Le "bébé"

dans le ventre maternel

  

L'embryon

 

  • Pendant le deuxième mois, les principaux organes se forment, c'est l'organogenèse ; le modelage de l'aspect extérieur s'affine, c'est la morphogenèse. C'est alors que peuvent se constituer les malformations congénitales : par exemple le spina bifida apparaît lors de la 4e semaine, les malformations congénitales du coeur sont installées lors de la 5e et la 6e semaine, le bec-de-lièvre se constitue lors de la 7e semaine et la fente palatine (du palais) est visible à la fin du 2e mois.

  • A la fin du 2° mois, l'embryon mesure 3 cm et pèse 11 g. Les premiers mouvements actifs apparaissent. 

  

Le foetus

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  • A partir du 3e mois, l'enfant possède tous les organes au moins à l'état d'ébauche, il a une allure humaine : on l'appelle fœtus.

  • Jusqu'à la naissance, la croissance et la maturation des organes vont se dérouler parallèlement.

  • Après six mois, ces phénomènes peuvent avoir lieu, théoriquement, en dehors de l'utérus si la femme accouche prématurément : le fœtus est dit viable. Mais les risques de séquelles sont particulièrement importants quand l'enfant naît avant d'avoir 30 semaines car ses poumons ne sont pas prêts à respirer et son appareil digestif n'est pas prêt à recevoir du lait ou toute autre nourriture. 

  • Durant le 9° mois, l'enfant est terminé. Tout est prêt pour l'accouchement. En attendant, il prend du poids. En moyenne, il pèse à terme 3300 g et mesure 50 cm.

  

Se préparer à respirer

 

Quand un enfant naît prématurément, il peut avoir tellement de mal à respirer qu'il risque d'en mourir : ses poumons ne sont pas prêts.

Que se passe-t-il durant le dernier trimestre, qui permet aux poumons d'être prêts à respirer ?

 

Vers le milieu des années 1950, le Dr Clements, physiologiste de Boston, a découvert la présence d'une sorte de liquide appelé surfactant dans les poumons. Ce surfactant empêche l'affaissement des alvéoles des petits poumons. Quand un enfant naît prématurément, ses alvéoles pulmonaires ne sont pas tapissées de surfactant, elles ont tendance à rester fermer, c'est pourquoi l'enfant a tant de mal à respirer.

En 1959, le Dr Mary Ellen Avery, pédiatre de Boston travaillant avec un autre physiologiste, le Dr Jere Mead, a découvert que les bébés atteints de la maladie des membranes hyalines souffraient d'un déficit en surfactant pulmonaire et que leur détresse respiratoire était due à un affaissement des alvéoles pulmonaires.

 

Grâce aux travaux de recherche menés par des chercheurs en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis sur des moutons, on a découvert que l'administration de stéroïdes à la mère peut accélérer la maturation des poumons du foetus et «activer» la production de surfactant.

Dans les années 1960-70, des progrès ont été réalisés grâce à l'utilisation de ventilateurs artificiels et de techniques ventilatoires pour éviter l'affaissement des alvéoles pulmonaires.

 

On connaît mieux aussi le surfactant : c'est un liquide composé de protéines et de lipides lubrifiant les alvéoles pulmonaires. Pour éviter la mort des enfants très prématurés ou souffrant de la maladie des membranes hyalines, les chercheurs ont mis au point deux surfactants : un mélange synthétique et du surfactant de poumons de vaches.

 

Des chercheurs ont montré qu’un gène, Foxa2, joue un rôle dans la production de surfactant pulmonaire : ils ont empêché ce gène de fonctionner chez les embryons de souris vers la fin de la gestation, avant que les poumons soient totalement développés, les souriceaux ont eu du mal à respirer à la naissance et sont morts au bout d’une douzaine d’heures. En fait le gène Foxa2 active 55 gènes, dont celui qui permet de produire le surfactant.

 

Les chercheurs ont dû aussi étudier de nombreux autres aspects des soins à apporter à ces nouveau-nés, indépendamment de leur maladie pulmonaire. Par exemple, on a dû étudier des techniques permettant un apport de nutriments et de vitamines suffisant à ces nouveau-nés et les conditions nécessaires à leur croissance.

  

Les annexes embryonnaires

 

Les annexes embryonnaires sont les organes présents de façon transitoire entre la mère et l'enfant.

 

 

Lors de la nidation de l'œuf, les cellules du trophoblaste s'amarrent à la muqueuse utérine pour trouver des nutriments. Une partie se transforme en une fine membrane, l'amnios, l'autre partie, en placenta...

 

  1. L'amnios = "poche des eaux" est une enveloppe remplie de liquide amniotique dans lequel s'effectue le développement embryonnaire.

    Comme l’embryon, l’amnios dérive de la cellule-œuf.

    Son rôle : protéger l’embryon contre la dessiccation et contre les chocs. 

  • L'amnios existe chez les reptiles, les oiseaux et les mammifères : on dit que ces vertébrés sont des amniotes.

  • Chez les poissons et les amphibiens, l’embryon n’est pas protégé par l’amnios : ces vertébrés sont des anamniotes.

  1. Le liquide amniotique est composé d'eau et de déchets provenant de la desquamation de la peau de l'enfant et digérés par l'intestin. Il est stérile et protège le foetus contre la dessiccation et contre les chocs.

    anomalies du liquide amniotique

     

    Le médecin peut prélever du liquide amniotique : la technique s'appelle amniocentèse. Il peut ainsi obtenir des cellules de la peau de l'embryon ou du foetus pour faire une étude chromosomique.

     

    amniocentèse

     

    Pour en savoir plus sur l'amniocentèse :

    Page d'un site suisse - infobebes

     

    On pense que le souvenir de l' odeur du liquide amniotique fait que, dès la naissance, le nouveau-né grimpe vers le mamelon pour retrouver ce goût. On conseille de ne pas laver les mains du bébé lors du premier bain, pour lui permettre de bénéficier encore un peu du goût du liquide amniotique.

     

  2. Le placenta (gâteau en latin) est l'organe reliant le futur bébé et le corps maternel au niveau de l'utérus, permettant les échanges entre le futur bébé et la mère. De plus, il produit les hormones de la grossesse. A terme, c'est un disque de 20 cm de diamètre, de 3 cm d'épaisseur et pesant environ 500 g.

    Grâce à la membrane des villosités placentaires (Replis du tissu placentaire qui baignent dans le sang maternel, permettant les échanges entre la mère et le fœtus), le sang maternel et celui du fœtus restent toujours séparé. Ces villosités forment un filtre.

    Chaque heure, 4 litres de sang sont filtrés par le placenta. La plupart des bactéries sont arrêtées mais certains virus (par exemple celui responsable de la toxoplasmose) passent la barrière placentaire. C'est aussi le cas de certaines drogues et du tabac. Il ne faut prendre aucun médicament sans connaître le risque de passage et de l'effet éventuel sur le fœtus.

    anomalies et maladies du placenta

     

  3. Le cordon ombilical relie le nombril du futur bébé au placenta (et non pas au nombril de la maman comme on l'imagine parfois...). Les veines du cordon ombilical puisent du sang oxygéné et plein de nutriments dans le placenta et l'artère ombilical rejette le sang chargé de déchets et de dioxyde de carbone du fœtus.

    anomalies du cordon ombilical

 

La vie dans l'utérus

 

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Dans l'utérus, le fœtus boit le liquide amniotique ; les résidus non assimilables s'accumulent dans le colon, formant un liquide pâteux appelé le méconium. Il n'y a pas normalement de selles au cours de la vie intra-utérine. (Le méconium sera émis dans les vingt-quatre premières heures de vie).

Le développement du système nerveux central débute précocement et se poursuit tout au long de la vie fœtale et pendant les premières années de la vie extra-utérine. La multiplication des neurones est précoce et s'achève vers la 20° semaine. Ensuite, les connections cellulaires entre neurones se multiplent pendant quelques années. Les cellules gliales se multiplent jusqu'à l'âge de 2 ans. La myélinisation des neurones commence à partir de la 30° semaine et se poursuit jusque vers l'âge de 4 ans. L'augmentation rapide du poids du cerveau qui est constatée dans la deuxième moitié de la grossesse et pendant les deux premières années de la vie extra-utérine correspond à ces phénomènes.

Le fœtus entend les bruits abdominaux maternels, les battements cardiaques, et surtout la voix de sa mère ; il entend sans doute aussi les bruits extérieurs quand ils sont suffisamment puissants, ou suffisamment proches ; on peut lui faire écouter de la musique. Les sons lui parviennent toutefois déformés, non pas tant par l'épaisseur de la paroi abdominale que par la présence du liquide amniotique dans lequel il baigne.

Il perçoit sans doute la lumière lorsque le ventre de la mère est exposé au soleil ou à un éclairage violent.

Il connaît le contact de sa peau avec l'eau et les membranes amniotiques.

Enfin, il bouge, dans une cavité très grande pour lui au début ; puis il grandit plus vite que l'utérus et finit par se trouver à l'étroit. L'amplitude de ses mouvements en fin de grossesse est bien réduite. Il perçoit certainement les contractions que sa mère ressent en fin de grossesse.

 

Pour en savoir plus

 

Le développement de l'embryon et du foetus

Un gène pour respirer

Le traitement par apport de surfactant