Le cannabis
= majijuana, haschich, joint, shit, chanvre

L’état d’euphorie, accompagné d’une tendance au rire facile et peu motivé, et d’un sentiment de relaxation, de légèreté et de flottement, est l’effet majeur du cannabis. 

Chez certaines personnes, il provoque aussi des hallucinations = perturbations sensorielles augmentant les perceptions visuelles et parfois auditives. 

Peu de consommateurs de cannabis développent une accoutumance, mais certains deviennent dépendants. Il existe deux types de dépendance : 

  • Dépendance psychique : condition dans laquelle la drogue produit un sentiment de satisfaction et une impulsion psychique qui exigent une administration périodique ou continuelle de la drogue pour produire un plaisir ou bien pour éviter un état dépressif.

  • Dépendance physique : état d'adaptation qui se manifeste par des troubles physiques intenses quand l'administration de la drogue est suspendue. Ces troubles, c'est à dire les syndromes de retrait et d'abstinence se traduisent par des symptômes de nature psychique ou physique qui sont propres à chaque type de drogue.

La dépendance au cannabis est essentiellement psychique, un besoin impérieux pousse le consommateur à en prendre à nouveau, la privation de cannabis entraîne anxiété et angoisse, voire une déprime pouvant mener au suicide, + une diminution de l’appétit. Cette dépendance peut se faire en 3 mois à 2 ans. Toutefois, les consommateurs de cannabis semblent être moins dépendants que ne le sont les utilisateurs d’autres drogues (dont l’alcool et la nicotine).

Le cannabis et l’école. 

La résine de cannabis contient plus de 400 composants. Un de ces composants est à connaître : le THC : delta-9-tétrahydrocannabinol. Selon la forme et la quantité de cannabis consommé, on absorbe plus ou moins de THC.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), un joint contient entre 0,5 et 1,0 gramme de cannabis (moyenne de 750 mg) dont le contenu en THC peut varier entre 7,5 et 225 mg (1 à 30 %). 

La quantité de THC transmis par la fumée est environ de 20 à 70 %, le reste étant perdu dans la combustion, la fumée. La fraction de THC dans le joint qui atteint la circulation sanguine est de l'ordre de 5 à 24 %. Donc si le joint contenait 100 mg de THC, 5 à 24 mg arrivent dans le sang.

 

Quels sont les effets du THC sur le cerveau ?

Pour connaître l’action du THC sur le cerveau, des personnes ayant absorbé des doses variables de THC devaient faire des tests mesurant leur mémoire, leur attention, leur temps de réaction : 

A partir de 40 µg de THC x poids en kg de la personne (par exemple, pour une personne de 50 kg, à partir de 40 x 50 = 2000 µg = 2 mg de THC), la personne réussit moins bien les tests. 

Les chercheurs ont prouvé que le THC altère les processus d’apprentissage, en particulier la mémoire à court terme. 

Les gros consommateurs peuvent avoir des trous de mémoire, réagir plus lentement, manquer d’attention, être moins capables d’organiser et intégrer des informations complexes (ces déficits peuvent disparaître après une abstinence prolongée). 

 

Le THC peut se transformer en cannabinol (CBN). Un cannabis de mauvaise qualité contient moins de THC et plus de CBN qu'un cannabis de bonne qualité. Autant le THC est euphorisant et stimulant, autant le CBN serait responsable de dépressions, démotivation et perte de mémoire à long terme.

Des projets aussi simples que se promener, aller au cinéma, faire une partie de tennis, sont abandonnés après avoir fumé 1 ou 2 joints. Les utilisateurs habituels de 3, 5 ou 6 joints par jour changent de comportement : les soins d'hygiène sont espacés, le respect de soi-même et des autres diminue, l'aspect vestimentaire n'est plus un problème. Alors étudier… 

On note chez les utilisateurs habituels un absentéisme scolaire, les résultats s'en ressentent. Une enquête sur 4800 élèves de collèges et lycées en 2000-01 montrait que 40 à 50% des redoublements concernaient des jeunes chez qui on avait découvert la consommation du cannabis dans l'année précédente.

Chez 5 à 10% des consommateurs de cannabis, il n'y a plus que le cannabis qui compte.

Le cannabis et la conduite.

Planer ou conduire, il faut choisir... le cannabis seul cause 17 à 21% des accidents de la route ! 

Pourquoi le cannabis provoque-t-il tant d'accidents ?

Le cannabis altérant la mémoire à court terme, celui qui a fumé un joint peut, par exemple, arriver à un carrefour, continuer en brûlant la priorité à un autre conducteur, car il a oublié avoir vu le panneau « Stop » !

Une expérience, réalisée pour en savoir plus, a été proposée à des personnes n’ayant jamais fumé de cannabis et ne savant pas si la cigarette qu’on leur demandait de fumer contenait ou non du cannabis. Les personnes ayant fumé du cannabis avaient une attention et une concentration diminuées, des modifications de la motricité et de la coordination, une difficulté à apprécier la situation environnante gênant la prise de décision et les actions rapides.

D’autres tests ont été menés sur 5 conducteurs, dont trois consommateurs occasionnels de cannabis. Sachant que l’œil joue un rôle primordial dans la conduite (par lui transitent 90% des informations nécessaires à l’anticipation des gestes du pilote), on a testé l’acuité visuelle, la vision des reliefs, des couleurs, des contrastes, la vision de nuit, la vision périphérique, le temps de récupération après éblouissement. Les fumeurs de cannabis font tous des erreurs dans la vision des couleurs, le temps de récupération après éblouissement augmente en moyenne de 63% et deux sur cinq ont des difficultés à stabiliser un point fixe et à apprécier les distances.

Autre test, on place des plots pour délimiter un virage, et on compte le nombre de plots renversés par les voitures : ceux n’ayant pas consommé de cannabis ne renversent pas de plots à 40 km/h et en renversent 4 à 50 km/h, ceux ayant consommé du cannabis renversent 2 plots à 40 km/h et 7 à 50 km/h.

 

24 heures après avoir fumé une cigarette de cannabis, des chauffeurs de train ont été à l'origine de collisions.

10 commandants de bord de Boeing 747 ont accepté de participer à une expérience : 5 ont eu des cigarettes de tabac et 5 des joints ; 24 h après avoir fumé, ils devaient voler sur un simulateur. Alors qu'ils se disaient en pleine forme, les 5 pilotes ayant eu un joint se sont 'crashés'. Ils commettaient des erreurs grossières, inhabituelles pour eux, de pilotage et d'atterrissage. 

Pourquoi le cannabis reste-t-il dangereux durant 24 heures ?

Des américains ont fait une expérience répondant à cette question. Une centaine d'étudiants ont fumé un joint avec un THC radioactif, les chercheurs pouvaient suivre ce THC : le THC se fixe sur certaines cellules du cerveau durant plusieurs semaines, il y a un effet cumulatif (le THC du joint fumé après s'ajoute à celui déjà fixé), le THC reste stocké dans les graisses qui entourent le cerveau et, en cas de stress, la fonte des graisses libère le THC. 

Il a été prouvé qu’il faut des mois au corps humain pour évacuer totalement les résidus d’une dose de T.H.C. Pour éliminer la même quantité d’alcool, six heures seulement sont nécessaires. Cela signifie qu’en consommant 2 à 3 joints par semaine, le fumeur reste en permanence sous l’effet du T.H.C...

C'est parce que le corps stocke le THC qu'il n'y a pas de dépendance physique visible... 

Autres effets du cannabis. 

Le THC perturbe le fonctionnement du cerveau, mais aussi du système immunitaire qui nous défend contre les maladies, du système cardio-vasculaire (il est possible que le cannabis ait été à l'origine d'accidents cardiovasculaires ayant conduit à la mort car le cerveau ou le cœur manquaient de dioxygène), la reproduction (l’homme produit moins d’hormone mâles, ceux qui fument trop de joints deviennent impuissants)… 

En prenant une cigarette de poids comparable, il y a quatre fois plus de goudron qui peut se déposer dans les poumons d’un fumeur de cannabis que dans ceux d’un fumeur de cigarette : fumer 5 à 10 joints par jour peut donner, en un an, des sinusites et bronchites chroniques – il faut 5 à 10 ans en fumant 20 à 40 cigarettes de tabac par jour.

BD sur le cannabis 

Dossier très complet sur le cannabis par l'association nationale des intervenants en toxicomanie ANIT 

Le cannabis : quelques points scientifiques 

Page de l'encyclopédie vulgaris-medical sur le cannabis 

Autre document sur le cannabis 

Document sur la quantité de THC absorbée 

Facteurs qui jouent sur les effets du cannabis 

document à télécharger

Une page pour les parents : 

"Cannabis, en parler aux ados"

Des pages pour les enseignants : 

Enquête menée au lycée Rabelais de Meudon  

Données scientifiques