La naissance

 

Les menaces d'accouchements prématurés 

 

On parle d’accouchement prématuré quand l'enfant naît avant le début du 9ème mois (36/37 semaines d’aménorrhée). Les risques de séquelles sont particulièrement importants quand l'enfant naît avant d'avoir 30 semaines (32 semaines d’aménorrhée) car ses poumons ne sont pas prêts à respirer et son appareil digestif n'est pas prêt à recevoir du lait ou toute autre nourriture.

 

La menace d'accouchement prématurée est fréquente et reste la première cause de mort périnatale. A la suite d'un surmenage ou d'une infection urinaire, on peut observer des contractions de l'utérus et des modifications du col de l'utérus, et l'enfant risque de naître prématuré. Pour l'éviter, le gynécologue prescrira un repos plus ou moins strict : du simple repos au domicile à l’hospitalisation en service de grossesses pathologiques avec perfusion et repos strict. En ces de menace sévère, on peut préparer les poumons du bébé à une naissance prématurée avec des corticoïdes.

 

Travail et faux travail

 

Le faux travail est assez fréquent. Il s'agit de contractions utérines (douloureuses) sans pour autant agir sur l'ouverture du col. Elles sont donc inefficaces. Elles peuvent survenir par salves à plusieurs reprises, parfois dans les jours qui précèdent le vrai travail. Les futures mamans n'ont pas la possibilité de faire la différence elles-mêmes. Elles doivent donc se rendre à la maternité pour un examen clinique permettant de vérifier l'état du col. En même temps, on fera un monitoring pour enregistrer l'activité cardiaque du fœtus. En cas de travail inefficace, mieux vaut renvoyer la future maman à la maison...

 

Le travail est déclenché par plusieurs facteurs qui peuvent être simultanés :

  • la libération de prostaglandines par les membranes au niveau du col, entraînent une modification du col (maturation) et des contractions utérines,

  • la distension musculaire de l'utérus, dont les fibres musculaires sont plus excitables, le tout aussi sous influence hormonale (œstrogènes).

  • Un examen du col de l'utérus en fin de grossesse, un rapport sexuel, une rupture des membranes (rupture de la poche des eaux spontanée ou artificielle) peuvent déclencher l'accouchement par libération de prostaglandines.

La durée du travail pour un premier accouchement est d'environ dix heures en tout. Selon une vieille règle souvent vérifiée, on compte 1 cm de dilatation par heure pour le col de l'utérus, jusqu'à dilatation complète, c'est-à-dire 10 cm de diamètre, permettant ainsi le passage de la tête du bébé. Pour une deuxième naissance, c'est un peu moins, cela peut être beaucoup plus court...

 

L'accouchement

 

 

L'accouchement est l'ensemble des étapes de la sortie du bébé hors du ventre maternel :

  1. dilatation du col de l’utérus : Première phase de l’accouchement, c’est l’ouverture du col de l'utérus à la suite des contractions des muscles de la paroi de l'utérus.
  2. expulsion du bébé : c'est le moment où le bébé sort enfin.
  3. décollement du placenta ou « délivrance » : le placenta se détache de la muqueuse utérine et est éliminé.

En savoir plus sur l'accouchement 

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Soulager la douleur lors de l'accouchement

 

La péridurale est une technique d'analgésie (suppression de la douleur), on fait une injection locale d'un produit anesthésiant au niveau des racines nerveuses conductrices de la douleur.

Selon la dose de médicaments, les racines nerveuses conductrices des mouvements seront, elles aussi, endormies. Ce dernier cas est intéressant pour la réalisation des césariennes et pour voir naître son enfant malgré l'intervention.

Malgré l'analgésie péridurale, la maman aura des sensations. Elle sentira son ventre se durcir. Elle va aussi sentir les mouvements du bébé, mais de manière différente. Elle doit retrouver de nouveaux points de repère dans son corps. Elle sentira aussi son bébé descendre dans le bassin et la tension sur le périnée lors de l'accouchement. Il vaut mieux garder les sensations de l'accouchement, si la femme supporte ces sensations, elles lui seront utiles pour les efforts expulsifs ; elle sentira et maîtrisera mieux la poussée de son bébé pour la naissance.

 

Les avantages de la péridurale

Aujourd'hui, neuf femmes sur dix choisissent d'accoucher sous péridurale.

  • Bénéficier d'une analgésie péridurale apporte à la maman la disparition des douleurs des contractions utérines.

  • La maman se sentira donc moins fatiguée après l'accouchement et plus apte à accueillir son bébé.

On n'utilise pas toujours la péridurale :

  • On peut, par choix personnel, ne pas souhaiter la pose d'une analgésie péridurale.

  • Un travail trop rapide n'offre pas le temps matériel pour poser une anesthésie péridurale.

  • Une équipe d'anesthésie occupée sur une urgence vitale peuvent priver la maman d'une analgésie péridurale.

  • Il existe des contre-indications médicales, comme certaines maladies sanguines ou un bilan sanguin perturbé.

Il peut y avoir des effets indésirables :

  • un prurit = des démangeaisons diffuses sur le corps qui sont liées aux produits anesthésiques.

  • Plus rarement, des maux de tête dus à une petite brèche de la membrane qui emprisonne le liquide céphalorachidien. Celui-ci peut alors s'écouler et, en créant une dépression, donner des maux de tête. L'antidote est le "blood patch" : l'anesthésiste crée un bouchon au niveau de la brèche en réinjectant du sang de la maman. Ce sang va coaguler et colmater l'écoulement. Les soins qui suivent sont simples : boire beaucoup, rester en position allongée stricte pendant 24 heures et prendre des antidouleurs en cas de besoin.

  • Lors de l'installation de l'analgésie péridurale, la tension artérielle de la mère peut diminuer et entraîner une sensation de malaise. Cela est contrôlable en changeant de position (se mettre sur le côté gauche), en augmentant le débit de la perfusion et, si nécessaire, en injectant un médicament : l'effédrine.

  • Le travail dure plusieurs heures, durant lesquelles la maman reste allongée... Ne sentant plus la douleur, l'organisme n'est pas alerté par un signal lui indiquant qu'il faut changer de position. La maman peut ressentir des courbatures, surtout lombaires, après dissipation des effets de la péridurale.

Il existe d'autres moyens de lutter contre la douleur à l'accouchement

  • Toutes les préparations classiques à la naissance mais aussi la sophrologie et l'haptonomie peuvent être des alternatives à l'accouchement sous péridurale, car elles amènent la maman et le couple à maîtriser la douleur. La préparation pendant la grossesse apprend à la femme à recharger ses "batteries" entre les contractions utérines.

  • Il existe aussi un gaz, le protoxyde d'azote, que la femme peut inhaler en salle de naissance et en position allongée. L'effet peut être bénéfique si la femme parvient à dominer sa douleur et à ne pas perdre le rythme des respirations, qui lui apporte le soulagement. Ce gaz donne à la mère une sensation de vertige et d'ivresse, qui peut être mal vécue. Mais en aucun cas ce gaz ne pourra enlever totalement la douleur des contractions utérines.

  • Enfin, il existe la possibilité de faire une perfusion à débit très contrôlé de morphinique, qui aura aussi un effet sur tout le corps, et pas uniquement le ventre et l'utérus.

  • Le moment du passage du bébé au niveau du périnée est une sensation brève par rapport au travail, mais très difficile à supporter à cause de l'étirement maximum des muscles et des tissus périnéaux. La sage-femme peut alors, juste avant les efforts de poussée, réaliser une anesthésie locale des nerfs honteux, conducteurs de la douleur au niveau du périnée.

  • L'acupuncture est aussi un moyen efficace.

 

Les complications lors de la naissance

 

Le terme de la grossesse est un moment délicat. L’accouchement peut parfois s’accompagner de troubles avec des risques de souffrance fœtale lors de l’accouchement, en particulier :

Pas facile quand le bébé naît par le siège...

 

Les médecins utilisent parfois les forceps pour aider le bébé...

forceps

 

Les soins à la naissance

 

Une infirmière aspire les mucosités qui peuvent plus ou moins encombrer la bouche et le nez pour que le bébé puisse bien respirer, le cordon ombilical doit être coupé, on verse 2 gouttes de collyre dans chaque oeil, on le pèse (s'il pèse moins de 2,7 kg c'est un petit bébé, s'il pèse plus de 3,7 kg c'est un gros bébé) et on le mesure, sur une table chauffante ou sous un cône de chaleur ; on lui fait souvent prendre un bain puis le bébé subit une série de tests : le médecin vérifie sa respiration, ses battements cardiaques (environ 100 à 120 par minute), son tonus musculaire, ses réflexes.

Il y a aussi des tests de dépistage de maladies génétiques comme la phénylcétonurie.

La maman pourra ensuite allaiter son bébé.

  

  

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