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Ce n'est pas
l'excès de magnésium - sauf chez les insuffisants rénaux - mais la carence
qui est à redouter.
Or, selon certaines études, 18 % des hommes et 23 % des femmes n’avaient
pas leur quota de magnésium. D’après une autre étude, menée en France
auprès de 5 448 personnes, environ 75 % de la population adulte aurait des
apports nutritionnels en magnésium inférieurs à ceux recommandés (Les
apports nutritionnels conseillés en magnésium).
Pourquoi ces carences ?
Étant donné que le magnésium de source alimentaire est surtout associé à
des aliments plutôt riches en calories, la tendance alimentaire actuelle à
diminuer l'apport en calories tend à créer un déficit généralisé en
magnésium au sein des populations de nos sociétés industrialisées. De
plus, le raffinage généralisé des aliments tend à faire diminuer
significativement leur teneur en magnésium.
On manque de magnésium quand :
• on a une alimentation restrictive, que l’on se prive de pain, de légumes
secs, de céréales ;
• on consomme trop de plats industriels, de produits raffinés, de snacks.
Certaines maladies sont responsables de carence en magnésium : les
malabsorptions, les psychoses, les névroses, le diabète, l’hyperthyroïdie,
l’excès d’œstrogène.
De très nombreux médicaments sont aussi
responsables de pertes importantes de magnésium.
Enfin, un excès de manganèse, de calcium ou de potassium sous forme de
suppléments pourrait entraîner une carence en magnésium.
L'hypomagnésémie (quantité de magnésium dans le sang
insuffisante) souvent associée à une hypokaliémie (quantité insuffisante
de potassium dans le sang) et à une hypocalcémie (quantité insuffisante de
calcium dans le sang), s'observe surtout en cas de troubles digestifs,
diarrhée notamment, et d'insuffisance d'apport par voie orale ou
parentérale. Elle est fréquente chez les alcooliques chez qui elle
pourrait favoriser l'apparition de delirium tremens.
L'hypomagnésémie s'observe fréquemment chez les nouveaux-nés où elle se
manifeste par divers symptômes, nervosité, hyperréflectivité, hypertonie
musculaire et parfois convulsions, symptômes qui régressent après
l'administration de magnésium.
L'hypomagnésémie prédispose aux troubles du rythme cardiaque et aux
spasmes des artères coronaires.
Une déficience concomitante en potassium et magnésium et en calcium est
fréquemment observée. Dans ce cas, la correction préalable de la
déficience en magnésium est nécessaire pour obtenir une correction des
autres déficiences, peut-être parce que le magnésium est nécessaire au
fonctionnement de la pompe Na+/K+-ATPase à l'origine
de la polarisation cellulaire.
Mais attention, on peut avoir une carence en magnésium sans que cela se
voit au niveau de la quantité de magnésium dans le sang !
Quels sont les signes d'une carence en magnésium ?
Le magnésium intervenant dans de très nombreuses fonctions, sa carence
peut avoir pour conséquence des troubles cardiovasculaires, rénaux,
osseux, immunitaires. De récentes études ont montré que ce manque avait
une répercussion sur les métabolismes des glucides et des lipides. Le
déficit magnésique entraîne des troubles de la personnalité de type
névrotique, une anxiété, une hypochondrie, des phobies voire une
dépression.
On impute à l’insuffisance de Mg, la multiplication des cancers des
épithéliums, des maladies cardio-vasculaires et la diminution de la
résistance cellulaire. Aussi, le recours au magnésium sous forme de
supplémentation, en veillant en même temps à l'équilibre calcium-phosphore
et à celui du chlorure de potassium, permettra de prévenir les maladies de
dégénérescence, cancer, artériosclérose et vieillissement cellulaire
prématuré. Favorisant la fixation du calcium, le rapport
magnésium-calcium-phosphore contribue en même temps à l'élimination du
calcium pathologique, des dépôts calcaires qui sclérosent les artères et
leur font perdre de leur élasticité.
Un manque de magnésium provoque une hyperexcitabilité nerveuse et
musculaire, avec survenue de crampes, fourmillements, sensibilité exagérée
au stress, spasmes artériels, insomnies,
augmentation du rythme cardiaque, réactions allergiques, vertiges,
migraines, anxiété, hyperémotivité, fatigue psychique et musculaire,
refroidissement des extrémités par temps froid et humide (syndrome de
Raynaud).
Chez le sujet en manque de magnésium, un stress aigu provoque une
libération importante d’adrénaline par la glande surrénale.
L’adrénaline entraîne une contraction musculaire, d’autant plus importante
que le déficit est important.
Cette contraction s’accompagne d’un effet de chasse du magnésium des
cellules musculaires vers le plasma. Le rein élimine cet excès plasmatique
de magnésium entraînant sa fuite urinaire.
Cette perte de magnésium accroît la vulnérabilité au stress. Après un
stress aigu, un déficit en magnésium sera ressenti comme une sensation
d’épuisement, une fatigue chronique, une fatigabilité à l’effort ou «des
coups de pompe». Il aboutit à une dynamique auto-aggravante.
Les sujets spasmophiles ont une
hypersensibilité au bruit corrélée à un taux bas de magnésium
érythrocytaire (dans les globules rouges).
Chez l’animal, l’injection de catécholamines ou le déficit en magnésium
entraîne une accélération de la perte de l’audition sous l’effet du bruit.
Chez les pilotes militaires, l’importance de la perte auditive est
corrélée à la baisse du magnésium sérique. La supplémentation en magnésium
réduit la baisse de l’audition induite par une exposition permanente au
bruit. Des ouvriers subissant un niveau de bruit élevé, entre 86 et 103
décibels, ont des taux sériques de catécholamines augmentés et une tension
artérielle systolique élevée, en corrélation inverse avec le taux de
magnésium érythrocytaire. Sous l’effet du stress, plus le taux de
magnésium est bas, plus la tension artérielle s’élève.
Quand
doit-il y avoir un apport supplémentaire de magnésium ?
La principale indication de supplémentation en magnésium est le
stress et ses conséquences : la tétanie
latente, la spasmophilie, le syndrome
d’hyperventilation, les syndromes de fatigue chronique, de labilité et
d’hyperactivité, les signes d’hystérie, de dépression et d’hypochondrie.
Chez des sujets présentant un magnésium érythrocytaire bas ou normal, la
prise de magnésium réduit la vulnérabilité au stress. Elle permet de
réduire les sécrétions de catécholamines et de glucocorticoïdes lors du
stress. La supplémentation en magnésium améliore la tolérance au stress et
lutte contre ses manifestations centrales : hyperémotivité anxieuse,
paresthésies pharyngées et laryngées, oppressions thoraciques, respiration
bloquée, tremblements, asthénie nerveuse matinale, maux de tête et nuque,
vertiges, insomnies, lipothymies (impression angoissante d’évanouissement
imminent avec pâleur, sueurs, tintement d’oreille et vue trouble).
Elle évite les manifestations périphériques du stress : paresthésies,
picotements, fourmillements, tremblements, fasciculations (contractions
musculaires simultanées visibles sous la peau, mais ne provoquant pas de
déplacement), crampes, algies du rachis, contractures, myoclonies
(contractures brèves et involontaires), fatigabilité exagérée à l’effort…
Une supplémentation est aussi conseillée pendant la
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