Magnésium et grossesse

Le Magnésium fait partie des minéraux indispensables au fonctionnement de toutes les cellules, qu'il s'agisse des muscles, du système immunitaire (défense contre les microbes), de l'équilibre nerveux etc. Il est donc fondamental pour le bon déroulement de la grossesse.

 

Le magnésium à doses nutritionnelles.

 

Divers aliments comme les fruits à coque (amande, noisette...), le chocolat, les bananes ou les coquillages (bigorneaux...) sont riches en magnésium. Cet apport peut être complété si besoin par des comprimés ou des ampoules de magnésium - mais il faut trouver une forme bien assimilée et qui ne provoque pas de diarrhée. On appelle supplémentation cet apport de magnésium sous forme de comprimés / ampoules.

 

Pourquoi une femme enceinte doit-elle veiller à avoir un apport suffisant en magnésium ?

 

Parmi les femmes qui ont eu plusieurs enfants, certaines n'ont eu une supplémentation en magnésium qu'à l'une de leurs grossesses : elles y ont observé plus de confort, et ont donné naissance à un enfant calme.

Une équipe d'épidémiologistes de Taiwan a étudié la relation entre le magnésium de l'eau de boisson et le poids des nouveaux nés, à l'aide de recensements dans les différents districts de Taiwan, de 1993 à 1997. Ils ont estimé que 90 % de la population buvaient l'eau du robinet et que la composition de l'eau de chaque district variait peu au cours de l'année, de 7 mg/l à 18,9 mg/l selon les districts. Leur étude, publiée en 2002, montre que plus la teneur en eau était élevée, moins il y avait de cas de faible poids de naissance.

Des équipes médicales ont comparé des femmes ayant reçu une supplémentation magnésique par rapport à des femmes qui n'en ont pas reçu. Ils ont observé que l'apport de magnésium a permis

  • une réduction significative des hémorragies, des fausses-couches, des accouchements prématurés

  • une prolongation de la durée de gestation.

Ils ont aussi constaté des effets favorables sur le bébé :

  • un poids, une taille et une circonférence crânienne du nouveau-né plus élevés,

  • un score d'APGAR meilleur,

  • une moindre incidence de retard de croissance intra-utérine

Un déficit en magnésium risque de provoquer une hyperexcitabilité de l’utérus, c'est-à-dire des contractions utérines importantes et donc un « travail » prématuré. C'est pourquoi une supplémentation en Magnésium est efficace pour prolonger la grossesse et assurer les « mensurations » du nouveau-né.

Les carences en magnésium de la femme enceinte peuvent provoquer des contractions utérines (d'où menace d'accouchement prématuré), c'est pourquoi la supplémentation diminue le risque de prématurité.

Les déficiences magnésiques maternelles négligées pourraient être à l'origine de problèmes graves à la naissance, surtout chez le prématuré de faible poids de naissance : ce manque de magnésium pourrait jouer un rôle dans la genèse du syndrome de détresse respiratoire, dans la dysplasie bronchopulmonaire, l'entérocolite nécrosante et certaines rétinopathies. Un déficit en magnésium du bébé, souvent lié au déficit de la maman pendant la grossesse, pourrait être un des facteurs de risque supplémentaires de mort subite du nourrisson, en plus de ceux liés à l’environnement du bébé (Température de la pièce, position, présence de couvertures, etc.) .

Mais les conséquences d'un trouble de la nutrition foetale ne s'observent pas qu'à court terme : une déficience magnésique de la femme enceinte pourrait avoir des conséquences sur le foetus et être à l'origine de formes "constitutionnelles" de spasmophilie.

 

Quelle quantité de magnésium est nécessaire ?

 

Une femme a besoin d'environ 5 à 6 mg de magnésium par kg et par jour, soit, pour une femme de 60 kg, 5 x 60 = 300 mg à 6 x 60 = 360 mg. Ce qui correspond aux apports nutritionnels conseillés : 300 mg par jour.

Les besoins d'une femme enceinte sont plus importants, mais les recommandations sont très variables selon les sources, de 400 à 600 mg par jour.

Quant aux besoins si la femme attend des jumeaux ou plus, ils sont assurément plus importants, mais rarement indiqués. Un site américain préconise de prendre 9 gélules de 100 mg par jour.

 

Dans un premier temps, on peut conseiller aux femmes enceintes (surtout en cas de grossesse multiple) de prendre une supplémentation de 300 à 400 mg de magnésium par jour, fractionné en 3 ou 4 fois (100 mg par repas), à moduler au cas par cas.

 

Attention : ne pas prendre de magnésium en cas d'insuffisance rénale.

 

Quelle forme de magnésium peut être conseillée ?

 

Malgré l’avis de certains experts, les recommandations officielles ne préconisent  pas une supplémentation systématique. Pour certaines femmes, augmenter la consommation d'aliments riches en magnésium et boire une eau riche en magnésium peut suffire. Exemple : l'eau d'Hépar contient 119 mg de magnésium par litre. Dans les eaux minérales, le magnésium associé aux sulfates présente un effet laxatif... ça peut être intéressant en cas de constipation, mais cela peut aussi être négatif (diarrhée = élimination de minéraux comme le calcium et le magnésium...)

 

Les formes couramment prescrites par les médecins ont souvent un effet laxatif, et l'assimilation varie d'une personne.

 

Si le magnésium prescrit n'a pas d'effet, si ce n'est laxatif, il faut en changer. Il semble que la forme la plus efficace et non laxative soit un oxyde de magnésium extrait d’eau de mer, associé à un hydrolysat de protéines.

 

Faut-il faire des prises de sang pour savoir si on manque de magnésium ?

 

Non ! autant les prises de sang sont indispensables pour savoir si on a assez, trop ou pas assez de fer, autant les prises de sang sont sans intérêt dans le cas du magnésium : le dosage se fait dans le sérum = en dehors des cellules, alors que le magnésium se trouve essentiellement à l'intérieur des cellules. Le magnésium sérique peut même être en excès alors que les cellules manquent de magnésium.

 

Le magnésium à hautes doses.

 

Autant un apport modéré de magnésium semble bénéfique, autant les apports importants semblent dangereux.

 

Le sulfate de magnésium fait partie des tocolytiques (inhibiteurs des contractions utérines) "classiques". Mais...

Pour obtenir cet effet tocolytique, on injecte d'importantes quantités de magnésium : selon les auteurs, il est question d'une solution à 2% (2 mg/ml) perfusée à raison de 7 ml/min pendant une heure (14 mg/min, 840 mg de magnésium en 1 heure), puis 4 ml/min pendant une deuxième heure (240 mg), et enfin 2 ml/min jusqu'à ce que les contractions aient cessé depuis 12 heures. Ou alors 2 à 4 g de magnésium en 20 à 30 minutes puis 1 à 2 g/h. Dans tous les cas, la femme reçoit plusieurs grammes de magnésium en quelques heures.

 

A de telles doses, le magnésium empêche l'action du calcium, et il n'y a pas que l'activité du myomètre (muscle de l'utérus) qui est ralentie :

  • effet sur le myocarde (muscle cardiaque) et ralentissement de la conduction cardiaque...le sulfate de magnésium est utilisé dans certaines crises cardiaques, mais il peut aussi provoquer un arrêt cardiaque !

  • inhibition de l'agrégation des plaquettes, autrement dit la coagulation ne se fait plus correctement, il y a donc une augmentation des risques d'hémorragie

Il semble qu'on n'utilise plus le sulfate de magnésium comme tocolytique car il est trop dangereux aussi bien pour la mère que pour son enfant. Il serait à l'origine d'une augmentation de la mortalité infantile. Le risque serait de 8% pour des doses totales < 48 g et de 22% pour des doses > 48 g...

 

origine des informations :

 

Magnésium et grossesse : fréquence et importance de la déficience magnésique gravidique, (Juillet/Août 2000)

http://www.adrenaline112.org/urgences/DPharmaco/magnesium.html

http://ist.inserm.fr/basisrapports/premat/355.pdf

http://www.biam2.org/www/Sub2133.html

http://www.i-dietetique.com/?action=breves&id=3170

 

mise à jour : 11/05/2007