vibration sismique émise. Pour voir l'intégralité du phénomène, il faut attendre que toutes les ondes soient passées, et les regarder dans des fréquences plus basses, avec d'autres types d'instruments.

 

Le foyer de la secousse a été estimé à 10 km de profondeur ce qui en fait un séisme très superficiel. 

 

C’est un séisme que l’on peut classer entre « modéré » et « fort ». Le nombre de victimes dépend de la densité de population, de la qualité des constructions, mais aussi de la qualité du sol. Si on construit par exemple sur un sol marécageux, on est sûr que le bâtiment va être démembré, même avec une petite secousse. Ce sont tous ces facteurs qui sont importants, le séisme lui-même n’est pas un facteur décisif. Dans la région d’Alger, il y a du rocher mais dès qu’on va plus vers l’est, ce sont des marécages. Les constructions sur les marécages sont les plus vulnérables.

 

Un séisme de cette magnitude peut provoquer des répliques jusqu’à deux ou trois mois. En principe, elles sont beaucoup moins importantes. Mais une faille qui rejoue peut réveiller une autre faille. Il faut rester très prudents.

 

Le séisme résultait d’une faille de chevauchement entre les plaques tectoniques eurasienne et africaine, dans une région où la plaque africaine bouge vers le nord-ouest, contre la plaque eurasienne, à une vitesse d’environ 6 mm par an.

 

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Les répliques

 

Un séisme de cette magnitude peut provoquer des répliques. En principe, elles sont beaucoup moins importantes. Mais une faille qui rejoue peut réveiller une autre faille...

 

  • Quelque 200 répliques ont été ressenties dans le nord de l’Algérie dans les deux heures qui ont suivi la secousse principale.

  • Une réplique, semant la panique parmi les populations toujours sous l'effet du traumatisme du séisme principal, a été enregistrée lundi 26 mai à 17h02 (19h02 heure française) à Boumerdès. Sa magnitude est de 4,2 sur l'échelle de Richter, selon le Centre algérien ; l’épicentre de cette réplique se trouve au nord de Zemmouri.

  • Une réplique a violemment frappé, mardi soir 27 mai, la région d'Alger. Neuf personnes pourraient avoir trouvé la mort, près de 200 autres ont été blessées. Plusieurs immeubles se sont effondrés dans les villes de Zemmouri et Boumerdès sous l'ampleur de la secousse, d'une magnitude de 5,8 sur l'échelle de Richter. L'épicentre du séisme était situé à Zemmouri, à une cinquantaine de kilomètres à l'est de la capitale. Une autre réplique a frappé la région le lendemain matin, sans causer de dégâts.

  • Jeudi 29 mai à l'aube, la région d'Alger a été réveillée en sursaut par une nouvelle réplique de 5,8 sur l'échelle de Richter, qui a fait quelques blessés et provoqué l'effondrement de trois bâtiments dans la banlieue est de la capitale et à Boufarik (35 km au sud d'Alger). La panique a de nouveau saisi des habitants qui ont quitté leur domicile vers 3H15 (2H15 GMT) pour terminer la nuit dans des voitures ou à la belle étoile. 

La répétition des répliques, souvent supérieures à 4 degrés sur l'échelle de Richter, a mis à rude épreuve les nerfs des habitants dont certains envisageaient de quitter le nord du pays pour des régions plus éloignées. Ces répliques peuvent durer des mois, et même jusqu'à deux ans : plus d'un millier de répliques ont été enregistrées dans Alger et sa région entre mai 2003 et janvier 2004. Plus le séisme est important, plus la réplique est allongée, avec "des magnitudes de plus en plus faibles.

 

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La solidarité face au séisme

 

Les autorités algériennes ont lancé des appels à tout le personnel médical des hôpitaux des wilayas d’Alger et de Boumerdès ainsi qu’au personnel travaillant à la Sonelgaz, le fournisseur public d’électricité, aux techniciens des télécommunications et aux volontaires pour les dons de sang.

Certaines écoles d’Alger ont été ouvertes pour accueillir des familles tandis que les sirènes des forces de sécurité retentissaient dans la ville et que la radio donnait des consignes de sécurité. Le réseau de téléphonie mobile de la capitale était hors service.

Le 22 mai, armés de pelles, de pioches, des éléments de la protection civile, des militaires du contingent, aidés par les familles des disparus ou encore des amis souvent jeunes, apparaissaient impuissants face aux ruines de Boumerdès. Mais ils tentaient encore désespérément de sauver des décombres, avec des moyens dérisoires, des victimes. "Nous sommes là parce que ce sont nos voisins, nos parents, nos amis et que nous devons tout tenter", affirme, sur un ton las, Ali, arrachant quelques gravats à la main, sans trop d'illusion sur la finalité de ses efforts. 

S'il y a un point sur lequel tout le monde s'accorde dans les localités anéanties de l'Est algérois, c'est l'extraordinaire élan de solidarité. A longueur de journée, des anonymes acheminent, dans des camions-bennes ou de vieilles guimbardes, des denrées, des brassées de baguettes, des bouteilles d'eau, vers les zones meurtries. "Vous avez vu : on n'a pas besoin de l'Etat ni même des associations ; ici on s'entraide naturellement", se félicitait un père de famille, retraité du bâtiment.

L'accueil du président algérien, Abdelaziz Bouteflika, est houleux dans les villes sinistrées. A Boumerdès comme à Zemmouri, les conditions de survie de ceux qui, en quarante-cinq secondes, ont tout perdu, sont plus que précaires. Cependant, dimanche 25 mai, beaucoup d'entre eux ne cachaient pas leur indignation vis-à-vis de ces débuts d'émeute. "Bien sûr que nous sommes écœurés par le laxisme et la corruption immobilière qui ont abouti à la construction de bâtiments bâclés qui s'écroulent comme des châteaux de cartes. Bien sûr que nous avons envie de hurler notre rage en constatant le retard des secours et la faiblesse des moyens pour sortir les nôtres de leur cercueil de béton, s'emportait Saïd D., ingénieur de 52 ans dont l'épouse est morte écrasée sous un immeuble d'une cité. Mais ce n'est pas parce que notre cœur saigne qu'il faut se conduire comme des vandales ou des sauvages, au milieu d'une ville plongée dans la souffrance et le deuil. Il y a d'autres façon de dire les choses."

 

Il faut plusieurs heures pour que la solidarité s'organise, l'aide arrive vers les régions sinistrées, l'aide internationale commence à s'organiser.

"Toute l'Europe est avec nous pour tenter de sauver des vies et les Français d'abord, comme toujours. Il y en a même qui viennent d'Asie, c'est bouleversant !"

La plupart des pays européens a dépêché sur place des équipes de secours. La France a envoyé deux équipes d’aide humanitaire en Algérie. Ces deux missions de la Sécurité civile sont composées chacune de 60 personnes, elles sont acheminées avec leur matériel et des équipes cynophiles à bord de deux Transall C160. 

L'Egypte a envoyé 13 tonnes de vivres, de tentes et de couvertures, des milliers de sinistrés ayant passé une seconde nuit, assez fraîche, dehors. 

A Zemmouri-plage, la Desaster Relief Team, une équipe de soixante sauveteurs japonais, en impeccables combinaisons orange, fait preuve d'un sens de la discipline et d'une méticulosité sans pareil pour fouiller, à la barre à mine et au marteau-piqueur, les entrailles d'un hôtel de six étages réduit en miettes.

Le pape Jean Paul II a exprimé sa "solidarité", cependant que le président George Bush, au-delà de son offre d'aide, "prie pour les victimes, leurs familles et toute la nation algérienne".

 

article wanadoo - catnat

 

Reconstruire après le séisme

 

Promesses le 26 mai :

  • Le gouvernement algérien a décidé de dégager une somme de 100 milliards de dinars au profit des personnes sinistrées. 

  • Le président Abdélaziz Bouteflika a ordonné la mise en place d'une commission d'enquête pour déterminer la responsabilité des promoteurs immobiliers accusés par la presse algérienne d'être en grande partie coupables d'avoir construit des villas et des immeubles sans respecter les normes techniques. Les membres de cette commission ont quinze jours pour rendre les premières conclusions. 

  • Un programme de 3.000 logements, dont 1.500 à Alger et 1.500 à Boumerdès, sera disponible pour les familles dont les habitations auront été déclarées inhabitables par les équipes du contrôle technique. Ces familles seront relogées au plus tard dans quinze jours, selon le Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia qui a indiqué que 5.000 tentes sont distribuées pour les familles sinistrés. 

Les secousses sismiques continuaient jeudi 29 mai 2003 de terrifier les habitants d'Alger et ses environs, traumatisés depuis une semaine par de fortes répliques, alors que les sinistrés réclament des tentes et que les autorités vont arrêter les fouilles dans les décombres. Les sinistrés, évalués entre 100 et 120.000, réclament un "minimum de confort" notamment des tentes pour se mettre à l'abri et avoir un semblant d'intimité. 

Le 29 mai, certaines tentes abritent plusieurs familles allant jusqu'à rassembler 80 personnes. Plus de 11.500 tentes, abritant 65.000 personnes, ont été installées à Boumerdès par l'armée et la protection civile qui s'apprêtent à ériger 23 autres camps de toile dotés de commodités, qui font cruellement défaut. M. Zerhouni a promis de les reloger dans des appartements réquisitionnés, précisant que certains sinistrés allaient devoir patienter plusieurs mois.

Devant la crainte d'épidémies et le peu d'espoir de retrouver des survivants, les autorités ne devraient pas tarder à arrêter les recherches et lâcher les bulldozers pour déblayer ce qui reste de dizaines d'immeubles, écroulés comme des châteaux de cartes. Des centaines de corps, en décomposition, gisent sous les décombres, contraignant les sauveteurs à porter des masques et à pulvériser des produits sanitaires...

 

article yahoo - afp

 

Séisme de janvier 2004  

 

Un tremblement de terre d'une magnitude de 5,7 sur l'échelle de Richter a eu lieu samedi 10 janvier 2004 à 19H38 (18H38 GMT). Il a fait près de 300 blessés dans la capitale et la région de Boumerdès (50 km à l'est d'Alger).
Une grande partie de ces blessés a été enregistrée dans la région de Boumerdès, déjà ébranlée par un séisme de magnitude de 6,8 sur l'échelle de Richter le 21 mai 2003. Ces blessures, "sans gravité", ont été provoquées par un mouvement de panique qui s'est emparé des habitants des régions où le tremblement de terre a été ressenti.

L'épicentre de cette secousse a été localisée à 25 kilomètres au nord de Zemmouri, près de Boumerdès. Selon le Centre algérien de recherche en astronomie, astrophysique et géophysique (CRAAG), cette secousse est une réplique du séisme du 21 mai 2003.

 

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