Les maladies transmises de l'animal à l'homme

La variole du singe

d'après le monde J.Y. Nau, 12.06.03

 

La variole du singe (monkeypox ou orthopoxvirose simienne) est une affection accidentellement transmissible à l'homme due à un virus proche de celui qui est responsable de la variole. 

Le virus responsable s'appelle orthopoxvirus. Il est présent à l'état endémique chez certains rongeurs d'Afrique centrale. Ces rongeurs ne présentent pas de symptômes de maladie.

Chez l'homme, le virus provoque une fièvre accompagnée de maux de tête, d'adénopathies et d'une éruption cutanée faite de pustules qui ne sont pas sans rappeler les lésions caractéristiques de l'infection variolique. Comme pour la variole, on ne dispose d'aucun traitement médicamenteux efficace. 

 

La variole du singe a, pour la première fois, été observée à la fin des années 1950 dans plusieurs animaleries hébergeant des singes cynomolgus originaires d'Asie.

Le premier cas humain a été officiellement recensé en 1970 chez un jeune enfant non vacciné contre la variole et vivant dans une province équatoriale de la République démocratique du Congo (ex-Zaïre). Dans cette région, les singes étaient abondants et fréquemment chassés par la population qui s'en nourrissait. De très nombreux foyers naturels de ce virus furent identifiés en Afrique. Sa faible transmissibilité à l'homme et la protection apportée par la vaccination, alors systématique, contre la variole conduisirent cette maladie à ne pas constituer un problème important de santé publique. 

Quelques petites épidémies humaines furent observées dans une province zaïroise en 1981 et 1986 : ces cas résultaient d'une contamination à partir de rongeurs (des écureuils et des rats) lors d'activités de chasse.

En 1996, une nouvelle épidémie fut enregistrée dans quelques villages zaïrois avec 71 cas, dont 6 mortels. Les recherches menées alors dans ce pays par des spécialistes américains et européens sous l'égide de l'Organisation mondiale de la santé permirent, en 1997, de recenser plus de 400 cas humains, le plus souvent chez des enfants âgés de moins de 16 ans n'ayant pas été vaccinés contre la variole. 

 

Alerte médicale aux Etats-Unis en 2003 

Environ 40 américains sont touchés. C'est la première fois que ce virus est observé dans l'hémisphère Nord ainsi que sur le continent américain. 

L'origine de cette épidémie ? Des rats géants importés de Gambie étaient contaminés. Ces rats auraient ensuite contaminé, dans une animalerie, des "chiens de prairie". Ces deux rongeurs sont très appréciés en tant qu'animaux de compagnie par les américains. La contamination humaine a pu ensuite se produire soit par griffures ou morsures, soit par voie aérienne. 

Les autorités sanitaires américaines ont pris plusieurs initiatives visant à prévenir l'extension de l'épidémie. Les épidémiologistes tentent, notamment, de retrouver l'identité des acheteurs de tous les animaux de compagnie ayant pu être en contact avec des espèces porteuses et qui, à ce titre, seraient potentiellement contagieux.

 

Lors de l'épidémie africaine de 1997, des spécialistes de virologie se demandaient si l'arrêt de la vaccination antivariolique et le développement de l'épidémie de sida n'avaient pas facilité l'émergence et la diffusion de cette nouvelle maladie. La présence de cet agent pathogène aux Etats-Unis ne manquera pas de conférer une nouvelle actualité à cette question.