Les maladies transmises de l'animal à l'homme : L'échinococcose

L'échinococcose est une maladie rare mais qui peut être grave. Elle peut engager le pronostic vital. Cette maladie nécessite la plupart du temps un traitement à vie ainsi qu’un suivi médical régulier qui sont autant de contraintes pour le patient.

 

Agent

 
Echinococcus granulosus
(ver plat du chien) provoque l’échinococcose hydatique se développant dans divers organes. Le traitement est chirurgical.
E. multilocularis provoque l’échinococcose alvéolaire, plus grave. Envahissement du foie et absence de traitement médical. A l’état adulte, le parasite infeste le renard, le chien et le chat. Cet agent parasite à l’état adulte certains carnivores, le renard et le chien en particulier. La larve du taenia se développe dans le foie de l’homme.

 

Réservoir

 
Il est représenté en France métropolitaine par les renards et les chiens, essentiellement. Mais le cycle évolutif du parasite passe par différents autres animaux, dont les rongeurs, qui sont donc des hôtes intermédiaires.

 

Mode de contamination

 
L’homme peut se contaminer en ingérant des œufs du parasite. Ces œufs existent dans les excréments des carnivores. On les retrouve sur les végétaux et baies sauvages accessibles aux renards et aux chiens et souillés par leurs déjections. Les œufs du taenia sont détruits par la cuisson. Contamination en ingérant des fruits sauvages, des champignons ou des pissenlits souillés, en se faisant lécher par un chien ou par simple contact avec le pelage, en manipulant un cadavre de renard.
Evolution sur plusieurs années.

 

Répartition géographique
  

Les zones d’endémie) connues en France métropolitaine sont le Massif Central et la Franche Comté. Cependant, on retrouve des cas sur tout le territoire.

 

Symptômes

 

Il s’écoule en général plusieurs années entre l’infestation et les premières manifestations cliniques. La larve se développe lentement dans le foie, et est à l’origine d’une pseudo-tumeur, longtemps asymptomatique. La plupart du temps, cette hépatomégalie  est découverte soit fortuitement, soit à l’occasion de signes tels que la fièvre, la douleur, des troubles digestifs, ou encore lors de complications.

 

Diagnostic

 

L’échographie abdominale, le scanner ou l’IRM retrouvent une hépatomégalie avec des images kystiques très évocatrices. Le diagnostic est confirmé par des sérologies).

 

Traitement

 
L’intervention chirurgicale est envisagée lorsque la taille et la situation des lésions le permettent, afin d’espérer une ablation totale du tissu parasitaire. Ce traitement chirurgical s’associe toujours à un traitement médical antiparasitaire prolongé. Dans certains cas, une transplantation hépatique peut être discutée, mais nécessitant un traitement antirejet qui lui même pourra favoriser le développement de lésions parasitaires résiduelles.
Lorsque le traitement chirurgical ne peut être envisagé, un traitement médical antiparasitaire est prescrit. Il empêche le développement du parasite, mais ne le tue pas, ce qui implique la nécessité d’un traitement à vie le plus souvent.

 

Prévention

 
Dans les zones connues de transmission, il faut éviter de consommer des baies sauvages, porter des gants pour les travaux en plein air et se laver les mains après ces travaux ou après avoir toiletté son animal de compagnie, cuire les aliments provenant des champs, des forêts ou des jardins potentiellement accessibles aux renards.

Renard et échinococcose nordnature Dans un article intitulé" Faut-il avoir peur des renards ? " paru dans l’édition régionale du samedi 5 janvier 2002, la Voix du Nord présente les relations entre l’homme, le renard et le parasite responsable de l’échinococcose alvéolaire. Compte tenu des nombreux échos qui nous sont parvenus, cet article a eu pour seul effet de créer une psychose vis à vis du renard sans donner au lecteur les informations indispensables pour se préserver de cette parasitose grave puisque mortelle. C’est la raison pour laquelle la Fédération Nord Nature apporte les compléments d’information suivants sous la forme questions – réponses.

Qu’est-ce que l’échinococcose alvéolaire ?
L’échinococcose alvéolaire est une des nombreuses parasitoses humaines. Elle est provoquée par un petit ver parasite de 3 à 6 mm, Echinococcus multilocularis, hébergé à l’état adulte dans l’intestin des renards, des chiens et des chats. Chez ces hôtes dits " définitifs ", le parasite, sous sa forme adulte, perd régulièrement son dernier anneau (segment ovigère) bourré d’ " œufs " (embryophores) qui est évacué dans les crottes. La dégradation du segment ovigère dans le milieu extérieur libère les œufs, dispersés autour du point d’émission, essentiellement par les eaux de ruissellement et les insectes coprophages. Ces œufs, très résistants, souillent les végétaux consommés par des rongeurs herbivores, le plus souvent, le Campagnol terrestre ; le Rat musqué pourrait être éventuellement un autre hôte possible. Ces hôtes " intermédiaires " hébergent la forme larvaire du parasite qui envahit progressivement le foie et entraîne leur mort en quelques mois. Les hôtes intermédiaires malades sont des proies faciles pour le renard, le chien ou le chat qui se contaminent en les ingérant.

Quelle est la place de l’homme dans ce cycle ?
Il est, comme le campagnol, un hôte intermédiaire mais accidentel. Chez lui , la larve met plusieurs années à envahir le foie et l’issue peut être fatale.

Quelles sont les modalités de contamination ?
Elle peut se faire indirectement ou directement.
La contamination indirecte se déroule comme chez le campagnol par contact avec le sol souillé ou la consommation de végétaux crus souillés par les oeufs. Ceux-ci appartiennent au cortège des plantes sauvages et cultivées qui poussent sur les terrains auxquels les carnivores infestés ont accès : fruits sauvages de plantes basses (myrtilles, fraises des bois), salades, fraises. Compte tenu de leur taille (35 à 40 µm), les œufs ne sont pas décelables par examen visuel et seule la cuisson permet de les détruire, les antiseptiques et la congélation étant inefficaces. Il y a donc un risque de contamination par des légumes provenant des cultures maraîchères des zones d’endémie ; ce qui signifie que les citadins ne sont pas à l’abri.

La contamination directe se réalise par contact avec le carnivore hôte définitif du parasite et on peut qualifier cette parasitose de " contagieuse ". Les renards, les chiens et les chats parasités, en se léchant l’anus, chargent leur langue d’œufs qu’ils répandent sur leur pelage en se " toilettant ". L’homme se contamine en touchant ces animaux et en portant ensuite, sans les laver, les mains à la bouche. Dans ce cadre, il est évident que le risque réel pour la population ne vient pas du renard qui n’est généralement manipulé que par des personnes parfaitement informées des risques (vétérinaires, chasseurs, piégeurs, forestiers), s’entourant de toutes les précautions indispensables. Le risque réel vient des chiens et des chats parasités et repose sur leurs rapports affectifs avec l’homme : caresses, léchage des plats et des assiettes, admission dans les terrains de jeux pour enfants. La contamination par cette voie est d’autant plus insidieuse que le chien et le chat ne sont pas affectés par le parasite.

Quelle est la situation dans le Nord – Pas-de-Calais ?
Il n’y a pas, à notre connaissance, de cas d’échinococcose alvéolaire autochtone dans le Nord – Pas-de-Calais. Cette parasitose touche principalement les régions proches de la frontière suisse et allemande ; elle manifeste cependant une tendance à s’étendre vers l’ouest comme le montre son extension au Massif Central.

Quelles sont les mesures prophylactiques à prendre ?
Les mesures de surveillance sont du ressort des professionnels de la santé humaine et animale et des pouvoirs publics. La recherche régulière de la présence éventuelle du parasite sur les trop nombreux renards tués par les chasseurs et les piégeurs est indispensable.
Tant que la présence de la maladie n’est pas avérée dans notre région, il n’y a pas lieu de prendre de précautions individuelles particulières. En revanche, nous ne pouvons que conseiller la plus extrême vigilance aux personnes séjournant dans les zones d’endémie : Haute Savoie, Jura, Doubs, Haute-Saône, Vosges, Haut-Rhin, Bas-Rhin, Meurthe et Moselle, Creuse, Puy de Dôme et Cantal. Si elles sont accompagnées de leur chien ou de leur chat et si ces derniers ont pu chasser des rongeurs susceptibles d’être parasités, il serait sage de procéder, au retour, à un déparasitage interne et de détruire les fèces à la flamme comme le préconise la fiche technique n° 18 de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, publiée en 1984 à propos de cette parasitose. Il faut ici préciser, qu’après contamination du chien ou du chat par ingestion de campagnols, les vers deviennent adultes au bout de 10 à 12 semaines, l’animal est alors " contagieux " et le restera quelques mois. Un risque d’introduction de la parasitose dans la région par le truchement des chats et des chiens séjournant en zone d’endémie est possible. A titre d’exemple, la maladie a été implantée dans la région des grands lacs en Amérique du Nord par l’importation de chiens à partir du Grand Nord (cf. Fiche technique n° 18 de l’ONCFS-1984).

En conclusion, l’échinococcose alvéolaire, sans être une maladie fréquente en France (environ 10 cas par an) mais en raison de sa gravité, demande une plus grande vigilance des pouvoirs publics pour suivre son extension éventuelle vers notre région. De même, les responsabilités citoyennes des personnes transitant ou séjournant avec leurs animaux familiers dans les régions infestées devrait les inciter à les déparasiter dès leur retour.

En revanche, préconiser la destruction des renards sous prétexte de l’échinococcose alvéolaire est injustifiée et contraire à l’objectif poursuivi qui est d’éviter l’extension de la parasitose ; en effet, la destruction des renards locaux sains, crée un vide susceptible " d’aspirer " des renards venant de l’est et porteurs du parasite.

La Fédération Nord Nature a été étonnée pour ne pas dire scandalisée de la manière partiale et incomplète dont les relations " renard – échinococcose alvéolaire " ont été présentées par les rédacteurs de l’article en question, car il est évident que les risques de contracter la maladie sont beaucoup plus importants avec les chiens et les chats qu’avec le renard.

RENARDS, CHIENS et CHATS

et ECHINOCOCCOSE ALVEOLAIRE

par Hervé Dizy conseiller municipal délégué de Roncq avec la participation des Professeur Dominique Vuitton, Dr Florence Cliquet, Dr Denis Augot, M. Benoît Combes, Dr Bernard Brochier, Dr Franck Haelewyn, Dr Isabelle Blouin Emery

asso.nordnet mai 2003

œuf échinocoque 200 µm

L’échinococcose alvéolaire ou maladie du renard est une maladie pernicieuse car l’agent infectieux, l’œuf de l’échinocoque, est microscopique (200 µm) donc difficile à déceler. L’œuf est très résistant au froid mais il craint la chaleur. L’œuf peut ainsi attendre deux ans entre –30°C et +30°C avant d’atteindre l’hôte intermédiaire : le rongeur mais aussi l’homme.

D’autre part la latence du développement de la larve, de trois à quinze ans chez l’homme, rend difficile le diagnostic médical car la recherche d’une échinococcose est rarement faite en première intention. L’ennemi silencieux ronge et se multiplie dans le foie sans effet apparent car cet organe qui se régénère est très solide, jusqu’à ce que le point de rupture soit parfois atteint. Quelques mois après la découverte des symptômes l’issue peut être fatale. La greffe du foie est le seul remède dans les cas les plus extrêmes. Mais dans 90% des cas, notre système immunitaire réagit efficacement contre la maladie. Les cas sont donc rares.

Générer une psychose serait tout à fait déplacé, il convient toutefois de limiter les facteurs favorisant l’épidémie en observant des mesures de précaution très simples que la population doit connaître. Les pouvoirs publics doivent, quant à eux, se donner les moyens d’étudier l’extension de l’épidémie et les modes de transmission à l’espèce humaine. Il ne faut en aucun cas sauter à des conclusions hâtives et procéder à des assimilations simplistes et réductrices vis-à-vis de la présence des renards.

A) LE ÉCHINOCOQUE ETSA LARVE Le cycle de vie de l'échinocoque se décrit en deux phases

1) Des centaines, voire des milliers d’échinocoques adultes (de 2 à 3 mm de long) se développent dans l’intestin grêle du renard, du chien ou du chat que l’on qualifie de porteurs sains car la maladie n’a pas d’incidence sur leur santé. Le ver, au bout de quelques semaines, lâche des sacs bourrés de 200 œufs environ qui se retrouveront dans les excréments. L’animal se lèche volontiers la région péri anale et charge sa langue d’œufs qui se déposent sur son pelage. Dans le cas des chats et des chiens, c’est le maître qui serait infecté par les œufs en caressant son compagnon à quatre pattes ou en le laissant lécher un objet (assiette, nourriture) que son maître portera à sa bouche. Les œufs de l'échinocoque ne peuvent pas infecter un autre renard, un chien ou un chat car ils ont besoin d’un hôte dit intermédiaire pour poursuivre leur cycle. Ces animaux peuvent par contre être contaminants et colporter de l’un à l’autre l’agent infectieux. Ainsi un chien qui se roule dans les excréments d’un renard sera porteur d’œufs. Il ne développera pas la maladie mais il pourra contaminer son maître. Un animal ne reste pas infecté par l’échinocoque, il peut redevenir sain en quelques mois, mais peut à nouveau se réinfecter.  D'où l'intérêt de traitements antiparasitaires (vermifuges) réguliers (tous les deux ou trois mois) chez les carnivores domestiques.

Œuf (Taille réelle = 200 µm) Les images sont de Brigitte BARTHOLOMOT, Solange BRESSON-HADNI, Jean-Pierre CARBILLET et Dominique A. VUITTON, Centre Collaborateur Traitement des Echinococcoses humaines, Université de Franche-Comté, Besançon, France.

2)  Une fois ingérés par l’hôte intermédiaire (rongeurs, Homme), les œufs se retrouvent dans l’estomac. Les sucs gastriques vont alors dissoudre la coquille des œufs et libérer les embryons qu’ils contenaient. Les embryons vont jouer les « passe murailles » en passant, par les voies sanguines, de l’intestin au foie. Arrivés au foie, ils se multiplient et l’infection se répand. Pour permettre son développement, chaque embryon devenu une larve va former un kyste parasitaire qui va bourgeonner dans tous les sens du terme en creusant des « alvéoles » blanchâtres, d’où le nom d’échinococcose alvéolaire donné à la maladie.  

Le foie va alors être comme « rongé », occupé par la larve du parasite et par la réaction de défense que lui oppose l’organisme. En effet, le parasite s’entoure d’une réaction immunitaire  dite « granulomateuse » responsable du développement d’une fibrose (le foie devient dur comme du bois et ne fonctionne plus). La fibrose autant que le parasite est responsable de la destruction du foie. Ce travail de sape va durer des mois (chez le rongeur) ou des années (chez l’homme), sans que l’équilibre du foie, et donc du corps entier, n’en soit perturbé, car le foie est un organe très solide qui a la capacité étonnante de se régénérer. Par contre, au fur et à mesure, chez le rongeur, les alvéoles ainsi créées ne vont mettre que quelques mois pour se remplir de milliers de petits grains contenant des protoscolex qui permettront au parasite de poursuivre son cycle évolutif.  

Aspect extérieur du foie dans un cas d'échinococcose alvéolaire chez l'homme; l'aspect "alvéolaire" est particulièrement typique

Une fois suffisamment affaibli le rat, la souris ou le campagnol devient une proie facile pour le renard, le chat ou le chien. Le cycle se referme alors. Les protoscolex sont ingérés en même temps que le rongeur et deviennent des vers adultes dans l’intestin du prédateur.  Il faut signaler que les autres espèces de carnivores (belettes, hermines, etc…) de même que les rapaces, ne sont pas réceptifs vis-à-vis de ce parasite ; ils ne peuvent pas être contaminés en mangeant les hôtes intermédiaires (rongeurs)  infectés par la larve. 

En conclusion nous dirons que  l'homme est un hôte intermédiaire "accidentel" (c’est une impasse parasitaire en terme scientifique car n’étant pas mangé par un carnivore, il ne peut pas faire « tourner » le cycle parasitaire), qui peut être atteint "à la place" d'un rongeur.  Nous remarquerons que l’échinocoque n’est un véritable danger que pour l’hôte intermédiaire, le rongeur ou accidentellement l’homme (où il se fixe dans le foie où il « pousse » comme une tumeur) alors que chez l’hôte définitif (carnivore) il se localise dans le tube digestif). Il ne mesure pas plus d’un demi centimètre, et qui, même présent à des milliers d’exemplaires ne lui fait courir aucun danger. L’autopsie du renard permet de détecter ce ver mais elle nécessite un matériel spécifique dans un laboratoire spécialisé (méthode reconnue par OMS : comptage des parasites sur une portion du tube digestif après passage à – 80°C pendant une semaine. Chez l’homme,  une échographie du foie permet de déceler la présence des lésions échinocoques. Il existe des tests sérologiques (ELISA, western blot) pour confirmer la maladie chez l’homme des alvéoles mais ces examens sont fastidieux. Les organes voisins du foie sont progressivement infiltrés et des métastases parasitaires peuvent emboliser le système vasculaire et se développer à distance au niveau des poumons, du système nerveux central, des muscles, des os, etc. Ce qui peut induire des récidives après la greffe d’un nouveau foie.  

Il n'existe pas de symptômes précoces typiques permettant de suspecter l'infection. Au cours de l'évolution, des symptômes non spécifiques (fatigue, douleurs abdominales, ictère) peuvent apparaître. De fait, le diagnostic est souvent posé tardivement quand la lésion parasitaire atteint une taille déjà conséquente. La maladie évolue sur une période de 5 à 10 ans généralement. Elle implique le plus souvent le recours à une chirurgie lourde (ablation d’une partie du foie, greffe du foie) et peut malheureusement avoir pour conséquence le décès du patient.  

MODES DE CONTAMINATION HUMAINE  

Modes de contamination pour l’espèce humaine. Les nombreuses études immunologiques réalisées au cours des 10 dernières années, en particulier par Mmes Isabelle Blouin-Emery et Véronique Godot, docteurs en biologie, confirment que l'échinococcose alvéolaire, bien que grave, est une maladie très rare qui n'affecte que relativement peu de personnes par rapport aux zones exposées. En fait, il semble que chez une majorité de sujets infectés (90%), les réactions immunitaires aboutiraient à une défense contre le parasite, engendrant soit des lésions de type abortif, soit l'absence de tout signe d'infection. L'hypothèse de particularités immunologiques qui expliquerait les phénomènes de sensibilité et de résistance à l'infection a été confirmée par des études chez la souris et chez l’homme par ces chercheurs, et celle d'une prédisposition immunogénétique a été confirmée par des études épidémiologiques européennes.  

Deux scénarios principaux de contamination pour l’être humain peuvent être proposés, selon le Professeur Dominique Vuitton de l’Université de Franche-Comté :  

Contamination par l’alimentation Le renard, le chien ou le chat contaminent des baies (myrtilles, mûres, framboise, fraise), des pissenlits ou des champignons, avec leurs excréments, déposés sur le sol et lavés par les pluies. Lors d’une balade les promeneurs ramassent les baies, les pissenlits ou les champignons et pourraient se contaminer en les mangeant crus. Remarque : N’oublions pas que les œufs sont résistants au froid, l’oeuf peut rester infectieux pendant 2 ans au moins, si les conditions sont bonnes (fraîcheur et humidité). A l’inverse ils sont très sensibles à la chaleur et à la dessiccation. Ils seront détruits rapidement dans les zones exposées au soleil, donc à la chaleur et à la dessiccation. Par la cuisson (au moins 5mn à 60°C) les œufs seront détruits. Alors il n’y a aucun problème avec les omelettes aux champignons ou les confitures et les tartes.  

La contamination est problématique pour les végétaux que nous consommons crus et qui viennent du potager: Le renard ou le chien porteur des échinocoques sont susceptibles de déposer leurs crottes dans un potager ou chez un maraîcher, ils peuvent ainsi contaminer les légumes et plus particulièrement les salades. L’homme mange la salade sans lavage intensif. Il reste assez d’œufs sur les feuilles pour qu’il en avale suffisamment pour être infecté. Cette hypothèse est bien sûr pessimiste car en général un lavage correct suffit à éliminer les œufs qui ne possèdent pas de système d’accroche comme c’est le cas pour la douve du foie, le système immunitaire fera le reste si celui-ci n’est pas affaibli par une autre maladie. Dans les zones infectées il faut donc penser aussi à laver scrupuleusement  les récoltes du potager quand celui-ci n’est pas clôturé. Avec ce type de précautions, le risque de s’infecter est vraisemblablement très faible en zone connue d’endémie ; il peut être considéré comme quasi nul dans les régions où jamais un cas humain d’échinococcose alvéolaire n’a été décrit. Notez bien : L’URINE DES CARNIVORES INFECTES N’EST PAS CONTAMINANTE

les laitues, les choux, les oignons, etc poussent de l’intérieur vers l’extérieur, ainsi les premières feuilles, les plus exposées, sont toujours à l’extérieur et forment une sorte coque pour le cœur des légumes. Les feuilles extérieures sont le plus souvent jaunies et jetées par le consommateur. Ceci rend encore plus improbable une quelconque contamination par les légumes consommés crus.

Contamination par contact avec les animaux infectés  

Le renard, le chien ou le chat, contaminés par l’ingestion de rongeurs malades, déposent par léchage les œufs du parasite sur leur pelage.  Les œufs du taenia présents sur le pelage des animaux pourront contaminer le chasseur, le piégeur, le promeneur, qui touchent à mains nues un renard, dans la nature ou sur la route. Ils pourront aussi contaminer de la même façon le maître du chat ou du chien lors de caresses ou de léchage. Les œufs peuvent aussi être « importés » sur le pelage sans que l’animal lui-même ne soit contaminé ! C’est le cas des chiens et tout spécialement des chiens de terrier, qui se roulent dans les excréments de renards contaminés, ou d’autres animaux à fourrure susceptibles d’être touchés par l’homme (en particulier les piégeurs), sans que l’animal lui-même ne fasse une forme contagieuse de la maladie. Les études faites en Suisse par les Professeurs J Eckert et P Deplazes ont montré que l’infection des chiens existait à bas bruit dans les zones d’endémie suisses (moins de 5%), sans qu’une étude épidémiologique précise ait pu établir le risque réel pour l’homme dans les zones d’endémie. M. le Docteur. Denis Augot de l’AFSSA de Nancy  fait observer qu’il n’existe qu’une seule étude publiée (de Mme de Pr A F Pétavy,  de Lyon) sur des chats provenant de cliniques vétérinaires dans les Alpes. Cette étude révèle un peu moins de 10% de chats infestés mais on ne sait rien sur les propriétaires des animaux. Aucune étude n’a été effectuée sur les chiens. Une étude d’octobre 2002 rapportée par Le Dr Denis Augot sur l'infection des chats dans le Jura est la suivante: sur 81 autopsies de chats morts 3 étaient positives pour l’échinocoque, avec présence des oeufs (stade infestant du parasite) d'ou une prévalence de 3,70 %. Il n’a pas été prouvé de corrélation entre un homme infesté et la présence de parasites chez les animaux domestiques (en particulier ses animaux), car le délai entre le moment de la contamination et le moment du diagnostic rend impossible toute extrapolation quand à l’infection d’un animal domestique (il a, au moment du diagnostic, en général disparu ; et même s’il est toujours présent, il est depuis de nombreuses années débarrassé des échinocoques qu’il pouvait héberger à l’époque dans son intestin !). Son équipe de recherche, avec la collaboration des équipes franc-comtoises (Centre Collaborateur de l’OMS de Besançon et Mutualité Sociale Agricole), est en train de réaliser la première étude systématique de l’infection des chiens et des chats dans une zone d’endémie française, dans le canton d’Amancey (25). Les résultats devraient être disponibles en fin d’année 2003.

Le principal objectif de la recherche sera donc de détecter la maladie de façon précoce au moyen d’un test sérologique qui sera d’autant moins coûteux qu’il sera produit en grande quantité. Une prise de sang routinière réduira alors très fortement les risques de développement de l’échinococcose alvéolaire chez l’homme. Comme le demande la ligue contre la violence routière, un contrôle sanguin sur les taux de gamma GT (taux 10 à 30 fois supérieurs chez les alcooliques) et du Delta 9 tétrahydrocannabinol (principe actif du cannabis) pourrait se faire comme on le fait à présent pour le dosage du cholestérol. Les bénéfices en terme de prévention seraient alors immenses. Le coût du dépistage serait largement compensés par la diminution prises en charge pour les accidents de la route et les accidents du travail. Une méthode judicieuse consiste également à participer aux dons du sang.  

TAUX D’INFECTION

Entre Janvier 1982 et Décembre 2000, en Europe, le registre EurEchinoReg a collecté 559 cas humains d’échinococcose alvéolaire dont 235 en France, 132 en Allemagne, 118 en Suisse et 54 en Autriche. En France on compte de 10 à 15 nouveau cas par an (résultant de diagnostics toujours tardifs ; il est impossible de dater la période exacte de contamination). En France, la maladie est présente dans les régions de l’Est (Haute-Savoie et Savoie, Franche-Comté, Lorraine, Vosges) et en Auvergne. Au cours des 10 dernières années, des cas ont été observés dans l’Aveyron et les Ardennes, ce qui évoque une possible progression de la maladie chez l’homme. Dans la moitié des cas français, le lieu de résidence des malades est en Franche-Comté. Dans les régions, dites « d’endémie », entre un tiers et trois quarts des renards sont parasités par l’échinocoque. Dans les régions qui les bordent, un dixième à un tiers des renards sont parasités. L’extension de la zone européenne d’infection des renards est évidente au cours des 15 dernières années, ainsi que l’augmentation de prévalence de l’infection dans les zones traditionnelles d’endémie. L’invasion des grandes villes par des populations stables de renards est la règle actuellement en Europe, et dans des villes situées en zones d’endémie comme Stuttgart, Zurich ou Genève, l’infection des renards urbains est couramment présente (à des taux variant de 10 à 70% selon les zones…). Des études en France sont en cours. Les proliférations de rongeurs sauvages (campagnols) semblent essentielles pour entretenir le cycle du parasite dans une région donnée ; ces proliférations sont importantes dans les régions où les terres agricoles sont principalement consacrées aux prairies permanentes et aux  pâtures. Les régions où les autres types de cultures sont rencontrées (sur terres labourées, ou forêt exclusive),  ne sont pas favorables aux proliférations de rongeurs qui peuvent entretenir la présence du parasite, et sont donc à très faible risque de favoriser l’émergence de l’échinococcose alvéolaire. On ignore cependant actuellement les taux d’infection des renards des zones où des cas humains n’ont jamais été trouvés (nord, ouest, et sud de la France). Une étude est en cours et les données sur le taux d’infection des renards de 36 départements en France (principalement de la moitié est et du nord) ne seront disponibles qu’en fin 2003. Le Dr Benoît Combes, de l’Entente Interdépartementale contre la rage et les zoonoses, transmettra les résultats de son  étude aux  conseillers généraux demandeurs du rapport. 

L’institut Pasteur de Bruxelles par l’intermédiaire du Dr Bernard Brochier, rapporte que la prévalence de portage chez le renard dépasse 30% uniquement sur le plateau ardennais au Sud de la Meuse Cette prévalence tombe sous les 3% au nord de la Meuse, soit une partie de la région wallonne (dont le Hainaut occidental), la région Bruxelles capitale et la Flandre. La prévalence par région est la suivante : Ardennes 33,1 %, dans les Hautes Fagnes (Eupen, frontière allemande)  33,1%, Lorraine Belge 23,1%,  Andenne 12,6%. Dans la partie de la région de Bruxelles et des Flandres elle oscille entre 1 et 3 %.

Les études faites par l’Université de Liège (professeur Bertrand Losson) ont cependant montré une augmentation importante de la prévalence d’infection des renards au cours des 15 dernières années (de moins de 30 à plus de 60%) vers la frontière du Luxembourg. Dans le Hainaut Occidental (plus proche de la métropole Lilloise),  elle est proche de 1% (mais peu de mesures y ont été effectuées). La Meuse semble donc pour l’instant une barrière naturelle. Il semble opportun également de confronter le taux d’infection et la quantité d’animaux car même si le taux d’infection peut être faible autour des métropoles Bruxelloise et Lilloise, la surpopulation vulpine y augmente quantitativement le risque de propagation de la maladie. Concernant les cas humains belges: 6 personnes ont été infectées et un seul cas de décès a été enregistré chez une personne immunodéprimée. Le décès était dû à des complications postopératoires à la suite de l’ablation partielle du foie.  

Populations humaines à risque : Les personnes qui sont directement en contact avec les renards ou les chiens de chasse sont très exposées. Les chasseurs, les piégeurs et les taxidermistes doivent donc être vigilants et suivre scrupuleusement les recommandations qui seront énoncées dans la suite. Les agriculteurs peuvent également entrer en contact avec les renards et, à l’occasion, devoir en dégager les carcasses de leurs machines agricoles. Les piégeurs de renards devraient suivre une formation spécifique de la part de leur fédération pour s’informer des risques encourus et pour s’assurer du strict respect des règles de précaution. 

Dans la plupart des régions françaises où des études sur les facteurs de risque ont été réalisées, les populations qui sont les plus représentées parmi les malades (comparées à leur représentation dans la population générale) sont les agriculteurs (hommes et femmes), et les artisans, commerçants et professions libérales des villages et bourgs ruraux. Les enquêtes faites chez les patients montrent qu’ils pratiquent la cueillette et la consommation régulière de végétaux et baies sauvages. Elles révèlent également la présence de jeunes renardeaux apprivoisés, gardés dans les fermes comme animaux familiers…Il faut enfin préciser que dans tous les pays européens, parmi les malades, il y a autant de femmes que d’hommes, et qu’en Chine, où la contamination passe vraisemblablement plus par les chiens, il y a plus de femmes que d’hommes. Il ne faut donc pas sous-estimer le risque des sujets qui ne sont pas en contact direct avec les renards, mais qui peuvent se contaminer par d’autres voies.

Les personnes immunodéprimées sont des sujets particulièrement exposés car la maladie peut connaître des développements fulgurants dans leur cas.  

MOYENS DE LUTTE, PREVENTION DU RISQUE  

Moyens de lutte : Pour lutter contre la rage, des largages aériens d’appâts congelés contenant un vaccin antirabique ont permis d’éradiquer cette maladie de France. Contre l’échinocoque il n’y a pas de vaccin. Le seul vermifuge efficace est le praziquantel (Droncit ; Drontal) ; les autres vermifuges sont inefficaces. Et même ce médicament ne tue pas les œufs que les vers contiennent ; les vers évacués, mêmes tués par l’antiparasitaire, restent donc dangereux par les œufs qu’ils répandent. Une campagne de largage d’appâts contenant des vermifuges serait très coûteuse, son efficacité serait en outre réduite dans le temps car la réinfection possible des renards impose des traitements réguliers à intervalle de 5 à 6 semaines, elle serait surtout limitée par la réintroduction de renards infectés des zones non traitées. C’est ce qui a été montré par une étude pilote en Allemagne du sud. Cette solution impliquerait des largages plus nombreux, plus réguliers et pendant une période de temps plus que pour les vaccins contre la rage, et une très large couverture du territoire, jusqu’aux zones totalement indemnes... Vermifuger au moins les chiens tous les deux ou trois mois est vivement conseillé et semble une mesure plus efficace, à condition d’utiliser le praziquantel (plus cher que les vermifuges habituels…) et de veiller soigneusement à la destruction des excréments du chien traité dans les jours qui suivent. 

Les certitudes

- L’échinocoque ne passe pas directement d’un renard à un autre ou à un chien ou à un chat. Il n’y a pas de risque de transmission par morsure entre ces animaux. Des cas absolument exceptionnels d’échinococcose non hépatique humaine  par morsure de renard ont cependant été décrits : on pense que la larve s’est développée à partir d’œufs présents dans la cavité buccale du renard…

-L’infection de l’homme ne peut pas avoir lieu en consommant un rongeur infecté (cas des rats musqués, parfois consommés dans certaines régions) ; cependant, des rongeurs peuvent porter des œufs infectants sur leur pelage, à partir de crottes de renards infectées…

- Un humain porteur de larves d’échinocoques dans son foie ou un autre organe ne peut en contaminer un autre. Il n’y a donc pas de contagion possible entre êtres humains.

Les pistes données par les recherches sur le cycle parasitaire et l’épidémiologie :

- En exterminant les renards on ne supprime pas ipso facto la maladie. En outre, l’extermination crée un vide qui sera comblé par des renards qui ne seront peut-être pas sains (voir chapitre H). L’expérience de la lutte contre les renards pour lutter contre la rage a montré que les zones dépeuplées étaient rapidement repeuplées par les renards des zones voisines. L’existence de l’infection par échinocoque, à bas bruit quasiment partout, et avec une grande fréquence (supérieure à ½) dans les zones d’endémie qui vont de l’Auvergne à la Pologne, rend de ce fait  illusoire l’éradication de la maladie. De plus, localement, les œufs restent des menaces potentielles pendant deux ans. Les rongeurs seront infectés, donc les chats et les chiens, comme les renards repeuplant une zone dépeuplée, pourront également l’être.

L'extermination n'aurait de sens qu'en exterminant également les chiens et les chats des zones à risque… Ce ne serait pas dans le goût de tout le monde et ni possible financièrement. De toute façon toute politique locale est vouée à l’échec, il faut une réponse régionale (et forcément transfrontalière, car toutes les zones à risque le sont), si ce n’est globale pour obtenir de réels résultats.

- La plupart des études sur l’écologie de la circulation du parasite chez ses hôtes naturels suggèrent que le «maillon faible » serait plutôt le rongeur : la maladie humaine n’est fréquente que dans les régions où les campagnols (ou les rats musqués) sont suffisamment nombreux pour entretenir un taux d’infection élevé chez les renards (ou les chiens dans des pays comme la Chine). Le contrôle, difficile au demeurant, des populations de rongeurs, serait donc logiquement plus approprié.

- Les comportements humains ont vraisemblablement une grande part dans la contamination : il faut souligner qu’aux Etats-Unis, l’infection des renards dans la plupart des états du centre et du nord du pays est voisine de celle qui existe dans les zones d’endémie européennes…or 2 cas humains seulement d’échinococcose alvéolaire ont été rapportés dans ce pays depuis le début du XXème siècle.  

RECOMMANDATIONS DANS LES ZONES ENDEMIQUES Ne jamais toucher un animal sauvage sauf avec des gants. Les chasseurs et les cultivateurs devraient toujours avoir  à leur disposition des gants jetables au cas où ils auraient à manipuler des renards. 

Ne jamais adopter un animal sauvage. Les renardeaux sont attendrissants mais ils sont infectés très tôt dans la vie, et sont porteurs lors de la première infection, d’un nombre de vers très important, et sont donc très contaminants, comme l’ont montré toutes les études  faites dans plusieurs pays, de plus leurs  parents pourront les avoir copieusement léchés et avoir chargé leur pelage d’œufs. 

L'adoption de ce type d'animaux est interdite par la loi sauf dérogations. 

Ne jamais laisser divaguer vos animaux domestiques : les chiens aiment se rouler dans les excréments pour masquer leur odeur. Lorsqu’un chien entre dans le terrier du renard, ou fréquente son domaine, son pelage se charge en œufs d’échinocoque. C’est alors qu’il  peut contaminer les êtres humains par les caresses qui lui sont prodiguées, les mains portées à la bouche les infectent. Ne les laissez pas lécher vos mains, votre visage ou votre vaisselle.  Pour les animaux  familiers (chiens, chats) qui ont l’habitude de divaguer, les vermifuger tous les deux ou trois mois est une sage précaution. Clôturer les potagers ou les jardins isolés pour les rendre difficiles d’accès aux animaux errants. En zone d’endémie, une clôture efficace des jardins maraîchers dont les produits sont destinés à la vente semble une mesure raisonnable.  

Laver les chiens à leur retour de chasse ou de piégeage. Quand vous lavez vos animaux, portez des gants. Eau chaude, séchage au sèche-cheveux contribuent à rendre ce lavage efficace contre les œufs d’échinocoque.

La congélation classique à –18°C  des aliments ne tue pas les œufs. Une cuisson à 60°C pendant 5 minutes, un passage au four, même bref, suffit à écarter tout risque.

Aucun antiseptique connu n’est efficace contre les œufs d’échinocoque.  

THERAPEUTIQUE Au cours d’une réunion publique organisée par l’ASDCPEA, Mme le professeur Dominique Vuitton a clairement exposé l’avancement des recherches sur les échinococcoses. Ces recherches sont développées en Europe dans le cadre d’un réseau de chercheurs et de médecins de tous les pays (Echinorisk), soutenu par la Commission Européenne, mais aussi en Afrique et en Chine où sévissent les échinococcoses. Quand le diagnostic est précoce la maladie se soigne plutôt bien. Pour ce diagnostic, une échographie du foie, et en cas de lésions suspectes, un test sérologique de l’échinococcose sont les moyens mis à disposition des personnes les plus exposées comme celles qui travaillent dans les laboratoires vétérinaires, et les professionnels de la chasse. Le foie est la cible principale de l’attaque par la maladie. Cet organe résistant va brusquement montrer des défaillances lorsqu’un seuil d’environ 70% de son volume est atteint par la fibrose ou quand des canaux biliaires principaux, ou des vaisseaux importants, sont envahis. A ce stade l’évolution est irréversible. Il y a trente ans quand elle était jeune interne un diagnostic d’échinococcose équivalait à une condamnation à mort. Grâce aux recherches réalisées au cours des 30 dernières années, on vit avec l'échinococcose, dans quelques cas grâce à une opération chirurgicale qui supprime, quand c’est possible, les lésions hépatiques, et, le plus souvent, en prenant le seul médicaments efficace autorisé en France,  l’albendazole (Escazole) qui va stopper la progression de la maladie, mais qui ne tuera pas le parasite (d’où la nécessité d’un traitement à vie, exactement comme pour le SIDA). Cependant, les contraintes liées à la maladie sont importantes car la survenue de complications, toujours possibles, nécessite des hospitalisations répétées, sans parler des effets secondaires associés aux prises de médicaments. La prise à vie d’un médicament est contraignante et n’est pas vécue facilement. Le coût de prise en charge d’un malade est élevé. Quand le dépistage est précoce la maladie se soigne plutôt bien. Une échographie du foie ou un test sérologique ELISA sont les moyens mis à disposition des personnes les plus exposées comme celles qui travaillent dans les laboratoires vétérinaires : de 5 à 15000 € /an pour les médicaments. Le coût médical total d'un patient a été estimé à 250 000 € (en excluant le recours, possible et parfois indispensable dans de rares cas, à la transplantation hépatique…). Les recherches s’orientent sur les facteurs qui permettent aux personnes de se débarrasser naturellement de la maladie. C’est ainsi que l’on peut maintenant proposer comme alternative aux médicaments qui bloquent la croissance du parasite, des médicaments qui renforcent les défenses immunitaires, comme l’interféron alpha (un médicament qui est actuellement utilisé pour le traitement des hépatites virales chroniques et de certains cancers). Cependant, l’expérience chez l’homme est limitée et doit faire l’objet d’études complémentaires. C’est une maladie à évolution lente mais qui peut connaître des développements rapides chez les sujets immunodéprimés (SIDA, personnes prenant des médicaments anti-rejet comme la cyclosporine, …). Dans ces cas le processus d’envahissement progressif qui met des années à progresser grâce à la résistance offerte par nos défenses immunitaires connaît une accélération quand rien ne vient contenir l’envahisseur. Ancien chirurgien, le Professeur Vuitton explique que l’on ne peut assurer qu’une opération ait complètement supprimé la maladie car il est toujours possible que des parties infectées subsistent, dans la paroi abdominale, le diaphragme,  par exemple ; d’où la nécessité de prendre de l’Escazole pendant 2 ans, même quand on pense que toutes les lésions ont été enlevées. Il y a aussi des localisations atypiques (dans le cerveau, dans les poumons, derrière les yeux, dans la cloison abdominale, dans les os…) qu’il est souvent impossible d’opérer. Avec le recul, le Professeur Vuitton est plutôt réservée vis à vis du traitement préconisé il y a quelques années : la greffe complète du foie. Ce n'est pas la solution idéale car les médicaments anti-rejets alors administrés aux patients abaissent le système immunitaire, ce qui provoque parfois des "flambées" de l'échinococcose lorsque des zones infectées laissées en place, par nécessité ou parce qu’elles étaient invisibles, lors des interventions (ou bien cachées ailleurs dans l’organisme) vont envahir le foie transplanté, parfois en trois semaines, ou vont se développer rapidement dans d’autres organes, comme le cerveau. Des pays comme la Chine où la situation sanitaire est mauvaise connaissent, dans certains villages situés dans les zones endémiques des situations catastrophiques. Jusqu’à 15% de la population de certains villages est touchée par  la maladie, et dans certaines régions (plateaux tibétains) l’échinococcose alvéolaire coexiste avec une autre forme d’échinococcose, l’échinococcose kystique. Les médicaments comme l’Escazole sont coûteux ce qui les met hors de portée de ces villageois ; la chirurgie est impossible,  la mort est donc la seule issue de l’infection.

Si l’on pouvait rapprocher les coûts de traitement et les budgets accordés au dépistage et à la recherche, il est évident que nous aurions intérêt à investir dans ces derniers. C’est l’argument que je présente au Conseil Général du Nord pour mettre en œuvre un plan de prévention. Le cas de la Chine où la proximité de l’homme et des animaux démontrent l’intérêt des mesures prophylactiques dès le départ de l’épidémie. Le mutisme coupable des autorités est responsable de l’épidémie du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) ou pneumopathie atypique.

Association de Soutien et de Défense des Personnes Contaminées par l’Echinococcose Alvéolaire ; Contact ASDCPEA : Philippe Wartelle 55, rue de la Libération 59242 Cappelle en Pévèle - 06.70.69.04.09), le samedi 29 mars 2003 à Cappelle en Pévèle (59242). Cotisation 5 euros par an.

POLEMIQUES AUTOUR DE LA PRESENCE DES RENARDS Le Dr Denis Augot estime que la prolifération des renards est surtout due à l’abondance de la nourriture (soit dans les campagnes, soit dans les villes avec les ordures liées à notre consommation). Le renard n’a pas de prédateur car il se trouve en haut de la chaîne alimentaire puisque l’homme a supprimé les prédateurs du renard. Le Dr Haelewyn explique que la fécondité du renard (portée de 6 jeunes environ chaque année) est fonction de la quantité de nourriture qu’il  peut trouver. Cet effet d’autorégulation de la population en milieu naturel n’est plus de mise lorsque l’homme offre aux renards une source d’approvisionnement abondante avec le contenu des poubelles, les poulaillers. La démographie de ces espèces devient exponentielle car la  longévité des animaux s’accroît également. Ainsi la longévité d’un renard en milieu naturel est de deux ans, mais des animaux capturés aux alentours de Lille dépassent largement cet âge. Les zones semi urbaines sont à la fois des refuges contre la traque des piégeurs et des lieux où la nourriture est assurée. L’explosion de la population vulpine depuis 3 ans trouve certainement là son explication. En Allemagne, les spécialistes considèrent qu’il faut se résigner à vivre avec les renards. Un des moyens de réguler les populations de renards est de jouer sur la fécondité : pourquoi pas un contraceptif oral spécifique au renard conditionné dans des appâts et avec largages aériens ? Des recherches sont faites à l’AFSSA sur ce sujet. Mais M. Combes d’ERZ fait remarquer qu’utiliser un contraceptif à grande échelle est difficilement envisageable et peut être source de déséquilibres écologiques complexes difficilement prédictibles. Les renards sont d’excellents prédateurs parfaitement adaptés et parfaitement adaptables.  Ce sont également des éboueurs de la nature puisqu’ils vont s’attaquer aux proies les plus faciles que sont les animaux malades. La désaffection des villes par les citadins génère une urbanisation grandissante des périphéries urbaines qui offre ainsi des sanctuaires de plus en plus étendus contre les chasseurs et les piégeurs. La pression démographique des renards les pousse à s’approcher des villes dont ils se sont parfaitement accommodés, la crainte de la civilisation humaine n’est plus un rempart car notre population autrefois majoritairement paysanne est devenue principalement citadine. Les renards ne menacent pas directement nos activités industrielles et tertiaires. D’éboueurs de la nature ils sont devenus nos éboueurs des villes. Tout en considérant également que croquer les animaux des poulaillers et des basses-cours mal clôturés est plus facile que traquer un rat ou un campagnol. Les habitudes de ces animaux se sont modifiées car nous lui avons donné l’opportunité à leurs facultés d’adaptation de tirer le meilleur parti de nos lacunes.  La concurrence qu’ils font aux chasseurs pour le petit gibier pousse ces derniers à vouloir les exterminer. Ainsi le sénateur et chasseur belge Jean-Marie Happart désire une loi permettant que l’on puisse tirer à vue sans restriction les renards en Wallonie. Sans en arriver à ces extrémités, il paraît opportun de réguler le nombre des animaux en évitant les dommages collatéraux. Dans la métropole Lilloise, les piégeurs ont constaté 5 ou 6 fois plus d’animaux depuis 3 ans.

Les piégeurs les plus chevronnés recommandent aux amateurs d’éviter un piégeage sauvage et intempestif. Ainsi les « collets à pattes » vont mutiler les animaux qui seront moins performants, se nourriront moins bien et seront plus facilement malades. Les dommages aux autres animaux ne doivent pas devenir une occasion de braconnage. 

La lutte chimique avec les poisons est  proscrite, de toute façon,  elle n’a pas par le passé donné des résultats satisfaisants dans la lutte contre la rage. Le constat a été identique vis à vis du tir à vue. Il est plus efficace de s’attaquer aux rongeurs qui  infectent les renards et surtout nos chiens et chats qui s’en nourrissent ce qui représente un grand risque car ils vivent avec nous et nous infecteront facilement à leur tour. 

PLAN GLOBAL DE GESTION SCIENTIQUE DES ESPECES La gestion scientifique des espèces, comme le fait remarquer Monsieur Jean-Roch Gaillet, responsable de la faune sauvage au Ministère de l’écologie et du développement durable, apparaît comme le seul moyen de réguler les fléaux causés par la surpopulation de certaines espèces. En effet, parallèlement à l’augmentation des populations de renards, on enregistre en France une importante augmentation des populations de cervidés et de sangliers, dont les causes sont probablement différentes…et qui génèrent aussi des effets collatéraux, dont de potentiels risques pour la santé. Cette gestion implique des moyens importants de surveillance et de contrôle pour éviter les débordements, ces moyens doivent provenir de l’Etat ou des collectivités locales pour garantir l’objectivité de l’action menée.

De même que l’ignorance de la prise en compte de l’imperméabilisation des sols par une urbanisation anarchique est la cause de crues catastrophiques, l’ignorance de l’équilibre de la faune génère des débordements d’une autre nature. Une étude approfondie des équilibres « naturels » en milieu urbanisé est impérative. L’homme a créé des déséquilibres graves par insouciance, inconscience ou par avidité. Les problèmes causés par la réapparition des renards sont alors symptomatiques de nos artifices. Le Dr Haelewyn explique que l’expérience prouve que l’extermination est la plus mauvaise des méthodes. Les renards sont une espèce colonisatrice, ils tendent dont à occuper tous les lieux où il y a de la nourriture et où ils seront tranquilles.

De façon schématique si nous considérons des zones qui permettent de nourrir et d’héberger un nombre optimal de renards. les renards sont colonisateurs, quelques renards attirés par la zone vidée vont s'y installer car la nourriture y est plus abondante, ceux qui restent dans la zone ont tendance à faire plus de jeunes car la nourriture est plus abondante du fait des départs au bout de 6 à 18 mois Le retour des renards est d’autant plus rapide que la disparition des prédateurs entraîne la multiplication des rongeurs qui attireront plus de renards. Ainsi l’état stable de départ sera dépassé, par le jeu des migrations et des naissances nous obtiendrons rapidement une surpopulation dans chaque zone. C’est le principe de l’action et de la réaction, mais où la réaction n’est pas contrôlée et devient incontrôlable.

L’extermination est donc le meilleur moyen de faire migrer les populations vulpines et de faire progresser les zoonoses. L’idée est donc de sédentariser au mieux les populations en régulant le nombre d’animaux pour éviter le surnombre. Directeurs de plusieurs parcs zoologiques, le Dr Haelewyn relate une expérience vécue par des collègues en milieu rural où l’intrusion des renards est problématique pour la bonne gestion des animaux contenus dans les zoos. Une enceinte clôturée avec des fils électrifiés ne parvient pas toujours à empêcher le renard opportuniste d’y pénétrer. Un piégeage intensif autour du zoo était opéré sans résultat. En arrêtant le piégeage, les intrusions ont vite cessé : les renards qui ont fait l’expérience de  la clôture électrifiée intègrent la notion que le zoo n’appartient pas à leur territoire et n’y reviennent plus. En exterminant ces renards expérimentés, le vide créé a fait venir des renards qui chercheront à s’introduire dans le zoo, statistiquement certains y arriveront. Cet exemple illustre la faculté d’adaptation du renard à son milieu et que la sédentarisation est la solution de la problématique qui se pose.

Il faut donc mettre en œuvre un système de gestion scientifique des espèces pour : 1)      dénombrer les animaux de chaque espèce et évaluer les seuils tolérables pour l’environnement 2)      capturer les renards pour les identifier (tatouages), opérer une prise de sang pour les étudier et détecter les zoonoses, injecter le vermifuge, relâcher le nombre tolérable pour la zone. Un financement du Conseil Général du Nord sera requis pour cette mission dont l’intérêt sanitaire est démontré par ce rapport. 

Conclusions Il n’est pas possible d’associer systématiquement la présence des renards à l’échinococcose. Il faut procéder à une étude sur la prévalence (taux d’infection) dans la région avant tout. Tout ce qui peut être affirmé est qu’une profusion de renards constitue un élément favorable à l’apparition de cette maladie, élément qui, en soi, n’est ni simplement nécessaire et ni simplement suffisant. Il faut toutefois prendre en considération que le renard a changé son comportement, il se rapproche de plus en plus des zones urbanisées où une nourriture abondante lui est assurée. Le renard s’adapte très facilement, il est opportuniste et rusé. Il grimpe aisément les clôtures ou les murs, il creuse mais il ne fera pas d’efforts inutiles, le bilan énergétique doit rester positif. En lui rendant la tâche difficile, il ira voir ailleurs. La fécondité du renard est proportionnelle à la quantité de nourriture qu'il peut trouver, l'abondance de nourriture nous fait donc craindre que cette population vulpine continuera à progresser. Une prolifération de renards est problématique parce qu’elle multiplie le risque de contact entre les agents infectieux de la faune sauvage et l’homme. La prolifération augmente la pression sur l’environnement du prédateur qui se tourne vers d’autres sources de nourriture. Un renard croque à lui seul près de 6000 rongeurs par an. Le renard peut nous aider efficacement à éliminer les campagnols qui ruinent les cultures, les rats musqués qui minent les berges de cours d’eaux et de nos fossés. Certaines pratiques agricoles favorisent le développement des rongeurs qui sont la plaie des agriculteurs. Actuellement ceux-ci se livrent à une guerre chimique contre les rongeurs par l’intermédiaire de poisons (anticoagulants) qui finissent forcément à nuire à d’autres espèces (lapins, lièvres, sangliers) qui seront chassés et consommés par des êtres humains. Le renard par cet aspect représente une alternative séduisante pour réguler la population de rongeurs, mais les faits montrent que dans les zones de pullulation, il n’est pas suffisant pour contenir la prolifération des rongeurs. De plus, le renard est opportuniste, s’il lui faut attendre pendant des heures pour débusquer des rats, des taupes, des souris et qu’il ne lui faut que quelques minutes pour piller un poulailler, vous devinerez facilement où se portera sa préférence. Nos habitudes de gaspillage nous amènent à remplir nos poubelles d’aliments dont les rats et les renards feront leur quotidien comme c’est le cas dans les grandes métropoles comme Londres, et, en zone urbaine, le renard n’a pas de prédateur naturel. Il n'existe pas de solution radicale pour lutter contre le problème de l’échinococcose. Nous pouvons limiter les facteurs favorisant la maladie en observant des mesures de précaution très simples que la population doit connaître et en luttant contre les rongeurs qui vont infecter les renards et nos chiens et chats qui, s’ils sont infectés, représentent un grand risque car ils vivent avec nous. Nous attendons une brochure d’information préparée et financée par les ministères de la Santé, de l’Agriculture, et de l’Ecologie et du développement durable, pour juin 2003. Une brochure détaillée d’information, préparée par l’Observatoire de l’Environnement de la Région de Franche-Comté, avec la participation de tous les chercheurs et acteurs régionaux, et financée par le Conseil Régional de Franche-Comté est disponible à l’adresse suivante : obs-envir@cr-franche-comte.fr  Site internet sur le sujet : http://www.eurechinoreg.org  Notes réalisées à partir de documents établis par Mme le Professeur Dominique Vuitton, de l’université de Franche-Comté, directeur du Centre Collaborateur de l’OMS pour la prévention et le traitement des échinococcoses humaines, Madame Isabelle Blouin-Emery, docteur en Biologie, Mme Florence Cliquet, docteur en Biologie, Directrice de l’AFSSA de Nancy, le Docteur Denis Augot de l’AFSSA de Nancy,  M. Benoît Combes de l’ERZ (Entente interdépartementale de lutte contre la Rage et des Zoonoses de NANCY commissionné par les Conseils Généraux de 20 départements pour l’étude de l’échinococcose), le Dr Bernard Brochier de l’institut Pasteur de Bruxelles, le Dr vétérinaire Franck Haelewyn, directeur du parc zoologique de Lille.      Hervé DIZY Conseiller municipal de Roncq Délégué à la lutte contre les nuisances, à la sécurité routière et à la mise en œuvre des T.I.C. Hôtel de Ville 18, rue du Docteur Galissot BP120 59233 RONCQ Tél : 03 20 25 64 25 Fax : 03.20.25.64.00 hdizy@nordnet.fr

Echinococcose aves.be Suite à la disparition de la rage, il fallait s’attendre à ce que le ministre trouve un autre prétexte pour détruire le renard. C’est l’Echinococcus multilocularis, petit ver parasite… dont l’impact en santé publique est comparable à sa taille : minuscule ! Les spécialistes du sujet (parasitologues, épidémiologistes) sont tous d'accord pour dire que ce n'est pas en augmentant la destruction du renard que le petit ver intestinal parfois porté par le renard disparaîtra des zones où il est présent ! Pourquoi ? Tout simplement parce que ce parasite est aussi hébergé par les carnivores domestiques (chiens et chats) non vermifugés, et par les rongeurs qui sont les hôtes intermédiaires obligatoires du parasite. Dans sa logique, le ministre va-t-il proposer ensuite la destruction des animaux de compagnie ? 

LE RENARD ET L'ÉCHINOCOCCOSE ALVÉOLAIRE Autrefois, on a cru que le renard était responsable de l'échinococcose alvéolaire humaine. Dans les années 80, il a été démontré que c'est avant tout le chien (bien plus rarement le chat domestique) qui serait à l'origine de la contamination des malades. Depuis 1890, année de la découverte du premier cas français et jusqu'à 1994, huit cas d'échinococcose alvéolaire ont été signalés en Alsace, alors qu'environ 5% des renards sont porteurs de ce parasites, d'après l'étude alsacienne de Bernard Pesson et Roland Carbiener (Bull. écol., vol. 20, p. 295-301, 1988). Cette maladie très rare chez nous, mais sévère, n'est pas liée .à des professions ou activités, comme chasse et cueillette ou consommation de fruits sauvages, qui risqueraient de mettre en contact des sujets prédisposés, avec les défécations de renards infectés. (On sait que la tularémie est liée à la manipulation de lièvres et autre gibier, souvent importé et relâché porteur de germes, dans notre environnement). On a constaté en Haute-Savoie que la réduction des populations de renards ne diminuait pas la transmission de l'échinococcose à l'homme (Pétavy A.F. et coll. Ann. Parasitol. Hum. Comp. 65:1, 22-27). L.G. Schneider (Tierärztl. Umschau 47,809-8l2 1992) précise qu'une certaine presse prétend que l'augmentation du nombre des renards entraînerait une augmentation de la transmission de cette maladie. D'après l'auteur, c'est une information fausse, source d'erreur et contraire à l'éthique, car publiée dans le but d'inquiéter les chasseurs et la population. Traiter les chiens 10 ans contre ce parasite protège les humains, dans des zones de haute endémicité; il y a moins de cas humains, et moins de rongeurs porteurs infectés. Cette mesure prophylactique serait justifiée dans les départements les plus touchés par cette maladie. Le mébendazol, médicament parasitostatiques (qui limite la croissance du parasite à l'état larvaire dans le foie) a amélioré le pronostic de l'échinococcose alvéolaire, en particulier après l'ablation chirurgicale des lésions hépatiques. Les études des américaines montrent qu'un traitement prolongé par l'albendazol est parasiticide: il parviendrait à tuer ce parasite chez les malades, ce qui réduit la malignité de cette infection.
La "Mise au point sur l'Echinococcose alvéolaire; à propos des cas alsaciens" est le titre de la thèse soumise par Françoise de Turckheim en décembre 1994, à la Faculté de médecine de Strasbourg. Les informations les plus récentes, comme les données historiques s'y trouvent rassemblées et complètent ce résumé. Michel Fernex alsace.nature  

Echinococcose alvéolaire oncfs.gouv.fr/echinococcose_alveolaire 
Plusieurs programmes d'étude de l'échinococcose alvéolaire sont actuellement en cours chez le renard. Ce regain d'intérêt est d'autant plus justifié que l'augmentation des populations de renards, peut logiquement accroître le risque de contamination humaine. Vu le risque de contamination humaine, il est utile de rappeler quelques règles essentielles avant toute étude de terrain ou en laboratoire. Le ténia adulte se trouve dans le duodénum des carnivores (chiens, chats, renards,…); ce parasite n'a pas d'action pathogène notable. L'adulte pond des œufs qui infestent l'hôte intermédiaire, un rongeur (en général un campagnol). Ces œufs sont les éléments de résistance et de dissémination. Chez cet hôte intermédiaire, l'œuf donne une larve qui va se développer dans le foie ce qui finit par tuer l'animal à moins qu'un carnivore ne le mange et boucle ainsi le cycle du parasite. L'homme peut se contaminer à partir de l'hôte définitif. La larve se développe alors en général dans le foie. Les signes cliniques apparaissent après 5 à 15 ans d'incubation et sont principalement caractérisés par une défaillance hépatique sévère. La prévention de la contamination humaine utilise des mesures sanitaires :

  • Barrières physiques à la contamination, c'est à dire port de masque et de gants à usage unique lors de toute manipulation de carnivore sauvage ou de ses fèces.

  • Inactivation des œufs. Ces éléments sont assez résistants, les décontaminants chimiques usuels ne sont pas efficaces. Seul un traitement thermique tue les œufs soit par chauffage (2 jours à 45°C ou 2 heures à 60°C à cœur) ou par congélation (une semaine à moins de -70°C).

Un suivi sérologique des personnels exposés au risque est possible, ce qui permet une mise en place rapide du traitement et un pronostic bien meilleur.

Bulletin 2001 de la Société Française de Parasitologie tours.inra

Echinococcose alvéolaire : transformations paysagères et possible émergence RAOUL F., BARDONNET K., DELATTRE P., VUITTON D.A., GIRAUDOUX P. Centre Collaborateur OMS pour la Prévention et le Traitement des Echinococcoses Humaines, ISTE-SERF, Laboratoire de Biologie et Ecophysiologie, Place Leclerc, 25030 Besançon cedex

L’échinococcose alvéolaire est une maladie parasitaire rare, dont les conséquences peuvent être graves, voire mortelles en l’absence de traitement approprié. En Europe, le cycle parasitaire sauvage d’Echinococcus multilocularis, le cestode responsable de la maladie, est réalisé par des carnivores comme hôtes définitifs (renard, chien et chat), et par des campagnols, prairiaux principalement (Microtus arvalis et Arvicola terrestris), comme hôtes intermédiaires. L’homme se contamine par ingestion des œufs infestants, et la larve du parasite envahit le foie. Le cycle parasitaire est fortement lié à des facteurs paysagers. La répartition des cas humains, à échelle régionale, suit une distribution agrégative : la prévalence est significativement plus élevée (5.95 vs. 2.37 cas pour 10 000 habitants) dans les cantons du Doubs où la surface dédiée à la prairie permanente dépasse 35% de la surface totale. C’est dans ces secteurs (i) qu’ont lieu régulièrement de fortes pullulations de campagnols prairiaux, et (ii) que sont observées les plus fortes prévalences chez le renard. Ainsi, le cycle parasitaire serait renforcé, via l’intensification de la relation prédateur-proie, dans des situations paysagères favorables. Ce type d’interaction paysage-populations de rongeurs-cas humains est aussi observée en Chine (Gansu), où la prévalence humaine est plus élevée dans des zones à surface importante de friches, favorables aux proliférations de certaines espèces de rongeurs. Cette évolution de systèmes paysagers à faible risque de pullulation de rongeurs vers des systèmes à haut risque est interprétée comme le résultat de changements d’origine anthropique : spécialisation de la filière lait et extension des herbages dans le Doubs des années 50 aux années 70, et extension des zones des défrichement dans le Gansu dans les années 70. Le succès des vaccinations anti-rabiques a coïncidé avec une augmentation des populations de renards dans plusieurs pays d’Europe continentale depuis environ 15 ans, et avec l’apparition plus fréquente de l’espèce dans les villes. Dans le même temps, en Allemagne et en France, une augmentation significative des prévalences vulpines a été observée. Cette nouvelle situation pose problème quant aux populations urbaines de renards, dont certaines sont porteuses du parasite à des taux élevés. Bien que le déterminisme détaillé de ces coïncidences ne soit pas encore formellement établi, cette nouvelle situation épidémiologique soulève la question d’un risque accru de transmission à l’homme et de l’apparition de la parasitose dans des secteurs où elle n’est pas encore décrite. 

L'échinococcose alvéolaire : la rançon de la gourmandise Terrifiante, l'échinoccocose est due aux oeufs microscopiques d'un ver, un ténia lové dans l'intestin d'un renard ou d'un rongeur. Lequel souille les baies sauvages, les fraises, les pissenlits, les champignons, ou même les légumes des potagers... En les mangeant nous prenons le risque de nous contaminer, sans le savoir. Cette parasitose détruit le foie. Mais très discrètement, en prenant tout son temps. Ce qui doit vous alerter : Il faut une dizaine d'années en moyenne avant de déceler les premiers symptômes.
L'infestation se traduit par une douleur sourde dans la région du foie, suivie d'un amaigrissement et d'un ictère.
Mais lorsque la maladie est diagnostiquée - on la confond souvent avec un cancer du foie - il est déjà presque trop tard. Le seul traitement médical administré freine l'évolution du mal sans l'anéantir. Il exige souvent l'ablation d'une partie du foie, voire une transplantation. Chaque année, quinze à vingt nouvelles victimes viennent s'ajouter à la liste des deux cents malades répertoriés. Heureusement, la plupart du temps, on peut être contact avec le parasite sans développer la maladie. Et si l'on constate une nette progression l'échinococcose en Allemagne, Autriche, et dans certains pays de l'Est, elle se limite en France à la Franche-Comté (les Vosges et l'Alsace sont toutes proches !), la Haute-Savoie et le Massif central. 

La parade : La plus élémentaire prudence doit nous citer à laver très soigneusement fruits et légumes. Mieux encore : la cuisson élimine tout risque. Une bonne occasion de redécouvrir joies de la confiture. La plus grande prudence est de rigueur lors des cueillettes en montagne et en forêt. Il vaut mieux résister à la tentation de la dégustation sur place que de prendre le risque d'attraper cette maladie perfide. alsace-vosges-rando

 Laboratoire de Parasitologie de la Faculté de Pharmacie de Lille Echinococcose alvéolaire : Embranchement des Plathelminthes, Classe des Cestodes, Ordre des Cyclophyllidés Famille des Taeniidae Echinococcus multilocularis 

Morphologie: adulte voisin de E. granulosus voir image larve = métacestode : voir image retard de la couche lamellaire par rapport à la couche proligère ==> envahissement progressif du foie par émission de stolons; l'évolution se fait sur plusieurs années chez l'homme.

Cycle évolutif: Cycle comparable à celui de E. granulosus, mais: HD = renard, chien; HI = rongeurs sauvages (homme accidentellement) 

Epidémiologie: zoonose, hémisphère nord, pays froids ou d'altitude, (les embryophores résistent mieux au froid qu'à la chaleur, survie de l'ordre d'un an dans le milieu extérieur), surtout zones rurales en raison du couple HD / HI sauvages (10 à 20 cas annuels diagnostiqués en France) R de P: renard et rongeurs sauvages

Clinique: taeniasis du renard: asymptomatique, bien supporté 

échinococcose alvéolaire : phases incubation et d'invasion longues (plusieurs années), asymptomatiques puis signes de pathologie tumorale selon la localisation larvaire

foie dans la majorité des cas ==> ictère, hépatomégalie, douleur

notion de "cancer vermineux du foie"

évolution lente, guérison spontanée rare, essaimage possible vers d'autres organes, pas de guérison spontanée

Diagnostic: diagnostic clinique: aspécifique, confusion avec cancer hépatique. diagnostic d'orientation: anamnèse: séjour en zone rurale à risque, éosinophilie inconstante à la phase clinique, imagerie => masse plus ou moins liquidienne arrondie diamètre > 2 cm; contrairement à l'hydatidose, la ponction est autorisée, elle n'augmente pas le risque d'essaimage. diagnostic direct: pas d'extériorisation. diagnostic indirect: recherche d'anticorps circulants détectés par ELISA, immunoblot, électrosynérèse, réactions croisées avec Echinococcus granulosus, utilisation de l'antigène Em2+ plus spécifique

Thérapeutique: chirurgie: (exérèse large de lobe hépatique jusque greffe du foie). chimiothérapie: benzimidazolés (action anti-tubuline): Mébendazole (Vermox®) et Albendazole (Zentel®) cures d'un mois répétées, (effet parasitostatique). risque de métastases et récidives ==> suivi permanent

Prophylaxie: prophylaxie générale: vermifugation des renards et des chiens dans les zones rurales à risque; les rongeurs sauvages sont inaccessibles. prophylaxie individuelle: éducation sanitaire des populations à risque, pas de thérapeutique préventive connue

sante-mayenne