Les séismes en Chine

 

La Chine comporte de nombreuses zones sismiques (cliquez sur la carte ci-dessous pour en savoir plus sur chaque région).

 

 

Les séismes peuvent y être très meurtriers - ainsi en 1556, le séisme de Shanxi a tué environ 800.000 personnes, et le 28 juillet 1976, le séisme de Tangshan (Hebei) en a tué environ 500.000 à 800.000. Ces séismes font partie des plus grandes catastrophes naturelles de l'Histoire de la Terre ; le seul séisme plus meurtrier enregistré dans l'Histoire est celui qui eut lieu, en juillet 1201, dans le bassin méditerranéen et au Proche-Orient (presque toutes les cités de ces régions touchées, nombre des victimes estimé à plus de 1 million).

Un tiers des 18 séismes les plus meurtriers du XXème siècle auraient eu lieu en Chine (consulter un article) ! 

 

 

Pourquoi des séismes en Chine ?

 

La Chine se trouve sur la plaque eurasiatique.

Le territoire chinois repose sur des socles, c'est-à-dire des masses de roches cristallines métamorphiques, ou résultant de la transformation de sédiments lors de phases anciennes de plissement. Ces socles sont très anciens. Une petite partie a plus de 540 millions d'années (précambrien) ; une grande partie du territoire chinois a été façonné en même temps que la chaîne Armoricaine ou les Vosges en France : on parle d'orogenèse hercynienne, qui a eu lieu vers - 230 millions d'années. Une autre partie du territoire chinois a été mis en place vers - 65 millions d'années.

Ces socles ont été affectés ensuite, à l'ère tertiaire, par un événement majeur : la plaque indienne est entrée en collision avec la plaque eurasiatique, il y a 40 à 50 millions d'années. La plaque indienne se dirige vers le nord à la vitesse moyenne de 4.5 cm par an par rapport à la plaque eurasienne.

 

 

À la bordure des deux plaques a surgi la chaîne himalayenne (qui culmine à 8.850 m au mont Everest), dont les reliefs se prolongent vers l'est. Plus au nord, le socle a été fortement soulevé et cassé pour donner par exemple naissance aux immenses plateaux tibétains. 

Un peu partout, les socles qui constituent la Chine ont été cassés. La présence de nombreuses failles explique la violence et la fréquence des tremblements de terre dans la partie la plus occidentale et en Chine du Nord. Ces séismes sont d'autant plus meurtriers qu'ils touchent des régions très peuplées.

 

Un exemple de faille.

Le séisme de Fuyun (Chine-Mongolie), de magnitude 8, a eu lieu le 11 août 1930. Ce séisme a provoqué un affaissement de plusieurs mètres du bloc aval par rapport au bloc amont, visible sur cette photographie prise 60 ans après par un chercheur de l'Institut de Physique du Globe de Paris.

 

 

Etudier les séismes en Chine ?

 

De tout temps, les questions relatives à la nature des séismes ont préoccupé les hommes vivant dans les zones à risque sismique. Vers 130 apr. J.-C., le savant chinois Chang Heng, pensant que les ondes se propageaient à travers la Terre à partir de la source d'un séisme, construisit un vaisseau en bronze conçu pour enregistrer le passage de ces ondes. Huit ballons étaient délicatement placés en équilibre sur la bouche de huit dragons disposés sur le pourtour du vaisseau ; toute vibration sismique, dans les parages, faisait chuter un ou plusieurs ballons... Pendant des siècles, les ondes sismiques furent observées avec ce type de moyens. Depuis, la technologie a progressé. Fin 2001, il y avait en Chine 1245 stations de surveillance de l’activité sismique dont 28 en réseau télécommandé et 917 points de surveillance marine. Parmi les thèmes de recherche importants en Chine, il y a la recherche d'une méthode de prévision fiable des séismes.

 

 

Que faire en cas de séisme ?

 

Le ministère des Affaires étrangères donne des conseils aux français désirant visiter la Chine, en cas de séisme : A l'intérieur, s'éloigner des fenêtres, des murs extérieurs, de tout meuble, tableau, luminaire susceptibles de se renverser ; s'abriter sous une table solide ou tout meuble résistant ou rester debout sous un encadrement de porte. A l'extérieur, s'efforcer d'atteindre un espace libre, loin des arbres, poteaux électriques, murs ou bâtiments ; dans la voiture, s'arrêter au bord de la route et attendre à l'intérieur la fin des secousses. 

Dans tous les cas, il faut conserver son calme, suivre les instructions données et attendre les secours, si nécessaire. Tout séisme important est suivi d'une série de secousses secondaires. Si un tremblement de terre se produisait lors d'un séjour touristique, il est recommandé de prendre immédiatement contact avec sa famille ou ses proches afin de les rassurer sur son sort ou, le cas échéant, en cas de problème de communication avec l'extérieur, avec le consulat de France de la circonscription concernée.

 

 

Région du Xinjiang

 

 

La région du Xinjiang, région autonome de la Chine à la frontière du Tadjikistan, Kirghizistan, et Kazakhstan, de la République de Mongolie, de l'Inde et de l'Afghanistan, est une région essentiellement montagneuse, avec quelques sommets à plus de 5 000 m. Les secousses qui affectent cette région résultent des contraintes induites par la collision des plaques indienne et eurasienne, même si la frontière entre ces 2 plaques se situent à près de 1000 km au sud.  

Parmi les séismes ayant secoué cette région, signalons celui du 19 mars 1996 (magnitude 6,3, 65.000 habitants affectés, au moins 24 morts), du 21 janvier 1997 (magnitude 5,9, entre 10 à 30 morts), du 11 avril 1997 (magnitude 6,2, 10 à 30 morts), du 27 août 1998 (2 morts et plus de 3000 sans-abris).

 

Cette région a été frappée le 24 février 2003 par un séisme d'une magnitude de 6,8 : ce séisme a tué 268 personnes, en a blessé 4.000, il a affecté une zone de 22.500 km2 et détruit 20.000 maisons, 591 écoles et 384 mosquées.

Le séisme s'est produit à 10 h 03, heure de Pékin (03 h 03 heure de Paris). L'épicentre du séisme est situé à environ 40 km à l'est du bourg de Jiashi (Payzawat en ouïgour). Le foyer a été localisé à une profondeur inférieure à 50 km.

Le comté de Jiashi est faiblement peuplé, et la majeure partie des victimes ont été dénombrées dans un comté voisin, Bachu, qui compte plus de 370 000 habitants. Des villages situés à une soixantaine de kilomètres de la ville principale du comté ont été particulièrement touchés. Nombre des victimes sont des élèves d'une école de Bachu, qui s'est effondrée, et la secousse a également rasé une clinique. En tout, 8861 maisons et 900 classes se sont effondrées : dans cette région, on déplore une mauvaise qualité des constructions. La secousse a aussi été ressentie à Urumqi, capitale du Xinjiang, à un millier de kilomètres au nord-est de l'épicentre. 

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Un peu plus de deux mois après, le dimanche 5 mai 2003, un nouveau tremblement de terre a frappé la région. Ce séisme, d'une magnitude de 5,8 sur l'échelle de Richter, a fait au moins un mort et endommagé 1600 maisons ; environ mille têtes de bétail, des chèvres pour la plupart, ont péri.

 

 

Province du Gansu

 

 

Le Gansu est un long territoire s'étirant d'est en ouest sur 1 500 km. Il est bordé, sur toute sa limite méridionale, par de hautes montagnes culminant à 5 837 m. À l'est s'étendent des plateaux couverts de loess (800-1 000 m d'altitude). À leur pied, vers l'ouest, se creuse la plaine du Ningxia qui débouche sur le bassin de Lanzhou. Au-delà, un glacis désertique s'étale au pied des hautes chaînes montagneuses et se prolonge au nord par des espaces désertiques se rattachant au désert de Gobi. 

Secoué par des séismes dévastateurs en 1920 (180.000 morts) et en 1932 (70.000 morts), le Gansu est resté longtemps l'une des provinces chinoises les plus pauvres. 
 

Deux tremblements de terre de 6.1 degrés et de 5.8 degrés sur l'échelle de Richter ont secoué le 25 octobre 2003 les districts de Minle et de Shandan de cette province : 9 personnes ont été tuées et 49 blessées.

En novembre, un autre séisme a secoué le Gansu : jeudi 13 novembre 2003, à 10h35 (heure de Pékin), les trois districts de Minxian, Lintan et Jone de cette province ont été secoué à un séisme de magnitude 5,2. L'épicentre a été localisé à 34,7 degrés de latitude nord et 103,9 degrés de longitude est, à 150 km au sud de Lanzhou, capitale provinciale. Au moins huit personnes ont été blessées et plus de 10 maisons se sont effondrées. 

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 Province de Heilongjiang 

 

 

Heilongjiang, ou Hei-long-Kiang, est le nom d'une province à la frontière de la Russie. C'est une région peu peuplée, au climat continental rigoureux. La plaine de Mandchourie, traversée par le fleuve Songhua, occupe la partie méridionale de cette province. Au nord se situe le Hingganling, massif montagneux peu élevé et densément boisé, et à l'est s'étend un plateau de landes et de marécages.

Des séismes peuvent secouer cette région.

 

 

Province du Jilin

 

 

Province à la frontière de la Russie et de la Corée du Nord, centre de la région historique de Mandchourie, le Jilin est formé par des chaînes de montagnes couvertes de forêts à l'est, une plaine fertile à l'ouest et, entre les deux, un massif de petites collines. Le Jilin s'étend sur 650 km d'est en ouest et sur 300 km du nord au sud, soit une superficie de 187.400 km², représentant 2 % du territoire chinois.

lire un article sur les conditions géographiques et naturelles du Jilin 

 

Samedi 29 juin 2002, à 01h19 locales (17h19 GMT le vendredi 28), un séisme de magnitude 7,2 sur l’échelle de Richter a secoué le Jilin. Ce tremblement de terre a été ressenti jusqu’à Pékin, à 1100 km de là. Les provinces de Hebei, de Shandong et de Henan ont également ressenti ce puissant séisme. Aucune victime, ni gros dégâts ne seraient recensés malgré la puissance de ce séisme. 

 

Les géologues situent l'épicentre en Chine, dans la Province du Jilin ; les américians pensent que l'épicentre se trouve à une centaine de km de la ville Russe d’Ussuriysk, tandis que les chinois le situent au Nord de la frontière du Jilin avec la Corée du Nord. 

 

Le foyer a été localisé à plus de 550 km de profondeur. Cette profondeur peut expliquer l'absence de victime et dégât, ainsi que l'étendue de la surface où le séisme a été ressenti. En effet, la distance entre le foyer et la surface du sol a permis d'atténuer la force des ondes sismiques et a permis aux ondes d'aller plus loin, comme l'illustre le schéma ci-dessous.

 

 

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 Province du Hebei 

 

 

Hebei (=Ho-pei ou Hopeh) est le nom de la province qui encercle les municipalités autonomes de Pékin et de Tianjin. La province s'étend sur trois régions : à l'est, sur la plaine du nord-est de la Chine, à l'ouest, sur les contreforts des monts Taihang et, au nord, à proximité de la frontière avec la Mongolie-Intérieure, sur les hauts plateaux semi-arides du Zhangbei. 

 

Le séisme de Tangshan en 1976

 

Le 28 juillet 1976, le séisme le plus meurtrier de ce siècle se produisit à Tangshan, une des villes les plus industrialisées de la Chine, à 200 km à l'Est de Pékin et 300 km au Sud-Ouest de Haicheng. 

Ce séisme fit officiellement 240.000 morts et 400.000 blessés, mais il y en eut certainement beaucoup plus en réalité (3 fois plus ? entre 600.000 et 800.000 morts ? Plus de 800.000 morts ?). C'est le plus meurtrier depuis celui de 1556 au Shaanxi, en Chine centrale.

Les premiers secours envoyés par l'armée sont arrivés plus de 12 heures après le choc à cause de la médiocrité des accès routiers. Pendant ce temps, des milliers de victimes, coincées sous les décombres, avaient péri noyées après l'éclatement des canalisations d'eau.
Trois jours avant le drame, les autorités de la ville n'ont pas prêté attention à une alerte des services nationaux de sismologie, annonçant une forte secousse dans la région... Dans la ville de Qinlong, à 100 km au nord, un cadre local avait ordonné à ses concitoyens de rester dehors pendant la période à risque, plus de 7.000 maisons se sont entièrement effondrées sans faire une seule victime. Mais à Pékin, distante de 160 km de l'épicentre, il n'y a pas eu d'évacuation et des centaines de personnes ont été tuées...

 

Un parc a été récemment construit à la mémoire des victimes du violent tremblement de terre de 1976. Les noms de 240 000 morts sont gravés sur deux murs de 280 m de long dans ce parc.

 

En 1975, un fort séisme avait eu lieu à Haicheng, il avait tué peu de personne car il avait été prévu. Comme celle de Haicheng, la région de Tangshan faisait partie de la zone couverte par la prévision à long terme pour le Nord de la Chine établie en 1974 ; 

La prévision à long terme permet de définir l'aléa sismique d'une région, c'est à dire la probabilité qu'il y ait une secousse dépassant un certain niveau. Pour définir cet aléa, les sismologues 

  • analysent les séismes historiques, 

  • utilisent les sismomètres pour savoir s'il y a des faibles secousses, 

  • identifient les failles actives sur le terrain.

 

De nombreuses anomalies furent détectées et, en janvier 1976, une prévision à moyen terme fut faite pour la région de Tangshan. De nombreux sismologues et géophysiciens travaillaient sur cette région, réunissant des indices qui auraient pu aider à prévoir le tremblement de terre de Tangshan. Pourtant, ce séisme n'a pu être prévu à court terme comme celui de Haicheng. Pourquoi ?

  • Aucun séisme important ne s'est produit à Tangshan, de toute l'histoire de cette ville.

  • On ne savait pas qu'il y avait une faille sous la ville de Tangshan, car elle était cachée sous une épaisse couverture de sédiments. 

  • Beaucoup de sismologues pensaient que les anomalies observées à Tangshan faisaient suite au séisme de Haicheng de 1975 ou à des séismes plus faibles ayant eu lieu 150 km au Sud de Tangshan au début de l'année 1976. 

  • Aucune variation brutale de la sismicité n'a été observée avant le séisme de Tangshan, alors qu'il y en avait eu avant celui de Haicheng. 

  • Enfin, le coût social de l'évacuation des dizaines de millions d'habitants de la région de Tangshan-Pékin était trop élevé en l'absence d'une prévision absolument fiable.

En fait, ce qui manqua le plus à Tangshan était une connaissance suffisante des phénomènes qui se produisent sur les failles quelques semaines et quelques jours avant le déclenchement du tremblement de terre. Depuis Tangshan, tout en intensifiant ses efforts sur la prévision, le Bureau d'État des séismes se lança dans un grand programme d'étude sur la genèse des séismes et la mécanique de la rupture sismique. 

La ville de Tangshan, rayée de la carte en 1976, a été reconstruite. Elle offre l'apparence d'une ville moderne, aux larges avenues bordées d'arbres et se fait forte de résister à un nouveau choc. Tangshan serait devenue l'une des villes les plus sûres du monde... Pourquoi ?

  • Le tremblement de terre de 1976 a libéré d'un seul coup une telle énergie qu'ils pensent être à l'abri d'une nouvelle secousse dans un avenir prévisible. Un tremblement de terre comme celui de 1976 ne se produit qu'une fois tous les 300 ans... selon les statistiques.

  • Il peut y avoir des secousses plus faibles. La ville devrait résister sans problème jusqu'à 6 degrés sur l'échelle de Richter. 

  • Les urbanistes ont prévu de la place pour les immeubles qui s'effondreraient. Les bâtiments sont éloignés les uns des autres d'une distance de 1,8 fois leur hauteur, alors que la réglementation internationale est de 1,5 fois pour les zones à risque. Les routes ont été élargies, notamment aux sorties de la ville, pour pouvoir faciliter une évacuation et l'accès des secours. Les accès routiers aux autres villes de la région ont également été améliorés. De vastes pelouses ont été aménagées pour permettre aux 1,7 million d'habitants de se mettre à l'abri en cas de fort risque sismique.

  • Les conduites d'eau et d'électricité ont été renforcées pour que les habitants aient toujours du courant et de l'eau potable... et éviter les noyades.

Si Tangshan, profitant à plein du développement économique des régions côtières, a pu investir dans la protection anti-sismique, la règle ne vaut certainement pas pour l'ensemble du pays où la corruption pompe les fonds destinés à la sécurité des constructions. 

 

Un séisme de magnitude 6,2 secoua la région de Shangyi et Zhangbei (au Nord-ouest de Pékin) le 9 janvier 1998 ; la secousse principale fut ressentie jusqu'à Pékin, à environ 220 km ; cette secousse principale fut suivie de 200 répliques en 2 jours. Ce séisme fit 47 morts, plus de 9.000 blessés et 44.000 sans abris dans une région montagneuse...

 

 

Province du Yunnan

 

 

Le Yunnan est une province du sud de la Chine, bordée par la Birmanie, le Laos et le Viêt Nam. La région occidentale est dominée par un haut plateau inaccessible entaillé de profondes gorges. La forêt représente 24 % de la superficie de la province. La plupart des habitants du Yunnan vivent à l'est, sur un plateau relativement bas, où se trouve Kunming, la capitale. Le riz et le maïs produits en grande quantité font du Yunnan le grenier à grains de la Chine. On cultive aussi du coton, du thé, de la canne à sucre et des agrumes.

 

En mai 1974, un séisme a tué 10.000 à 20.000 personnes dans le Yunnan et le Sichuan. 

Plus récemment, un séisme d’une magnitude de 6,2 sur l’échelle de Richter a secoué le Yunnan dans la nuit du lundi 21 au mardi 22 juillet 2003. 15 personnes ont été tuées et plus de 300 blessés ont été recensés. L’épicentre du tremblement de terre se situe à 180 km au nord-ouest de Kunming, dans le district de Dayao. Plus de 15.000 maisons se sont écroulées et plus de 325.000 sont endommagées. Lors des deux semaines précédents ce séisme, des secousses avaient déjà été ressenties dans l’ouest de la Chine.

Un séisme de magnitude 5,6 a secoué le sud-ouest de la Chine le 10 août 2004 : 4 morts, importants dégâts.