La Spasmophilie

Le terme « Spasmophilie » est apparu pour la première fois dans une publication médicale française en 1948, à l’initiative du professeur Claude Klotz, qui dirigeait alors le service d’endocrinologie de l’hôpital Bichat. Le professeur Klotz tentait alors de mettre un nom fédérateur sur un syndrome extrêmement difficile à cerner. Il pensait alors qu’en définissant mieux ce syndrome, et qu’en lui donnant une « identité », on parviendrait certainement à mieux prendre en charge les plaintes des patients concernés. Au fil des années, le professeur Klotz a beaucoup publié sur le sujet, avec en particulier en 1982 un ouvrage destiné au grand public « Être spasmophile et bien portant »

En France, près de 10 millions de personnes souffriraient de spasmophilie, principalement des femmes ; la spasmophilie est souvent familiale. La définition communément admise est : "une hypersensibilité neuromusculaire et affective".

La définition du Dictionnaire Médical Flammarion : « Etat caractérisé par des manifestations chroniques de tétanie sans anomalie calcémique patente. Le (ou les) mécanisme(s) exact(s) de cet état chronique d'hyperexcitabilité neuromusculaire reste(nt) à préciser. Son existence est discutée. »

La définition que l'Association Spasmophilie et Sérénité en donne : « Un terrain dont l'hypersensibilité est très probablement génétique, qui se manifeste par une grande dépendance à l'environnement et une vulnérabilité aux stress acquises dès le sein maternel, c'est-à-dire congénital. »

Il est essentiel de comprendre que la spasmophilie n'est pas une maladie mais un terrain qui remonte à la vie in utero. Un terrain s'entretient, se nettoie, se nourrit. Laissé en friche, il se détériore et la maladie peut y faire son lit : ce sont les crises de spasmophilie. Pour que ce qui est semé pousse et fructifie, il faut un bon jardinier. Le jardinier est le spasmophile lui-même ; le médecin, les thérapeutes, les médicaments, les exercices thérapeutiques sont les outils indispensables.

Caractérisée par des spasmes musculaires ou des crises de contractures, la spasmophilie correspond à un état d'hyperexcitabilité des muscles. Outre-Atlantique, on la considère plus souvent comme un symptôme que comme une maladie. Mais on trouve des informations intéressantes si on cherche du côté des déficiences en magnésium.

La spasmophilie est une hyperexcitabilité neuromusculaire qui se manifeste par des symptômes spasmodiques (Crampes, fourmillements dans les jambes, les bras, les mains et le visage ; "Boule" dans la gorge, gorge serrée, troubles de déglutition ; Brûlures, crampes et noeuds à l'estomac, aérophagie ; spasmes intestinaux, colites et ballonnements ; contractions de l'utérus, douleurs prémenstruelles importantes ; tensions des mâchoires ; douleurs musculaires et articulaires.)

+ des symptômes physiques divers (troubles de la vision et de l'ouïe : mouches devant les yeux, paupières qui tremblent, sifflements et bourdonnements d'oreille, diplopie ; asthénie = fatigue, principalement le matin à cause d'un sommeil non réparateur ; tachycardie = accélération du rythme cardiaque, extrasystoles = contractions prématurées du cœur causant parfois une légère douleur, éréthisme cardiaque = hyperexcitation du cœur ; oppression respiratoire ; perte de la libido ; troubles du sommeil)

+ des symptômes anxio-dépressifs (Irritabilité ; Anxiété ; Phobies ; Déprime ; Apathie).

Les troubles intestinaux (colites, constipation, ballonnements…) seraient présents chez 70% des spasmophiles et les troubles hépatiques chez 20%.

Selon le type de symptôme prédominant, on distingue trois formes de spasmophilie : des formes centrales, des formes neuro-végétatives et des formes périphériques.

Causes :

Les causes de ce dérèglement sont mal connues, il existe une prédisposition génétique, on naît spasmophile mais ce terrain n'occasionne des troubles que lors d'un déséquilibre (fatigue, surmenage, grossesse ...).

L'origine est métabolique. Il existe un défaut de réabsorption du magnésium au niveau de la membrane des cellules, ce qui n'arrive pas à compenser l'effet excitateur du calcium au niveau cellulaire et entraîne donc une hyperexcitabilité… Mais magnésium et vitamine D, s’ils sont utiles et donnent un « coup de fouet », ne guériraient que 10% des spasmophiles.

Les facteurs psychologiques sont importants, mais doit-on les placer en cause ou/et en conséquence de la spasmophilie ? On est vulnérable aux stress quand on manque de magnésium, et le stress augmente les besoins en magnésium...

Les hormones ont une grande influence sur ce type de métabolisme, les femmes seront plus mal avant les règles. Certaines sécrétions sont particulièrement liées à l'affectivité et au sentiment de plaisir ou stress : ce sont la dopamine et la prolactine, la première inhibant la seconde, toute libération étant dépendante de la disponibilité en calcium et en magnésium...

Termes associés à la spasmophilie :

Multiplicité des noms désignant la même problématique : tétanie latente, hypersensibilité, prolapsus de la valve mitrale, dystonie.

Pathologies proches : fibromyalgie, syndrome de fatigue chronique.