La tuberculose

La tuberculose est une maladie infectieuse due à une bactérie, Mycobacterium tuberculosis, ou bacille de Koch.

Le nom de tuberculose vient des tubercules (ou follicules tuberculeux), qui se forment pour enserrer et piéger le bacille.

 

Description de la maladie

 

Au début du XIXème siècle, les médecins français Gaspard Laurent Bayle et René Laennec décrivirent la tuberculose et en définirent les formes. (Les deux hommes moururent de cette maladie.)

Le bacille de Koch, présent dans les crachats, est transmis par des gouttelettes de salive ou par des particules de poussière, plus rarement par les sécrétions ou les produits alimentaires. Après la contamination initiale (primo-infection), le bacille peut rester longtemps dans l’organisme à l’état latent : il n'y a pas de symptôme à ce stade.

Le bacille attend un affaiblissement des défenses immunitaires pour se multiplier. On observe alors chez le malade : fièvre, fatigue, sueurs nocturnes, perte d’appétit (anorexie) et amaigrissement. Dans la tuberculose pulmonaire = phtisie viennent s’ajouter la toux, des douleurs thoraciques et des crachats contenant du sang (hémoptysies).

 

Dépistage de la tuberculose

 

Deux examens permettent de savoir si une personne a ou non la tuberculose :

  • Le microbiologiste allemand, Robert Koch, découvrit en 1890, le bacille tuberculeux. En 1890, il mit au point le test à la tuberculine permettant de diagnostiquer la maladie. Ce test consiste à injecter dans l’épaisseur de la peau une substance protéique dérivée de la culture de bacilles tuberculeux : c’est l’intradermoréaction. Une réaction cutanée positive indique qu’il y a eu contact avec le germe de la tuberculose, par infection naturelle ou vaccination.

  • Une radiographie des poumons permet le dépistage des tuberculoses pulmonaires à un stade précoce en mettant en évidence des lésions pulmonaires. 

 

Fréquence de la maladie

 

Plus d’un quart de la population mondiale est porteuse du bacille. Mais seule une très faible proportion de ces personnes développe la maladie de façon apparente : ce sont les personnes qui ont un système immunitaire affaibli par le SIDA par exemple.

La prévalence (nombre total de personnes atteintes à un moment donné) de la tuberculose est plus importante dans les régions pauvres et surpeuplées. Dans certains pays d’Asie, d’Afrique, d’Amérique du Sud ou d’Europe, la prévalence de la tuberculose s’élève à plusieurs centaines de cas pour 100.000 habitants, dix fois plus qu'aux États-Unis. Dans les pays développés, la tuberculose est en nette recrudescence, parce qu’un nombre croissant de patients souffrant du sida sont plus sensibles à cette maladie. 

On assiste de plus à l’apparition de souches résistant aux traitements classiques.

 

Vaccination contre la tuberculose

 

En 1924, Albert Calmette et Alphonse Guérin mirent au point le vaccin protégeant contre le bacille de Koch, le BCG (bacille Calmette-Guérin).

La vaccination par le BCG se pratique par injection intradermique ou, chez le jeune enfant, par multipuncture (avec une bague dont le chaton est muni de petites pointes imprégnées du produit).

En France, le BCG est obligatoire depuis 1953 chez l’enfant qui vit en collectivité, c’est-à-dire au plus tard avant l’entrée à l’école primaire. Jusqu’à l’âge adulte, on s’assure par des intradermoréactions régulières que la vaccination initiale est toujours efficace.

Cette vaccination est actuellement remise en question, pour deux raisons :

  • L'efficacité n'est que de 50 % contre les tuberculoses pulmonaires et 80 % contre les méningites tuberculeuses : le BCG est assez efficace contre les formes graves de tuberculose mais ne protège qu'un enfant sur deux de la tuberculose la plus courante.

  • On n'a jamais démontré que la revaccination apporte un plus par rapport à la première.

La revaccination devrait donc être supprimée et, peut-être, la vaccination systématique va-t-elle disparaître. Car la tuberculose est devenue très rare chez les français, elle touche principalement les migrants et les personnes vivant dans la précarité. Des experts militent pour une vaccination ciblée, limitée aux enfants à risque.

Compte tenu des effets secondaires graves mais rarissimes du BCG, l'organisation mondiale de la santé conseille aux pays d'arrêter la vaccination systématique s'il y a moins de 10 cas de tuberculose pour 10.000 personnes : en France, il y a 10,8 cas pour 100.000 personnes (27 pour 100.000 en Ile-de-France où vivent de nombreux immigrés, 5 pour 100.000 dans les Pays de la Loire par exemple).

 

Traitement contre la tuberculose

 

Autrefois, les personnes atteintes étaient placées dans des institutions spécialisées : les sanatorium. Ce n'est plus nécessaire, seuls les malades bacillaires (dont les crachats contiennent des bacilles) sont contagieux et doivent être soumis à un isolement simple au début du traitement.

L’année 1944 marqua le début de la chimiothérapie de la tuberculose grâce à la découverte d'un antibiotique appelé streptomycine par un microbiologiste américain, Selman Abraham Waksman. Le traitement connut des progrès révolutionnaires avec l’apparition de l’acide paraminosalicylique en 1948, puis avec l’isoniazide. On appelle antituberculeux un antibiotique utilisé contre la tuberculose.

Le traitement peut être préventif chez les personnes, surtout les enfants, qui ont été en contact avec un tuberculeux.

Dans la tuberculose pulmonaire, il faut suivre une trithérapie (traitement par l’association de trois antituberculeux) pendant deux mois, puis une bithérapie pendant six mois.