L'Auvergne

Généralités

 

L’Auvergne, région administrative française, est formée des départements de l’Allier, du Cantal, de la Haute-Loire et du Puy-de-Dôme ;

25988 km² .


Plus de 60% du territoire auvergnat, situé au coeur du Massif central, se trouve en zone montagneuse (1885 m au puy de Sancy). Humides et rudes en hiver, aujourd’hui faiblement peuplés, les hauts plateaux, souvent surmontés de massifs volcaniques (chaîne des Puys, mont Dore, Cantal, Velay) et les blocs cristallins soulevés (Margeride, Livradois, Forez), sont couverts de forêts et de pâturages. Ils s’opposent aux plaines, vallées et bassins, pays plus secs et plus fertiles, qui concentrent la majorité des habitants et des villes (limagnes de l’Allier, bassin du Puy et d’Aurillac). Château d’eau naturel, la région alimente les bassins de la Loire et de la Garonne. Terre d’émigration depuis le XIXe s., l’Auvergne connaît encore une légère décroissance de sa population, exception faite du département du Puy-de-Dôme.

L’agriculture reste importante (plus de 10% des actifs) ; dominée par l’élevage laitier et la production de fromages (Cantal, Saint-Nectaire, Bleu d'Auvergne, Fourme d'Ambert, Salers), elle s’appuie aussi sur la polyculture céréalière des plaines (spécialisation de la Limagne de Clermont dans les semences) ; les ressources en bois ont permis le développement d’industries de transformation, alors que les eaux minérales donnent lieu à d’importantes activités en aval (Vichy, Volvic).
La fabrication de pneus et les équipements automobiles arrivent en tête des branches industrielles devant la métallurgie, l’agroalimentaire, la pharmacie ; la coutellerie de Thiers assure 70% de la production nationale.
L’Auvergne dispose enfin d’un riche potentiel touristique, lié à la qualité de ses sites et à son patrimoine culturel.
La région souffre cependant d’importantes disparités, la basse Auvergne, au Nord (et surtout le pôle de Clermont-Ferrand), concentrant la plupart des activités dynamiques. Elle sort pourtant progressivement de son enclavement : autoroute Clermont-Lyon et autoroute Paris-Clermont-Saint-Flour (en cours de prolongement jusqu’à Montpellier) ; autoroute Bordeaux-Clermont-Lyon (prévue pour la fin de la décennie 90) et devrait ainsi valoriser sa position, au coeur du grand marché européen.

L’Auvergne est aussi l’ancienne province française correspondant aux départements du Cantal, du Puy-de-Dôme, à une partie de l’Allier, de l’Aveyron et de la Haute-Loire. Peuplée dès le paléolithique, la région doit son nom aux Arvernes, qui s’y installèrent vers le IIe s. av. J.-C. Elle fut un des centres de la résistance gauloise aux conquêtes romaines, avec Bituit et Vercingétorix (échec de J. César à Gergovie). Elle fut conquise par Clovis en 507, fit partie du duché d’Aquitaine et devint un comté en 979. En 1155, elle fut divisée en Dauphiné d’Auvergne (réuni à la Couronne en 1693) et en comté d’Auvergne, lui-même partagé en 1241 en Terre d’Auvergne (duché en 1360, réuni à la Couronne en 1531 par confiscation des biens du duc de Bourbon, coupable de trahison) et comté d’Auvergne, rattaché à la Couronne en 1610. Le comté épiscopal de Clermont retourna au domaine royal en 1557.

 

Réputée pour ses sources minérales (Volvic) et thermales, l’Auvergne, parcourue de rivières, sources et torrents, est parfois considérée comme le château d’eau de la France. Les qualités de ses eaux étaient connues des Romains ; il faudra attendre les XVIII et XIX° s. pour que les cures thermales soient remises à la mode. Chacune a sa spécialité :

  • les voies respiratoires et le lymphatisme pour La Bourboule,

  • les reins pour Saint-Nectaire,

  • l’asthme et les voies respiratoires pour le Mont-Dore.

Clermont-Ferrand
Clermont-Ferrand, métropole régionale de 300 000 habitants, dont 30 000 étudiants et 6 000 chercheurs, s’étire au pied de la chaîne des Puys. C’est la capitale de l’Auvergne par ses traditions historiques comme par son considérable développement industriel. Ses entreprises comptent parmi les leaders mondiaux du pneumatique (Michelin, entreprise remontant au XIX° s), de l’agro-alimentaire, de la pharmacie ou de la mécanique.
Deux millénaires d’histoire se lisent dans la pierre du centre ancien, construit sur une légère éminence (altitude 401 m contre 385 m à la gare), reste d’un cône volcanique. La butte a vu naître la cité au I° s., sous le nom de Nemossos, avant de devenir le Clairmont médiéval bâti d’arkose blonde. Le nom de Clermont (ou Clair-Mont) apparaît au VIII° s., il est d’abord réservé à la ville haute qui, au Moyen-Age, est la cité épiscopale entourée d’une enceinte particulière. Notre-Dame-du-Port illustre les chefs-d’oeuvre des temps romans (XI°-XII° s., chevet restauré au XIX° s ; la façade Ouest est précédée d’un porche du XVI° et surmontée d’un clocher carré du XIX°).
Ses flèches harponnant le ciel d’Auvergne, la Cathédrale Notre-Dame de l’Assomption, de style gothique, marque le début de l’utilisation de la lave de Volvic dans la construction. L’édifice fut commencé en 1248. Viollet-le-Duc fit remonter la façade, ajouter les 2 dernières travées de la nef et bâtir les deux belles flèches de lave qui, de très loin, annoncent Clermont. Des vitraux remarquables, du XII° au XV° s., parent l’intérieur de bleu violet et de rouge. Une horloge à Jacquemarts du XVI° s (mécanisme des XVII° - XVIII° s.), enlevée à la ville d’Issoire au cours des guerres de Religion, frappe les heures.
La Renaissance donnera des hôtels particuliers ornés de pinacles et sculptera les plus belles fontaines, comme celle d’Amboise : érigée en 1515 par Jacques d’Amboise, évêque de Clermont, c’est une très belle oeuvre de la Renaissance, taillée dans la lave de Volvic. Au fond des cours intérieures, on peut admirer là une ferronnerie remarquable, là un escalier du XVIII° s. Clermont, ville épiscopale, a pour rivale Montferrand, ville du comte, puis Riom, centre judiciaire. Mais elle finit par l’emporter : en 1630, Richelieu envisage le rattachement de Montferrand est à sa voisine ; la réunion est effective en 1731 : Clermont-Ferrand, contraction des 2 noms, est le seul témoignage de la dualité des 2 cités.
Avec le XX° s. sont nés les entrelacs de l’Art Nouveau, que l'on peut voir sur les façades et vitrines.
Clermont-Ferrand est aussi la cité de personnages plus ou moins célèbres :

  • Vercingétorix défiant les légions romaines à Gergovie,

  • Saint Austremoine qui fonde la 1° église d’Auvergne et convertit un grand nombre de païens,

  • Grégoire de Tours, le premier chroniqueur du Moyen-Age,

  • le pape Urbain II, qui y prêcha la 1° croisade au concile de 1095,

  • Blaise Pascal qui y naquit en 1623,

  • Catherine de Médicis qui se voulut Dame de Clermont, etc.

Le Parc Naturel Régional des Volcans d’Auvergne
 

Créé en 1977 sur les départements du Cantal et du Puy-de-Dôme, le Parc naturel régional des Volcans d’Auvergne constitue le plus vaste Parc naturel de France : 395 068 ha, 153 communes, 90 000 habitants.
Cet immense territoire vert, sculpté par les glaciers et le feu de la terre, est parsemé de lacs et de tourbières, troué de gorges et de cratères ; ses paysages sont une véritable leçon de géologie pour qui sait les regarder. Il comprend quatre massifs volcaniques édifiés sur plusieurs millions d’années (chaîne des Puys, Monts Dore, Cézallier et monts du Cantal) et un vieux plateau granitique, l’Artense.
 

Histoire géologique
Au tertiaire surgissent les chaînes des Alpes et des Pyrénées : le vaste plateau granitique qui recouvre alors l’Auvergne craque et se fend, le magma en fusion jaillit des fissures. Les volcans du Cantal (20 à 4 Ma) puis les monts Dore (20 Ma à 250 000 ans) entrent en activité, construisant par phases successives des volcans complexes. Troisième massif, la région du Cézallier (8 Ma à 100 000 ans) devient à son tour le siège de gigantesques épanchements de lave très fluide.
Les volcans sont en pleine activité lorsque survient, au quaternaire, une succession de périodes froides ; les régions les plus élevées se couvrent à plusieurs reprises de glaciers qui, rabotant les sommets, élargissant les vallées ou creusant de larges cuvettes, modèlent les paysages.
Enfin, entre 95 000 et 6 000 ans naît la chaîne des Puys.

Histoire des hommes
La présence des hommes est attestée dès la préhistoire. Mégalithes néolithiques, sanctuaires gallo-romains, nécropoles mérovingiennes, églises romanes ou villages médiévaux prouvent siècle après siècle leur attachement à la terre auvergnate. L’art roman s’est épanoui dans plus de 250 édifices, dont 5 incarnent la perfection : Saint-Austremoine d’Issoire, Notre-Dame-du-Port à Clermont, Notre-Dame d’Orcival, Saint-Nectaire et Saint-Saturnin.
Au XIX° siècle, l’ère industrielle et ses besoins en bois provoquent le grand déboisement des montagnes. Jusqu’au début de ce siècle, la population, très dense, pratique l’élevage et la culture du seigle, mais les deux guerres et l’exode rural vident les villages. L’agriculture se spécialise alors dans l’élevage, surtout bovin.
 

Elevage bovin
L’élevage bovin est la principale activité agricole. La salers, vache rouge aux élégantes cornes en forme de lyre, est la reine des montagnes auvergnates. Lorsque fleurissent les jonquilles, en mai, elles montent dans les estives, ces pâturages qui s’étendent au-dessus des 1200 m et, en octobre, redescendent dans les vallées. Le lait est transformé à 95% en fromages.
 

Faune et flore sauvages
La montagne de la Serre est un site privilégié pour l’observation ornithologique (= des oiseaux) : elle est survolée, à l’automne, par les rapaces diurnes, les cigognes blanches et noires, les grues cendrées ou les pigeons ramiers venus d’Europe du Nord et migrant vers les terres d’hivernage méridionales.
Les rapaces sont nombreux à survoler les volcans d’Auvergne : chouettes, moyen et grand duc, bus variable, bondrée apivore, faucon crécerelle et faucon pélerin, milan noir et milan royal.
La gentiane, plante aux grappes de fleurs jaune vif et aux grandes feuilles arrondies opposées, parsème l’été les grandes prairies d’altitude ; on prépare avec ses racines une liqueur amère réputée. A ne pas confondre avec le Veratrum album aux fleurs blanches et aux feuilles alternes, toxique. En été fleurissent aussi le lis martagon, la digitale, l’épilobe en épi.

Les monts Dômes

Ce secteur très hétérogène, au nord du parc, englobe trois zones entourant la chaîne des Puys, où se succèdent les plus jeunes volcans de France. Les moutons (race rava) entretiennent depuis des siècles les pelouses rases des versants.
1. La chaîne des Puys
La chaîne des Puys compte 85 volcans sur 35 km. Le « maître » de cette chaîne est le puy de Dôme (Dominus, 1465 m).
2. Les Combrailles
Ici, les paysages s’adoucissent en bocages et vallées. A Volvic, l’eau est captée sous les coulées de lave.
Des carrières de pierres volcaniques y furent exploitées dès le XIII° s.
3. Dômes ouest et Val de Sioule
En amont de Pontgibaud, la Sioule serpente dans une belle vallée à fond plat. Le plateau qui la borde est parsemé de villages, prairies et petits châteaux.
4. Auzon, Veyre et Monne
Au Sud-ouest de Clermont-Ferrant, ces trois rivières entaillent le plateau granitique en profondes vallées. Les gorges de la Monne, spectaculaires, découpent d’impressionnants chaos rocheux. On peut y admirer l’église romane et le château médiéval de Saint-Saturnin, le château classique de La Bâtisse.

Les Monts Dore

Le massif des monts Dore qui abritent le puy de Sancy (1885 m), est un stratovolcan né il y a près de 3 millions d’années, ce massif est formé d’un empilement de volcans. L’érosion glaciaire a ensuite entamé le massif de 4 vallées rayonnantes, dont la vallée de Chaudefour (Dominé par les crêtes du Sancy, ce cirque glaciaire, sculpté de ravins et d’aiguilles minérales, s’insère dans un décor spectaculaire. Les plantes rares (lis, saxifrages, anémones...) et la faune de la vallée (mouflon, chamois, faucon pélerin) sont protégées par une réserve naturelle.) et la vallée de la Couze Pavin (Couze = rivière)… et des coulées de lave qui tapissaient le fond de vallées sont aujourd’hui au sommet d’un plateau !
D’autres éruptions ont ensuite eu lieu :
Dans la vallée de Chaudefour, l’éruption du Tartaret (un cône de basalte) a barré la couze Chambon, créant un lac aux formes sinueuses, profond de 5 m en moyenne : le lac Chambon. De même le lac de Guéry, le plus élevé d’Auvergne (1 247 m), est né du barrage créé par une coulée volcanique.

Dans la Couze Pavin se trouve un lac circulaire, profond (92 m), aux eaux transparentes couleur émeraude, le lac Pavin. Ce n’est que depuis 1916 que les scientifiques sont d’accord sur sa formation : ce lac est un maar = un cratère d’explosion qui s’est formé il y a environ 7000 ans (d’après un guide sur le lac Pavin édité par l’ONF). Le magma, très riche en gaz et d’une température d’environ 800 à 900 °C a rencontré une nappe d’eau souterraine. Ce contact entraîne la création d’un volume important de vapeur d’eau : grosse explosion qui découpe le socle formé de granites, de roches métamorphiques et d’anciennes coulées de basalte. Des blocs de taille importante (> 2 m3) sont projetés autour du cratère. Des cendres sont disséminées. Ce maar est le plus jeune volcan de l’hexagone.

Le Cézallier

Hauts plateaux dénudés, dépressions occupées par des lacs et des tourbières, cet immense bouclier de basalte provenant d'anciennes coulées (plus de 400 km2) est recouvert à l’infini de verts pâturages, royaume de l’estive.
Dans ses tourbières, des végétaux non décomposés se sont accumulés depuis des millénaires.

Les Monts du Cantal

Le massif du Cantal, avec le Plomb du Cantal (1855 m) constitué de basalte et arrondi par l’érosion, est un stratovolcan composé d’une zone centrale de crêtes et d’une douzaine de grandes vallées glaciaires rayonnantes ; leur fond plat est bocagé, les versants ont conservé de belles forêts de hêtres, qui alternent avec des plateaux élevés, les planèzes (= plateau basaltique faiblement incliné) , occupés par des estives à perte de vue. Ce massif, le plus grand appareil volcanique de France (70 km de diamètre), a été édifié il y a 13 à 2,8 millions d'années.

L’Artense

Entre Monts Dore et Cantal s’étale ce vieux plateau granitique tourmenté, creusé de gorges par les glaciers. C’est un pays vert, tout en creux et bosses. Les pâturages, parsemés de rochers, alternent avec de vastes forêts de hêtres et de conifères. Sur les versants, les landes à genêts trahissent l’abandon des culture. De nombreuses tourbières recouvrent les bas-fonds.

Le Puy-en-Velay

Le bassin du Puy
Le bassin du Puy est une dépression pittoresque et fertile (viticulture et arboriculture) que dominent des pitons volcaniques.
Le bassin du Puy doit sa formation première à l’effondrement du plateau vellave, en contrecoup du plissement alpin, à l’ère tertiaire. Puis des sédiments arrachés aux hauteurs environnantes comblent en partie le bassin où la Loire s’enfonce en gorge. A la fin du tertiaire, une série d’éruptions volcaniques bouleverse la région ; le lit de la Loire se trouve déporté à l’Est.
Au quaternaire, l’érosion reprend son travail, laissant en saillie des récifs volcaniques plus résistants : des tables basaltiques, restes de coulées (rocher de Polignac), des cheminées de volcans (rocher St-Michel, piton d’Espaly, piton de l’Arbousset), des parties de cônes éruptifs (rocher Corneille, rocher de Ceyssac, volcan de Denise). Les coulées, en se refroidissant, ont donné naissance à des assemblages de colonnes prismatiques (orgues d’Espaly). C’est à ces phénomènes volcaniques que le bassin doit l’originalité de sa physionomie.
Le bassin est fermé de tout côté, à part les 2 coupures pratiquées par la Loire. Celle du Sud, ouverte dans les argiles et les marnes, est plus large ; celle du Nord, dans une barrière granitique, est étroite.
 

La ville du Puy
Le Puy-en-Velay (Le Puy jusqu’en 1988), est le chef-lieu du département de la Haute-Loire ; ses 23 000 habitants sont appelés les Ponots. Noyau d’une agglomération de 50 000 habitants, centre administratif du bassin du Puy, la ville possède quelques industries (constructions mécaniques, papeteries, distilleries) et vit également du tourisme (plus de 600 000 visiteurs par an).

Après la mort du Christ, ses disciples partirent évangéliser le monde connu de cette époque. Pour la péninsule ibérique, la mission fut confiée à Jacques le Majeur. Sa sépulture fut découverte vers l’an 800 en Galice et à la fin du siècle suivant, puis à la faveur de la reconquête des territoire sur les Musulmans, s’est développé le pèlerinage à Compostelle. Identifiables au bourdon de pèlerin (bâton de marche) et à la coquille qu’ils portaient, les pèlerins de St-Jacques faisaient acte de piété ou de pénitence. Sur le chemins, ils s’arrêtaient sur des lieux de vénération de reliques d’autres saints. Quatre routes principales conduisaient les chrétiens vers l’Espagne : l’une partait du Puy, depuis que Godescalc, évêque de cette ville et l’un des premiers pèlerins en 951, avait promu la marche vers Compostelle. Le même prélat avait aussi développé la dévotion à la Vierge noire (statue dans la cathédrale, offerte par Saint-Louis au retour de la 7° croisade) et fait du Puy-en-Velay un haut lieu de culte.

La cathédrale romane et son cloître au nord, couronnent l’énorme rocher basaltique, le mont Anis, sur les pentes duquel s’est installé la ville du Puy. Ce rocher, occupé dès l’époque gallo-romaine, devient lieu de dévotion à la Vierge au IV° s. : la Vierge était apparue près d’un dolmen dont la table volcanique est appelée depuis Pierre des Fièvres pour rappeler les guérisons miraculeuses. Après une nouvelle apparition, une première église fut construite vers 430 sur le lieu indiqué par la vierge, à l’emplacement d’un sanctuaire druidique. Le Puy devient siège de l’évêché au VII° s. Aux XI° et XII° s., l’église est agrandie pour accueillir des pèlerins de plus en plus nombreux. Le cloître lui est alors accolé. Installé au coeur de la cité épiscopale, il est réservé aux chanoines séculiers de la cathédrale qui se réunissent dans la salle du chapitre et constituent le conseil de l’évêque. Entre le XIV° et le XVIII° s., l’édifice subit diverses restaurations. De 1842 à 1853, l’architecte Mallay procède à de très importants travaux de démontage, reconstruction, restitution des décors romans, continué par Mimey jusqu’au début du XX° s.

Le rocher Corneille, reste de cône appartenant, sans doute, au volcan dont le rocher St-Michel représente la cheminée, est surmonté d’une colossale statue de N.-D.-de-France. Le 8 septembre 1855, jour de la fête de la nativité de la Vierge, le général Pélissier est vainqueur durant la guerre de Crimée au siège de Sébastopol. En signe de gratitude, il conseille à l’évêque Mgr de Morlhon de solliciter auprès de l’empereur Napoléon III quelques uns des canons pris à l’ennemi pour construire la statue que le diocèse du Puy souhaite dédier à N-D de France. La statue, réalisée à partir des 213 canons de Sébastopol, est inaugurée le 12 septembre 1860 devant 120 000 pèlerins. Elle mesure 16 m pour un poids de 100 t + 6,70 m de piédestal en pierre 680 t) recouvert de fer (45 t).

Le rocher d’Aiguilhe, improprement appelé dyke, est en réalité une cheminée de volcan déchaussée par l’érosion ; cette gigantesque aiguille de lave s’élève à 80 m au-dessus du sol. La chapelle Saint-Michel construite au sommet date du X° s ; elle remplaça probablement un temple dédié à Mercure. Son plan, très irrégulier, épouse les contours du rocher.

La renommée de la cité ponote est également liée à la dentelle à la main fabriquée depuis des siècles, à la lentille verte (A.O.C. produite sur une centaine de communes du bassin du Puy-en-Velay), à la Verveine du Velay, liqueur digestive célèbre depuis le XIX° s.