Les maladies nosocomiales

mise à jour : 25/09/2006

 

infection nosocomiale

= infection contractée à l'hôpital.

 

Dans les hôpitaux français, un lit sur dix est occupé par une personne souffrant d'une infection nosocomiale. Ces maladies affectent 800 000 personnes chaque année, causant quelque 10 000 décès (soit au moins autant que les accidents de la route...). 

Sur ces 10.000 personnes qui succombent chaque année à une infection nosocomiale, environ 7.500, soit les ¾, seraient victimes de bactéries multirésistantes aux antibiotiques... C'est pourquoi en 2001, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’inquiétait de la montée de la résistance des souches bactériennes aux antibiotiques

 

 

Site de la mission nationale sur les maladies nosocomiales

 

 

Site du ministère de la santé sur les maladies nosocomiales

 

Le point sur les maladies nosocomiales, fait par le Ministère de la Santé, de la Famille et des Personnes handicapées :

 

Association L.I.E.N. : Lutte Information Etude des infections Nosocomiales.

 

Association visant à aider les victimes d'infections contractées dans une clinique ou un hôpital, l'Association L.I.E.N. a été fondée par des victimes de contaminations hospitalières. Une commission composée de professionnels de la santé et d'avocats conseille la victime sur présentation des dossiers et, si elle le souhaite, l'aide à faire valoir ses droits devant la juridiction concernée (selon qu'elle ait été opérée en clinique ou à l'hôpital). Le L.I.E.N. ne souhaite en aucune façon se positionner comme un adversaire des médecins et hôpitaux mais au contraire comme un partenaire responsable et respectable.

Ce site présente des informations législatives, mais aussi des textes scientifiques et d’actualité, des enquêtes, des affaires exemplaires...

 

Les infections nosocomiales & la loi

 

Maître DURRIEU-DIEBOLT, Avocat, répond aux questions suivantes :

 

Les résistances bactériennes

 

D'après une enquête réalisée en 2002 pour l’assurance maladie, avec 80 millions de prescriptions par an, la France détient le record de la consommation d’antibiotiques. Par exemple, bien que les antibiotiques n’aient aucun effet sur les virus, 30 millions de prescriptions concernent des maladies virales... 40% des rhinopharyngites, 80% des bronchites et 90% des angines sont traitées par des antibiotiques – Or 9 fois sur 10, les rhinopharyngites et les bronchites sont dues à des virus, c’est également le cas pour 3 angines sur 4. Quant aux grippes, elles sont toujours d’origine virale. 

Depuis septembre 2002, les médecins ont à leur disposition des bandelettes test qui permettent de détecter l’origine virale ou bactérienne d’une affection ORL. Le médecin doit "gratouiller" la gorge avec un coton-tige et plonger le prélèvement dans un réactif. Au bout de trois minutes le médecins a le résultat, avec une fiabilité de 97 % environ.

 

La conséquence de cet excès de consommation d'antibiotiques : certaines bactéries sont devenues résistantes aux antibiotiques. 

  • Les infections ORL sont aujourd’hui les plus touchées par ce problème ; le pneumocoque est la bactérie la plus fréquemment responsable des infections respiratoire, et son taux de résistance aux pénicillines est passé de 0,5% en 1984 à 42% en 1999 et, pour les enfants, à 60% en 2001. Si rien n’est fait, les antibiotiques pourraient à terme perdre toute efficacité ! Il est hautement probable qu'un enfant, soigné inutilement par un antibiotique et tombant encore malade deux mois plus tard, verra l'antibiotique se heurter à des souches bactériennes résistantes... sans compter la transmission des microbes de plus en plus résistants au sein des crèches et écoles.

  • Le staphylocoque doré  cause d'infections parfois graves, avait déjà accumulé des résistances à presque tous les antibiotiques ; on en connaît aujourd'hui une souche, apparue il y a peu au Japon, insensible à la vancomycine, dernière molécule jusqu'ici encore capable d'en venir à bout. (C’est un staphylocoque doré qui est la cause du « calvaire de Guillaume Depardieu »).

  • Aux Etats-Unis, les cas de tuberculose sont en augmentation constante, avec une proportion de lignées résistant aux antibiotiques passée de 2 à 9 % en 30 ans. Paradoxalement, c'est dans les hôpitaux que la situation est la plus préoccupante :

Par quels moyens les bactéries deviennent-elles résistantes ? 

Pour l'instant, on connaît deux moyens : 

  • Le transfert de gènes entre souches ou entre espèces différentes, 

  • L'augmentation considérable du taux de mutation. On a longtemps pensé que les organismes ajustaient au plus bas leur taux de mutation, notamment grâce à des systèmes de réparation de l'ADN, pour minimiser les effets des mutations défavorables, largement prépondérantes. Or, paradoxalement, ce sont parfois les bactéries chez lesquelles le système de réparation est endommagé qui se reproduisent le mieux : face à un changement d'environnement, amplifier son taux de mutation peut être bénéfique, si cela permet de s'adapter plus vite. Dans une population bactérienne placée dans un environnement nouveau ou soumise par exemple à des antibiotiques, la proportion de mutateurs pouvait passer rapidement de un pour cent mille à 100 %. La probabilité d'engendrer une mutation favorable est 10.000 fois plus faible que celle de générer une mutation délétère, mais s'il y a 1.000 fois plus de mutations, il y aura plus de mutations néfastes, mais aussi plus de mutations susceptibles d'être retenues par la sélection naturelle. Le fait d'être mutateur a un autre effet : un défaut du système de réparation augmente jusqu'à 1.000 fois la probabilité d'échanges de traits génétiques avec d'autres bactéries. Avec de telles performances, il suffit d'une proportion infime de mutateurs au sein d'une population pour obtenir un effet très marqué : un génotype mutateur fort (dont le taux de mutation est multiplié par 1.000) maintenu à une fréquence faible (1 pour 100.000) engendre très efficacement des mutations favorables, qui se répandent ensuite grâce à la réversion du caractère mutateur. Chez le mutateur, en effet, le système de réparation mute si souvent qu'il peut revenir facilement à l'état normal, ce qui permet la transmission héréditaire des traits favorables apparus.

Article du CNRS  

 

Un exemple "people"

Le calvaire de Guillaume Depardieu

Article de France-jeunes

 

[…] Sept ans sont passés depuis cet accident de moto. Guillaume a du subir 17 opérations à la jambe droite pas toutes nécessitées par cette dernière selon lui elle fonctionnait normalement à l'époque de l'accident même si celle-ci était coupée dans le sens de la longueur. Dès lors, il se dit victime d'un véritable acharnement thérapeutique de la part des médecins qui l'ont suivi.

Mais le plus dramatique est ailleurs, l'homme a contracté une maladie nosocomiale (infection contractée au cours d'une hospitalisation) : "Au bout de la quatrième opération, je me suis chopé un staphylocoque doré et un autre à la cinquième, je suis un échec patent." L'acteur âgé de 32 ans compte même poursuivre l'état et l'hôpital français où fut contracté la maladie.

Cette maladie l'oblige aujourd'hui à se faire amputer. Depardieu prévoit d'entamer des poursuites d'abord en France puis devant la Cour Européenne une fois cette amputation effectuée. Selon lui, les maladies contractées en milieu hospitalier découlent "de négligences et d'une volonté thérapeutique complètement désuète, les médecins croient pouvoir tout combattre avec les antibiotiques, quand je vais à l'hôpital public, je suis censé avoir des garanties". Le fils de Gérard Depardieu devrait être amputé de la jambe "d'ici un mois, on ne peut plus rien faire".

"Aujourd'hui je vis un calvaire, je pourris lentement. Je suis tous les jours sous morphine...". […]

Guillaume Depardieu a été amputé

nouvelobs

L'acteur a été amputé à cause d'un staphylocoque doré contracté dans une autre opération.
Il a fait de ces maladies nosocomiales un combat personnel.

Guillaume Depardieu, 32 ans, a été amputé de la jambe droite en fin de semaine dernière ainsi qu'il l'avait annoncé le 5 mai dernier, a-t-on appris mardi de source proche de l'acteur.

Cette opération était devenue inéluctable, l'acteur ayant contracté à l'hôpital un staphylocoque doré durant l'opération de sa jambe blessée, consécutivement à un accident de moto survenu en 1996.

Guillaume Depardieu avait expliqué que l'amputation était l'unique issue à ses souffrances, les antibiotiques se révélant inefficaces et les doses de morphine, seul antalgique efficace, devant être continuellement augmentées. […]