La catastrophe du Nevado del Ruiz

Origine des informations - sites à consulter pour voir des illustrations :

prevention2000 aei-saumur brookes.ac.uk ngdc.noaa.gov

 

L’éruption du Nevado del Ruiz fait partie des plus grandes catastrophes volcaniques du XX° siècle.

 

Localisation

En Colombie

à 40 km d’Armero, à 100 km à l’ouest de Bogota

zone de culture (café, coton, cane à sucre).

Altitude du volcan

5389 m

Première phase éruptive

Il y a 1-0.5 million d’années

Eruptions historiques

12 mars 1593 (636 morts),

19 février 1845 (2.000 morts)

Nombre d’éruption au XX° siècle

3

Dernière éruption

13 novembre 1985 (22.000 à 27.000 morts, surtout dans Armero)

 

Ce qu'on observe avant l'éruption de 1985

  • Augmentation de l’activité sismique

  • Des fumerolles = émission de vapeur (de couleur jaune pour ce volcan)

  • Augmentation de la chaleur autour du cratère

  • Dépôt de soufre sur les glaciers du sommet

11 septembre : les explosions projettent des blocs de pierre à 2 km et une pluie de cendres sur les régions avoisinantes (30 km).

 

Une station d’observation volcanologique a été installée à Manizales en juillet 1985. Un groupe de géologues publie ses prévisions. Le risque d'une éruption majeure est évalué à 67 %, le scénario de la catastrophe est décrit dans toutes ses phases – les experts ont seulement sous-estimé la vitesse du flot qui sera libéré par la fonte des neiges.

Ce rapport alarmiste devrait inciter les autorités à faire évacuer la population : aucune mesure n'est prise en ce sens. Lenteur administrative ? Crainte d'affoler, peut-être vainement, la population ? Hantise du coût que nécessiterait une telle opération ? On ne peut pas voir le volcan depuis la ville : difficile de sensibiliser sur un danger invisible et sur un phénomène naturel (lahars) mal connu à l'époque…

 

 

Le 13 novembre 1985

  • 15 h 05 Une première explosion produit des cendres pendant 14 min. Les cendres sont dispersées par le vent en direction Nord - Nord Est.

  • 16 h 00 Le directeur de la protection civile du département est alerté et réunit les responsables régionaux mais le gouverneur et le commandant de la police sont absents.

  • 17 h 00 Les cendres commencent à tomber, comme une pluie boueuse, sur la ville d’Armero.

  • 20 h 00 Un message d'évacuation est transmis par les radios mais peu de gens l'entendent : un match de football passe au même moment à la télévision !

  • 21 h 00 Un prêtre et un professeur, se basant sur des informations fausses en provenance de la capitale, rassurent la population et conseillent aux habitants de rester calmement chez eux, de s'appliquer un mouchoir sur le nez.

  • 21 h 08 Grosse explosion. Les flancs du volcan sont, dans leur partie supérieure, recouverts d'une épaisse couche de neige et de glace. En quelques minutes, sous l'effet de la chaleur dégagée par l'éruption, 8 à 10 % de la neige fond, soit 4 km3. Un fleuve incontrôlable, composé de boue et de cendre mêlées., dévale les flancs escarpés du volcan à près de 80 km / h, bientôt guidé par le lit de la rivière Langunifia. Emportant tout sur son passage, fragments de glace, bouts de bois et dépôts divers, cette coulée (lahar) dévale vers Armero en grossissant dangereusement. Son chemin est tout tracé : c'est exactement le même que celui de la précédente éruption, (8 février 1845).

  • 21 h 45 à 23 h 00 Le maire reçoit un appel d'un village proche du cratère lui confirmant l'éruption. Il ordonne aux pompiers d'évacuer les habitants vivant au bord de la rivière.

  • 23 h 30 à 01 h 00 Trop tard ! le torrent de boue déferle sur la ville… Les lahars vont aller jusqu’à 104 km du volcan en 4 heures, la profondeur de ces coulées de boue atteint 30 m par endroit !

 

Après l'éruption

  • La ville d’Armero est enterrée sous 4 m de boue acide.

  • Les gaz produits pendant l’éruption rendent les pluies acides. Conséquences : l’eau, les récoltes, le bétail sont contaminés ; l’acidité irrite la peau des survivants et provoque des problèmes respiratoires ; les machines sont abîmées. En 1986, le volcan produisait quotidiennement 1200 t d’acide sulfurique (polluant pour les écosystèmes aquatiques), + 3 à 10 t d’acide chlorhydrique (polluant pour les cultures). 

  • Les cendres, tombées entre 4 et 10 km du cratère, pèsent lourd sur les toits… la finesse des cendres provoque des pannes de machines, des problèmes respiratoires ; les récoltes ont été perdues, les pâturages détruits, donc le bétail survivant meurt de faim, d’où risques de famine pour les survivants.