Le genre Acer : les Erables

Rosales - Aceracées

I. La famille : les acéracées

Cette famille comprend 150 à 200 espèces d’Acer + 2 espèces de Dipteronia dispersées sur l’hémisphère boréal (sauf A. nigrum et A. niveum) ; une douzaine d’espèces sont européennes.
Les acéracées sont des arbres ou des arbustes à feuilles opposées généralement caduques. Sauf Acer negundo, à feuilles composées, les acéracées portent des feuilles simples. Les fruits sont des disamares (« hélicoptères »).

II. Le genre Acer : les érables

Le genre Acer comprend des arbres à feuilles caduques lobées (ou composées) et bourgeons opposés. Les fleurs sont en grappes ou en corymbes, les fruits sont en disamares. Les racines sont semi-traçantes.
Les érables redoutent en général les sols acides et la pollution. Ils acceptent en général la taille. Ils ont de nombreux ravageurs : chenilles, pucerons, cochenilles...
On utilise les érables en phytothérapie : Décoction de branches + feuilles dans un bain contre la fièvre, les refroidissements, Feuilles sur les boutons d’insectes, pour les pieds ou les yeux fatigués.
La plupart des espèces d'érables sont originaires d'extrême-orient, principalement de Chine.

III. Les érables européens

1- Acer campestre L. : Petit érable, acéraille, érable champêtre
(en allemand : Feld-ahorn)
En moyenne haut de 12 m (jusqu’à 20 m), son houppier ovoïde compact densément ramifié, de croissance lente, cet arbre vit 1-2 siècle.
Ecorce brun jaunâtre assez épaisse, très fendillée, assez écailleuse.
Ramification opposée, jeunes rameaux fins, un peu pubescents, à suc laiteux ; rameaux plus âgés souvent à fortes crêtes liégeuses.
Petits bourgeons ovoïdes pointus, les latéraux sont appliqués.
Petites feuilles caduques (5 cm), 3-5 lobes inégaux arrondis, jaune vif en automne.
Fleurs (mai, à la foliaison) hermaphrodites, verdâtres, en grappes dressées en bout de rameau.
Samares groupées par 2, ailes de 3 cm opposées et en prolongement l’une de l’autre (sept-oct)
Essence forestière commune sauf dans le Midi et au-dessus de 700 m, souvent associée au chêne, charme, hêtre, sur les sols calcaires (ne tolère pas les sols acides). Rejette vigoureusement de souche, supporte très bien la taille (utilisé en haies).
Bois blanc lustré, souvent un peu rougeâtre, lourd, dur, très homogène, densité 0,59-0,81, facile à travailler, se polit bien, peu durable, utilisé pour faire des manches d’outils, pour la menuiserie et la lutherie. Excellent combustible.
Fleurs très nectarifères, donnant un excellent miel.
cv ‘Variegatum’, ‘Compacta’. Peut s’hybrider avec A. monspessulanum.

2- Acer monspessulanum L. : l’érable de Montpellier
Spontané dans différentes régions de France et d’Europe, cet érable de 10 à 15 m de haut, poussant lentement, se reconnaît à ses petites feuilles qui persistent très tard sur l’arbre, à 3 lobes nettement formés. Le limbe coriace est vert dessus, blanchâtre dessous. Les fleurs, petites également, sont en corymbes sessiles ; les samares montrent de petites ailes convergentes.
Peu exigeant sur la qualité du sol, il accepte les terrains les plus secs. Son bois lourd, dur est utilisé en menuiserie ; c’est aussi un bon combustible.

3- Acer neapolitanum Terr.
Cet arbre nous est arrivé d’Italie en 1825. Haut de 10 à 15 m, il se forme régulièrement en tête arrondie compacte. Il est peu exigeant sur la nature du sol. On le plantera tous les 6 m.

4- Acer opalus Ait. : érable à feuille d’obier
Commun en France, disséminée dans les bois dans les Alpes, Pyrénées, Jura, il remplace A. pseudoplatanus vers le sud de la France. Il mesure 10-15 m. Son tronc à écorce lisse quand il est jeune, devient fortement gerçurée et écailleuse. Les bourgeons sont fusiformes, les feuilles un peu plus petites que celles d’A. pseudoplatanus, avec des échancrures arrondies, 5-7 lobes larges. Les fleurs blanc verdâtre en corymbes sessiles apparaissent avant la feuillaison. Le bois rose ou rougeâtre est utilisé en menuiserie, charronnage, c'est un bon combustible.

5- Acer platanoides L. : l’érable plane
D : Spitzahorn

Quand on parle d’érable sans préciser, c’est généralement à lui que l’on fait référence. On l’appelle aussi plaine, iseron, main découpée...

Cet arbre européen a été introduit en France en 1683.
Ce grand arbre de 20 à 30 m de haut, à la cime ovale régulière, se reconnaît à son écorce brun-gris, assez finement fissurée longitudinalement, qui ne s’écaille jamais. Les bourgeons, rougeâtres, sont appliqués sur le rameau. Les grandes feuilles (16-18 cm de large) montrent des pointes acérées et des sinus arrondis très ouverts ; autre caractéristique, un épais latex s’écoule quand on coupe une feuille.
Au moment de la foliaison apparaissent les fleurs jaunâtres, en corymbes dressés. Elles sont très nectarifères, permettant de faire un miel de bonne qualité. Les fruits se reconnaissent à leurs deux ailes presque dans le prolongement l’une de l’autre.

Le bois, blanc ou blanc rougeâtre, au grain fin, est facile à travailler et à polir ; il est plus sensible à la vermoulure que celui du sycomore ; il sert en lutherie, tournerie, marqueterie, sculpture sur bois, boissellerie...
L’érable plane pousse rapidement en tout sol, il supporte sécheresse et calcaire, tailles et élagages.
Les cultivars sont légion : ‘Columnare’ en colonne, ‘Globosum’ formant une boule greffée à la hauteur voulue, ‘Drummondii’ aux feuilles panachées de blanc, ‘Reitenbachii’ apparu en 1874, aux feuilles rougeâtres au printemps, vert sombre en été, rouge foncé en automne, ‘Schwedleri’ aux feuilles rouge vif, puis vert bronze, enfin rouge orangé, ‘Schwedleri nigra’ ou ‘Crimson King’ aux feuilles rouge foncé presque noires, ‘Royal red’ aux feuilles pourpre rougeâtre, ‘Summer shade’ aux feuilles vert foncé...

 

6- Acer pseudoplatanus L. = Sycomore
D : Bergahorn
Aussi appelé faux platane, grand érable, érable de montagne, érable blanc...

Plutôt montagnard (jusqu’à 1500 m), on rencontre le sycomore en compagnie du hêtre et du sapin en Europe et dans l’ouest de l’Asie.
Haut de 20 à 30 m, il peut vivre 300 ans, 500 ans et plus. On le distingue du plane à son écorce qui s’écaille quand il est adulte, à ses bourgeons vert jaune dressés, à l’absence de latex, à ses feuilles aux échancrures aiguës, à ses grappes de fleurs verdâtres puis de disamares à ailes très convergentes.

Assez résistant à la sécheresse, au calcaire, à la pollution et aux embruns, il supporte mal la taille. Il se plait dans les sols meubles non acides.
Parmi les cultivars, notons ‘Purpurescens’ dont le revers des feuilles est pourpre violacé, ‘Atropurpurea’ aux feuilles vert sombre à reflets violet pourpre, et ‘Leopoldii’ à feuilles panachées (mais on observe un retour au type après quelques années).

 

7- Acer velutinum
Cet arbre étalé aux grandes feuilles lobées semblables à celles du sycomore est très rustique. Avec ses 36 m de hauteur, cette espèce originaire de la région Caspienne en Iran et du Caucase est une des plus hautes espèces à l'état naturel. Il atteint seulement 18 m en culture.

IV. Les érables asiatiques

1- Acer buergerianum = A. trifidum
C’est un arbre chinois. Ses feuilles claires persistent tard en automne, avec des tâches rouges contrastant sur le fond vert vif ou jaunâtre. Cette espèce est traditionnellement cultivée en bonsaï.

2- Acer capillipes
Cet arbre japonais à feuillage caduc, à port étalé, porte des feuilles lobées vert vif, rouge et orange brillants en automne. Les branches âgées sont striées de bandes vertes et blanches.

3-  Acer crataegifolium
Ce petit arbre (H 10 m) à branches arquées, striées de vert et blanc et feuilles caduques petites ovales vert clair, oranges en automne, rustique, est originaire du Japon.
Il a un cultivar : ‘Veitchii’

4- Acer davidii
Arbre à branches dressées rayées de vert et blanc, feuilles caduques ovales non lobées luisantes vert foncé, devenant jaune ou orange en automne, c'est un érable chinois qui pousse rapidement jusqu'à 6-8 m. Il est rustique.
On compte de nombreuses sous espèces et cultivars.

5- Acer griseum
Montagnes de Chine centrale
H 5 m, croissance lente
feuille trilobée vert moyen, belles couleurs en automne
écorce s’exfolie en vieillissant, laissant apparaître la sous-écorce brun cannelle
soleil, sol calcaire

6- Acer grosseri
Japon
voisin d’A. pensylvanicum
écorce jaspée
feuillage virant au rouge et jaune en automne

7- Acer japonicum Thunb. : érable du Japon
H 10 m
feuilles caduques lobées vertes, rouges en automne
corymbes de petites fleurs pourpre rougeâtre à mi-printemps
rustique, abriter des vents violents
sol frais ou humide, bien drainé
feuilles à plus belles couleurs dans les sols acides ou neutres
cv ‘Aconitifolium’, ‘Vitifolium’, ‘Aureum’

8- Acer nikoense
Japon, Chine
H 10 m
feuilles caduques à 3 folioles vert bleuté, orange ou rouge en automne
fleurs jaunes en avril
sol acide
croissance lente

9- Acer palmatum Thunb. = A. polymorphum Sieb et Zucc : Erable du Japon = Erable palmé
D : Fächerahorn
Japon, Chine, Corée
remarqué par Thunberg à la fin du XVIII°, en Europe en 1820
H 6 m ou plus
rameaux étalés
feuilles caduques palmées à lobes profonds, vert clair, orange jaune ou rouge éclatant en automne
mi printemps, corymbes de petites fleurs pourpre rougeâtre
rustique
endroit protégé des vents froids
sol humide et bien drainé, acide ou neutre pour une belle coloration des feuilles
nombreux cv.

V. Les érables américains

1- Acer circinatum
Originaire de l'ouest du continent nord-américain, cet arbre à feuillage touffu, caduc, à port étalé, haut de 8 m environ, porte des feuilles arrondies à 7-9 lobes, vertes, orange et rouge éclatant à l’automne, et des grappes de petites fleurs pourpres et blanches au printemps.
Il est rustique.

2- Acer eriocarpum Mich.
Amérique septentrionale
Introduit en France en 1725
H 12-15 m
Distance de plantation 6-7 m
multiplication semis - greffe
bon sol assez frais

3- Acer macrophyllum Pursch. : Erable à larges feuilles
Ouest des USA
Introduction en France en 1826
H 15-20 m
feuilles caduques très grandes, 3 à 5 lobes, oranges en automne
moins rustique que le sycomore, végétation capricieuse, demande un sol léger, sain et frais
distance de plantation 7 m

4- Acer negundo L. : l’érable négondo = érable à feuilles de frêne
D : Eschen-ahorn
Cet érable américain croît au bord des cours d’eau et dans les plaines alluviales de la Nouvelle-Ecosse, du Manitoba et de l’Alberta à la Floride, au Texas et à la Californie. Il a été introduit en Europe en 1688.
Il atteint rapidement 15-20 m de haut, mais ne vit guère plus d’un siècle. La cime est irrégulière, le tronc court est souvent envahi par de nombreux rejets qui croissent sur les broussins. L’écorce grise devient plus foncée et craquelée avec l’âge. Les jeunes rameaux, grêles et droits, sont verts la première année. Exception pour un érable, ses feuilles sont composées de 3 à 5 folioles, jusqu’à 7 à 9 sur les jeunes pousses vigoureuses. Ces folioles sont lancéolées et longuement acuminées, celles de la base sont portées par un court pétiolule de 1-2 cm et celles du sommet sont presque sessile. Autre exception pour un érable, il est dioïque : les fleurs mâles sont en corymbes sessiles érigés, les fleurs femelles sont en longs et fins racèmes pendants. C’est en voyant les disamares qu’on reconnaît qu’il s’agit bien d’un érable.
Il prospère dans les sols les plus médiocres, il résiste à la pollution, et il se multiplie aisément par semis et par bouture. Il est fréquemment planté le long des routes. On trouve particulièrement souvent son cultivar panaché de blanc, ‘Argenteo-marginatum’, opposé à des Prunus pissardii ‘nigra’. Mais comme pour la plupart des arbres panachés, on doit supprimer les branches qui retournent au type. A Paris, on plante ce cultivar depuis les années 1970.
Autre cultivar : ‘violaceum’ a des branches pourprées et des grappes de fleurs rose pourpre.

5- Acer nigrum Michx
Amérique du Nord
H 30-35 m
écorce noirâtre profondément gerçurée
feuilles caduques simples opposées, 3-5 lobes, velues en dessous
sa sève fournit un sucre excellent

6- Acer pensylvanicum : Erable jaspé
écorce jaspée : vert olive veinée de blanc
H dépasse rarement 7,5 m
feuilles grandes vert clair, le plus souvent trilobé
cv ‘Erythrocladum’ : 10 m, jeunes rameaux rouges en hiver

7- Acer rubrum Michaux : Plaine rouge, érable de Virginie, Erable des Marais, Erable d’eau
Cet américain est arrivé en France en 1656. Arbre de 20 m environ à l’écorce blanchâtre relativement lisse, il est apprécié pour ses feuilles à 3 ou 5 lobes, rouges quand elles apparaissent, qui deviennent vert clair, puis virent au rouge en automne. Les fleurs, puis les petites samares, sont également rouges.
Il aime particulièrement les terrains humides, mais pousse aussi en tout sol léger et frais.
Parmi ses cultivars, ‘Columnare’ forme une colonne, ‘October glory’et ‘Red sunset’ ont des feuilles d’un rouge particulièrement intense en automne.

8- Acer saccharinum L. = A. dasycarpum Ehrh : l’érable argenté = Plaine blanche
D : Silber Ahorn
Cet arbre canadien de 25 m de haut, à l’écorce écailleuse, est planté pour ses feuilles profondément lobées, à la face inférieure argentées. Le cultivar ‘Wieri’ = ‘Laciniatum’ a un feuillage particulièrement découpé.
Il est malheureusement souvent attaqué par des parasites.

9- Acer saccharum Marsh : l’érable à sucre
D : Zucker ahorn
Très cultivé au Canada : bois lourd, dur, pour ébénistes, menuisiers, chauffage ; sève récoltée de novembre à juin pour sirop, sucre, vinaigre
H 30-35 m
écorce grise
feuilles caduques simples à 3-5 lobes, oranges en automne, emblème du Canada
fleurs jaune verdâtre en corymbes
croissance rapide
tous sols sauf calcaires
cv ‘Green mountain’ : cime ovale, h 20 m, très rustique, grandes feuilles à 5 lobes, vert vif, rouge éclatant en automne.