Les séismes au Japon

 

Les risques sismiques au Japon

  

L'ambassade de France au Japon fournit de nombreuses informations sur les séismes dans ce pays : Informations générales - Préparation et prévention - En cas tremblement de terre - Le dispositif japonais - Pour en savoir plus

 

L’archipel se trouve dans une zone où l’activité volcanique est intense et les secousses sismiques sont fréquentes, car le fond du Pacifique occidental, enfoui à 10.000 mètres sous les eaux, glisse régulièrement sous une plaque continentale qui porte le Japon. De ce jeu complexe naissent les séismes.

L’archipel est frappé en moyenne par mille secousses tous les ans. Souvent imperceptibles, ces tremblements font partie du quotidien de chacun. Il ne se passe pas un mois sans que l’on soit réveillé par un séisme. Chaque famille dispose d’ailleurs d’un sac d’urgence contenant un nécessaire de survie, de l’argent et une copie des papiers d’identité. En fonction du lieu de résidence, l’habitant reçoit de la part des services de la maison une affection (en général un parc) en cas de sinistre. Tous les ans, vers la fin de l’année, le pays entier participe à des exercices entraînant la population à faire face à l’éventualité d’un tremblement de terre.

 

 

Sur les plages de la côte est du Japon, il n’est pas rare de voir un panneau mettant en garde contre les tsunamis, ces raz de marée nés d’un séisme, particulièrement redoutables sur les côtes du nord-est de Hosnhu. Dans les années 1960, un tremblement de terre au Chili a ainsi provoqué la destruction de 5.000 maisons sur le littoral nippon. 

 

La plupart du temps inoffensives, les secousses peuvent se révéler titanesques. 

Le 1er Septembre 1923, le séisme le plus destructeur jamais enregistré au Japon frappe Tokyo et le port de Yokohama : environ 140.000 morts, 45.000 disparus, 103.000 blessés et 225.000 maisons détruites. Dans la presqu’île de Miura, à 60 km de là, le choc avait été assez violent pour tuer les poissons jusqu’à 1.000 m en profondeur. Le séisme de 1923 avait trouvé sa source dans la faille qui court dans la baie de Sagami, à 80 km de Tokyo. Depuis les habitants du Kanto, dans la plaine située autour de la capitale, redoutent les prévisions des sismologues qui annoncent une grande secousse tous les soixante ans.

 

Dans les années 1970, on a enregistré une quinzaine de séismes au-dessus d’une magnitude de 5,5 dont ceux de Nemuro en 1973 (M 7,4) et du Miyagi (M 7,4). Puis le 12 juillet 1993, un séisme fait 230 morts dans le Sud-ouest d'Hokkaido...

 

Si les techniques parasismiques dans le bâtiment permettent de réduire les dégâts, en 1995 à Kobe, la nature fut trop forte pour l’homme : le séisme du 17 janvier a fait plus de 6.000 victimes (6.433 morts et 43.700 blessé, la plupart asphyxiés sous les décombres) dans cette ville portuaire de l’agglomération d’Osaka. La secousse a duré 40 secondes, le foyer était à une faible profondeur (30 à 35 km). Une faille jeune a glissé de 2 à 4 mètres sur une distance de 40 à 50 km pendant ce séisme.

En savoir plus sur l e séisme de Kobe du 17 janvier 1995 : Magnitude, localisation, profondeur, cartes de propagation, effets directs et indirects. De nombreuses photographies (anglais).

 

Depuis, c'est le séisme de Honshu en octobre 2004 qui s'est révélé meurtrier.

 

Dans le psyché des Japonais, il existe une sourde appréhension. De cette nature merveilleuse qui a ravi les peintres d’estampes peut aussi bien surgir l’apocalypse. Une étude des risques sismiques au Japon indique que 28. 300 personnes pourraient périr lors d'une secousse majeure...

La légende veut que les séismes qui secouent l’archipel soient causés par un poisson chat géant, le Namaeu, qui séjourné sous la terre et que la divinité Kashima tente de tenir en respect avec une grosse pierre. 

En 1974, la Submersion du Japon, un film catastrophe inspiré du best-seller de l’écrivain Kumastu Sakyo avait fait un tabac. Selon le scénario, une série d’éruptions volcaniques et de raz de marée obligent le gouvernement à évacuer et à embarquer la population vers des pays d’accueils... 

En 1989, la banque Tokai a publié une étude de prospective (Si Tokyo tremblait), faisant état de la crise économique mondiale qu’entraînerait un séisme dans la région de Tokyo, sixième puissance économique mondiale par sa production. La violence de la nature explique en partie le respect - ou le fatalisme - des Japonais pour l’ordre des choses. Dans la tradition populaire, un tremblement de terre, comme toute calamité naturelle, telles les inondations, est interprété comme un signe de mauvaise augure pour le monde des affaires de l’Etat. Si la terre tremble, c’est peut-être que l’empereur ne joue pas bien son rôle de médiateur entre le ciel et la terre. Ou bien l’annonce d’un changement brutal au sommet de l’empire, comme une mort par exemple.

 

Article sur les séismes au Japon

 

Le " robot-chenille" pour localiser les victimes de séismes

 

Des chercheurs japonais ont mis au point deux modèles de robot en forme de chenille qui doivent servir à localiser des survivants en cas de tremblements de terre.

Le premier prototype de laboratoire, baptisé "Kohga" (le nom d'un guerrier ninja), a été élaboré par un professeur de l'Université de Tokyo. Ce robot, de deux mètres de long, a l'allure d'une chenille et est doté d'une caméra frontale éclairant son chemin dans les gravas. Il peut se mouvoir dans des espaces étroits. Son corps, long et mince, a la capacité de répartir son poids de façon à ne pas provoquer d'éboulements supplémentaires. Il est démontable en dix morceaux, fonctionne avec des piles légères et est télécommandé. Mais son autonomie est réduite : 30 minutes.

Article sur l'invention du "robot-chenille"

 

Séisme à Tokyo, mai 2003 

 

Un séisme d'une magnitude de 5,1 sur l'échelle de Richter, a secoué Tokyo et son agglomération dans la nuit de dimanche 11 à lundi 12 mai 2003, faisant trois blessés légers. Le tremblement de terre a été ressenti très nettement au coeur de la capitale nippone à 00H57 locales (15H57 GMT dimanche) ; l'épicentre a été localisé à 60 kilomètres de profondeur, dans la partie nord-ouest de la préfecture de Chiba, à 50 kilomètres de Tokyo. Une réplique a été constatée environ deux minutes plus tard.

 

séisme de Sendai, mai 2003

 

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Un séisme de forte intensité a frappé lundi 26 mai 2003 à 18 h 24 heure locale (9 h 24 GMT) les environs de la ville de Sendai, dans le nord du Japon, et des immeubles ont tremblé à Tokyo, à 302 km plus au sud, pendant environ deux minutes.

 

Le séisme a atteint une magnitude de 6,7 degrés sur l'échelle de Richter, selon l'Observatoire des sciences de la Terre de Strasbourg. 

Le foyer du séisme a été localisé

  • dans l'océan Pacifique, à environ 20 km au large de la grande métropole de Sendai, capitale de la préfecture de Miyagi, à 60 km de profondeur, selon l'agence météorologique du Japon ; 

  • dans la mer du Japon, au large du sud-ouest de l'île d'Hokkaïdo d'après l'Observatoire de Strasbourg.

Plusieurs incendies se sont déclarés dans l'agglomération de Sendai, qui compte environ un million d'habitants. Des images de la chaîne NHK tournées depuis un hélicoptère ont montré une maison en feu dans la ville. En revanche, dans d'autres villes de la région, la situation semblait normale. "Je suis au sixième étage de l'immeuble de la mairie. Je n'ai jamais vu un tremblement de terre aussi fort ces dernières années. Mais si je regarde dehors, je ne vois rien d'anormal et je n'ai pas vu de fumée", a déclaré un responsable de la mairie de Morioka, ville située à 150 km au nord de Sendai.

Les secousses très longues ont été ressenties très fortement dans le centre de Tokyo, où les gratte-ciel ont oscillé pendant plus d'une minute. La secousse a été ressentie dans toute l'agglomération de la capitale, jusqu'à Yokohama. Les services de train à grande vitesse vers le nord du Japon ont été interrompus pour vérifier leur état de fonctionnement, ainsi que toutes les lignes locales autour de Sendai et Morioka. Les autoroutes et autres voies rapides à péage de la région du séisme ont été également fermées au trafic.
Le tremblement de terre aurait fait au moins 104 blessés, dont cinq graves, et causé des incendies sporadiques et des dégâts limités.

 

 

le monde - article yahoo - radio-canada

 

séisme dans le nord du Japon, juillet 2003

 

Un séisme de magnitude 7,1 a secoué la côte nord du Japon dimanche 27 juillet 2003 à 15h26 (6h26 GMT), on ne déplorait aucun blessé, ni dégâts importants. Ce séisme s'est produit au lendemain des trois violentes secousses telluriques qui ont frappé la préfecture de Miyagi, faisant au moins 423 blessés, la plupart légers. Quelque 1.025 maisons ont été détruites ou endommagées par les secousses, dont la plus importante a enregistré une magnitude préliminaire de 6,2 tôt samedi matin. Un millier de personnes ont passé la nuit dans des gymnases ou salles des fêtes.

L'épicentre du séisme se situait à environ 480 km sous le niveau de la mer au large de l'île d'Hokkaido, selon l'agence météorologique japonaise. Il n'y avait aucun danger de tsunami, ces raz-de-marée déclenchés par l'activité sismique. 

La secousse s'est surtout fait sentir dans les préfectures d'Aomori et Iwate.

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séisme dans la région de Tokyo, septembre 2003

 

Un séisme de magnitude 5,5 a secoué la région de Tokyo samedi 20 septembre 2003 après-midi.
L'épicentre du tremblement de terre était localisé dans la préfecture de Chiba à l'est de la capitale japonaise et le séisme a été suffisamment puissant pour faire osciller des bâtiments. Il a été ressenti dans la ville pendant une trentaine de secondes.

Il a fait au moins sept blessés et causé des dégâts mineurs dans la ville de Tokyo.

 

Le même jour, le Japon était touché par un typhon, accompagné de vents violents soufflant jusqu'à 126 km/h et de pluies torrentielles, entraînant des coupures de courant dans des milliers de foyers situés dans le sud.

 

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séisme de Honshu, octobre 2004

 

Honshu est la principale et plus grande île de l’archipel japonais : Honshu rassemble les trois quarts des départements du Japon, plus de la moitié de la population y réside. On y trouve les villes de Tokyo, Kobé, Sendaï... déjà marquées par des séismes.

Comme les autres îles du Japon, Honshu est essentiellement montagneuse, on y trouve le mont Fuji (3.776 m) et le mont Asama, plus grand volcan actif du Japon. On distingue trois régions sur l'île de Honshu :

  • Au nord-est, le Tohoku est une région peu peuplée, marquée par un climat très rigoureux.

  • Plus au sud se trouve la région du Kanto, vaste plaine où les hivers sont secs et froids, et les été chauds et humides, qui abrite les villes de Tokyo, Yokohama, Kawasaki et Chiba.

  • Dans la région la plus occidentale se trouve la plaine du Kansai, berceau culturel et centre historique du développement du Japon, avec notamment les villes de Kyoto, Osaka et Kobe. 

Quelques semaines après l'anniversaire du "grand tremblement de terre du Kanto" (région de Tokyo) au cours duquel près d'un million de Japonais ont pris part à des entraînements anti-sismique, un séisme meurtrier frappe l'île de Honshu. La principale secousse s'est produite samedi 23 octobre à 17 h 56, heure locale (8 h 56 GMT) (sismogramme). L'épicentre du séisme, de magnitude 6,5 ou 6,8, a été localisé près de Niigata, grand port au bord de la Mer du Japon, à 250 km au nord de Tokyo. C'est un secteur montagneux de l'île de Honshu.

Parmi les centaines de répliques qui ont suivi (environ 250 les 3 premiers jours), plusieurs étaient de magnitude supérieure à 6. Notons les secousses du 23 octobre : à 14 h 35 GMT de magnitude 5,2 (sismogramme) et à 23 h 50 GMT de magnitude 5,2 (sismogramme), celles du dimanche 24 octobre, à 15 h 28 GMT de magnitude 4,8 (sismogramme) et à 21 h 04 GMT de magnitude 5,6 (sismogramme), celle du mercredi 27 octobre de magnitude 6,1.

La première secousse et les répliques n'étaient pas très profondes, les foyers ont été localisés à 10 à 20 kilomètres sous terre. C'est la raison pour laquelle les gens vivant au dessus ont ressenti de très forts tremblements.

 

Ce tremblement de terre a surpris les Japonais, pourtant très préparés aux tremblements de terre.

  • Aucun séisme de grande ampleur n’était attendu dans cette région de Niigata, épargnée par les secousses depuis deux siècles. Une commission de sismologues avait récemment estimé à environ 2% le risque d’un tremblement de terre dans cette zone dans les 30 prochaines années.

  • L’importance et la violence des répliques qui ont suivi la première secousse de samedi est une autre source d'étonnement. Le gouvernement japonais a annoncé le lancement d’un projet de recherche sur cette région.

Les secousses ont été fortement ressenties à Tokyo, mais on n'y signale ni victimes ni dégâts. Si l'épicentre du séisme avait été plus proche de la capitale, il aurait pu y faire environ 7.000 victimes...

C'est surtout dans la préfecture de région Niigata qu'il y a eu des dégâts et des victimes :

  • Plusieurs dizaines de milliers de personnes souvent terrorisées ont passé la nuit du samedi au dimanche (et les suivantes) dans des centres d'évacuation ou dans les rues, malgré le froid et la pluie. Le dimanche matin, on comptait à Niigata près de 130.000 foyers privés d'électricité, et l'approvisionnement en eau et en gaz a lui aussi été perturbé.

  • On compte 27 morts, 3 disparus et quelque 2.500 blessés dans la région de Niigata, selon le bilan de la police publié mardi 26 octobre 2004. Le 27, on parle de 31 morts...

photographie d'une autoroute après le séisme

 

A Nagaoka, ville de 200.000 habitants au sud de Niigata, plusieurs incendies se sont déclarés (la plupart maîtrisés rapidement) et un train à grande vitesse a en partie déraillé, pour la première fois depuis sa mise en service il y a 40 ans. Huit wagons ont quitté les voies sans qu'aucun passager soit blessé.

Dans la ville d'Ojiya, une vaste portion du sol sous une ligne ferroviaire s'est affaissé, formant un cratère surplombé par des rails brisés.

 

L’importance des dégâts, dans un pays en pointe pour les constructions antisismiques, est sans doute en partie due aux passages des typhons. Depuis le début de l'année 2004, l'archipel nippon a été balayé par dix typhons - un nombre record - ; le typhon Tokage, le plus meurtrier depuis un quart de siècle (91 morts et disparus), a balayé l'archipel une semaine avant le séisme. Les sols sédimentaires de la région de Niigata auraient été fragilisés par les pluies torrentielles de ces tempêtes, les risques de glissement de terrain sont très importants. Par exemple une coulée de boue a englouti maisons, routes et voitures au petit village de Yamakoshi, isolant quelque 600 personnes. On compte aussi des routes fissurées...

 

Lire des articles :

Libération (23 octobre), Libération (24 octobre),

Le monde (24 octobre) (1) (2), Yahoo (26 octobre)

Sciences et Avenir (27 octobre)