Les séismes au Salvador

 

Les risques sismiques au Salvador

 

Le Salvador est un petit pays d'Amérique centrale qui compte 6 millions d'habitants. Ce pays est formé de massifs volcaniques et est frappé régulièrement par des séismes : outre des séismes meurtriers (14 février 1712 : magnitude 6,2 ; 3 mars 1748 : magnitude 6,4 ; 2 février 1798 : magnitude 6,2 ; 16 avril 1854 : magnitude 6,6 ; 6 novembre 1857 : magnitude 6,4 ; 4 mars 1873 : magnitude 6,4 ; 8 juin 1917 : magnitudes 6,4 et 6,3 ; 28 avril 1919 : magnitude 6 ; 20 décembre 1936 : magnitude 6,1 ; 6 mai 1951 : 1000 morts, magnitude 6,5 ; 19 juin 1982 : 43 morts, magnitude 7 ; 10 octobre 1986 : 1.500 morts et 8.000 blessés, magnitude 5,4 ; 10 juin 1987 : 1000 morts, magnitude 5,4, 2001...), il est aussi la proie des ouragans, par exemple l'ouragan Mitch en 1998.

 

Pourquoi ces séismes et cette activité volcanique ? 

 

Ce pays se trouve à la frontière de deux plaques tectoniques qui convergent. Cette région est donc une zone de subduction : La plaque  COCOS plonge sous la plaque CARAÏBE. Ce mouvement de convergence de plaques s'accompagne de séismes et de remontée de magma. La lithosphère océanique s'enfonce dans l'asthénosphère et fond partiellement sous l'effet de l'accroissement de la température et de la pression.

Du matériel magmatique remonte à la surface donnant naissance à des volcans explosifs.  En s'enfonçant sous une plaque continentale (CARAÏBE) la plaque océanique (COCOS) provoquent des séismes intermédiaires (entre 60 km de profondeur et 300 km) et profonds (entre 300 km et 700 km).  Les séismes intermédiaires sont provoqués par des phénomènes de traction de la plaque qui s'enfonce peu à peu dans le manteau.  Les séismes profonds sont provoqués par des phénomènes de compression de la plaque qui rencontre vers 700 km de profondeur du matériel rigide.  Le Salvador est situé sur la "ceinture de feu du pacifique" qui  marque la frontière entre la plaque PACIFIQUE  et les autres plaques sous lesquelles elle s'enfonce.

 

Séisme en janvier et février 2001

 

13 janvier 2001 à 11h33 locales (17 h 33 GMT) : un séisme de magnitude 7,9 fait 827 morts, au moins 4500 blessés, 2000 disparus, et plus d'un million de sinistrés. Le foyer est situé dans l'océan Pacifique, à 39 km de profondeur (latitude : 12,83 N ; longitude : 88,79 W).

Ce séisme, le plus violent enregistré en Amérique centrale depuis les années 1980, a été ressenti  dans l'ensemble des pays d'Amérique centrale - Salvador, Guatemala (où il y a eu aussi quelques morts), Nicaragua, Honduras, Costa Rica - ainsi que dans le sud du Mexique (des immeubles ont été ébranlés à Mexico).

Les personnes portées disparues sont concentrées dans le quartier de Las Colinas, à une dizaine de kilomètres de la capitale, où quelques 260 habitations ont été ensevelies dans un gigantesque glissement de terrain. Arturo Magana, 25 ans, errait dans le quartier de Las Colinas à la recherche de son jeune frère Jaime, 18 ans. "Je ne sais pas où creuser parce que je ne sais pas où se trouve la maison", a-t-il déclaré. Une femme de 41 ans, Carmen de Marin, gémissait à côté des ruines de sa maison où elle avait laissé son fils de 12 ans, Jaime, pour aller faire quelques courses juste avant le tremblement de terre. "Il y a mon petit garçon ! Aidez-moi ! Aidez-moi !". "C'était comme une vague de poussière qui nous a recouverts", racontait Emilio Renderos, 60 ans, un gardien employé dans le quartier. "C'était horrible." 

A San Miguel, dans le sud-est du pays, le mur d'un hôpital s'est effondré et dans un petit village situé à proximité, on faisait état de 25 morts. Dans la même région, 13 personnes ont péri à Sosonati et 200 blessés ont été transportés à l'hôpital dont les autorités craignaient pour la structure, selon la Croix-Rouge. 

A Santa Ana, à 55 km au nord-ouest de la capitale, le séisme a fait s'effondrer l'église d'El Calvario, vieille de 116 ans, tuant un employé qui vivait dans son colossal clocher, et peut-être des fidèles se trouvant à l'intérieur du bâtiment, selon le curé Robert Castro. La police de San Salvador a compté 16. 148 maisons endommagées et 4.692 détruites, + 87 églises et 39 autres immeubles abîmés.

L'électricité et les communications téléphoniques ont été coupées pendant plusieurs heures dans le pays en raison du séisme. 

Ce séisme a été causé par la subduction de la plaque Cocos sous la plaque Caraïbes et a été suivi de quelque 475 répliques de faible intensité.

Au lendemain du séisme, le bilan des victimes continuant à s'alourdir, le président du Salvador Francisco Flores a annoncé qu'il avait demandé à la Colombie 3000 cercueils, et que certaines victimes avaient déjà été enterrées dans des fosses communes. Il a décrété l'état d'urgence et de catastrophe nationale afin de mobiliser tous les secours disponibles et il a demandé à la population d'éviter de se déplacer dans le pays.

En réponse, le pape Jean Paul II a exhorté le 14 janvier la communauté internationale à venir en aide aux victimes du tremblement de terre. Le Mexique a envoyé un avion de l'armée de l'air tôt le 14 janvier au matin, alors que les Etats-Unis et Taïwan ont promis d'apporter leur aide. L'Espagne a annoncé le même jour l'envoi par avion d'une aide humanitaire d'urgence au Salvador. A Paris, Jacques Chirac a proposé l'aide de la France au Salvador, et le Secours populaire français a annoncé l'envoi, en partenariat avec Pompiers sans Frontières, d'une première mission de secours et d'évaluation des besoins. En mission en Amérique centrale et du Sud, la ministre canadienne de la Coopération internationale, Maria Minna, a indiqué à San Salvador que le Canada versera 1 million $ pour venir en aide aux victimes. L'Agence canadienne de développement international distribuera cette somme à des organismes non gouvernementaux pour les secours d'urgence - couvertures, abris, soins de santé de base. Par ailleurs, la Croix-Rouge canadienne a indiqué qu'elle accepte les dons en argent pour les sinistrés du séisme ; les dons en nature ne sont pas acceptés.

Localisation

 

Mardi 13 février 2001 à 14h22 GMT : un nouveau séisme de magnitude 6,6 (6,5 d’après le laboratoire de sismologie américain USGS) frappe le Salvador. L'épicentre est localisé à 30 km à l’est de San Salvador (capitale du San Salvador), à une latitude de 13,64 degrés Nord et à une longitude de 88,94 degrés Ouest, à 85 km au nord de l’épicentre du séisme du 13 janvier. Il s’agit d’un séisme superficiel (le foyer est situé à une profondeur de 13 km). 

Ce séisme a été suivi le même jour d’une réplique de magnitude 4,6 à 19h22 GMT, à une profondeur de 10 km. Ce séisme s’est produit à l’intérieur de la plaque Caraïbes (séisme « intra-plaque ») entraînant un coulissage horizontal de la faille.
Le séisme du 13 février a libéré trente fois moins d’énergie que le séisme du 13 janvier, mais sa profondeur très superficielle explique le nombre important de victimes (plusieurs centaines à ce jour). Le séisme du 13 février 2001 n'est pas une réplique de celui qui s’est produit le 13 janvier : il n'a pas eu lieu sur la même plaque et son mécanisme est différent. Il est cependant très probable qu’il ait été déclenché par un réajustement des contraintes régionales (c’est à dire les pressions), induit par le précédent séisme. Il est établi que les séismes importants modifient les contraintes à l'intérieur de la croûte terrestre ; ce phénomène est d’autant plus important que la magnitude est élevée. Les répliques sont la conséquence de cette modification des contraintes. Elles se produisent sur la faille où le séisme majeur a eu lieu, avec des mécanismes similaires, peu de temps après le choc principal et peuvent durer plusieurs mois. Cependant, il arrive que les modifications de contraintes déclenchent d'autres types de séismes, qui ne sont plus forcément sur le plan de faille principal et peuvent avoir des mécanismes différents. C’est le cas du séisme du 13 février. 

 

Ce séisme est suivi par une autre réplique de magnitude 5,3 le 14 février.

 

 

Le séisme du samedi 14 février 2001 a fait moins de victimes que les précédents séismes, bien qu'il ait provoqué des glissements de terrain facilités par la déforestations entrepris par des compagnies en dépit de la protestation de groupe environnementaux. L'épicentre du séisme se trouverait à 5 km de San Salvador.

Le pays vient de sortir de 12 ans de guerres civiles et cette nouvelle catastrophe naturelle frappe durement la population. 50% de la population du pays vit dans la pauvreté et 22% dans la pauvreté extrême. Le 17 février, on estime qu'un quart de la population est sans abri et le gouvernement en appelle à l'aide internationale. Le président Francisco Flores estime les dégâts à 3 milliards de dollars et en appelle à l'aide internationale. Il faut agir avant la saison des pluies au mois de mai. 

 

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