Une manifestation paroxystique de la spasmophilie :

la crise de tétanie

 

La première description de la tétanie fut donnée en 1852 par Corvisart, un descendant du médecin de Napoléon. Dix ans plus tard, Trousseau fit une leçon magistrale sur le même sujet.

 

Les crises de tétanie se manifestent par des fourmillements (paresthésie) ou un engourdissement suivis par des contractures douloureuses des muscles des extrémités, donnant des “mains d’accoucheur” (doigts demi-fléchis, serré les uns contre les autres) et parfois une contracture des pieds en extension et une contraction de la bouche en “museau de tanche”.

Les femmes et les enfants sont plus souvent touchés.

 Il est possible de reproduire les troubles en comprimant les membres au niveau des troncs nerveux ou des gros vaisseaux (signe de Trousseau).

 

La tétanie peut être liée à une hypocalcémie, c’est-à-dire à une concentration insuffisante de calcium dans le sang, responsable également d’autres troubles.

 

Mais le plus souvent, les crises apparaissent lorsqu'une personne respire avec une fréquence et une amplitude excessive (hyperventilation), lors d'épisodes anxieux ou à l'occasion d'efforts intenses.

Lorsque nous respirons, le dioxygène contenu dans l’air passe dans le sang et le dioxyde de carbone, déchet de l’activité cellulaire se trouvant dans le sang, est rejeté dans l’air. Pour assurer une ventilation adéquate, une personne en santé et au repos respire environ 12 fois à la minute.

Lorsque la respiration est rapide et saccadée, la quantité de dioxygène aspiré est anormalement élevée et l'élimination du dioxyde de carbone par les poumons est excessive. Cela entraîne une diminution du dioxyde de carbone dans le sang. Le sang s’alcalinise (le pH augmente, on parle d’alcalose respiratoire). Les échanges entre calcium et magnésium au niveau cellulaire sont perturbés et des troubles neuromusculaires apparaissent : douleurs, tensions, crampes, tremblements...

Les causes les plus communes de l'hyperventilation sont l'anxiété, la fièvre, la douleur intense, l'usage de l'alcool, la surconsommation de certains médicaments (comme l'aspirine) et de certaines drogues ou une infection sérieuse. L'asthme, la grossesse, l'altitude et l'acidose métabolique peuvent aussi entraîner de l'hyperventilation, de même que certaines maladies pulmonaires ou coronariennes et certaines pathologies du système nerveux central.

L'hyperventilation est une réponse normale au stress. Nous en subissons presque tous les effets lorsque nous faisons face à une situation inhabituelle ou après une session intensive d'exercice. Elle peut se produire en quelques secondes, sous une forme aiguë et souvent spectaculaire, mais elle peut aussi être chronique. On parle alors du « syndrome chronique d'hyperventilation ».

Le premier symptôme de l'hyperventilation est une respiration rapide et saccadée.

Elle est accompagnée d'agitation, de vertiges, de fourmillements et de tremblements des mains ou des doigts, d'une vision trouble et de la sensation de flotter dans les nuages. On peut aussi noter une sécheresse de la bouche, des difficultés de concentration, des crampes musculaires, la sensation de perdre conscience, des palpitations, des douleurs thoraciques, des flatulences, de l'aérophagie et de la fatigue.

Dans certains cas sévères, il peut y avoir perte de connaissance, arythmie cardiaque et des contractures musculaires allant jusqu'à la tétanie.

Pour toutes ces raisons, l'hyperventilation est souvent à la source de crises de panique.

 

Que faire ?

En cas d’hypocalcémie liée à une maladie, il est nécessaire de rétablir le taux de calcium sanguin. Mais l’injection de calcium n’a aucune utilité lorsque les crises sont liées à une hyperventilation.

La panique s’empare souvent de la personne qui fait une crise d'hyperventilation. La première chose à faire est donc de la rassurer. Le fait de respirer dans un sac, de sorte que le dioxyde de carbone réintègre les poumons, peut apporter un soulagement des symptômes. l'intervention ne devrait pas prendre plus de 5 à 15 minutes et le sac doit être retiré dès que les signes de l'hyperventilation ont disparu.

Cette méthode doit cependant être utilisée avec prudence, la manoeuvre pouvant être dangereuse pour une personne qui ferait une crise d'asthme et qui présenterait des symptômes similaires à ceux de l'hyperventilation. L’appel d’un médecin est indispensable. Il pourra administrer un sédatif, rassurer et créer un climat de confiance.

Il faut se rappeler que l'hyperventilation est un symptôme. Le traitement à long terme implique donc que l'on traite les véritables causes de l'hyperventilation, que ce soit l'anxiété, un autre état ou une autre maladie.

Quant au syndrome chronique d'hyperventilation, on obtient des résultats concluants par de simples exercices de correction de la respiration, mais il est parfois nécessaire d'avoir recours à la rééducation respiratoire.

En dehors du traditionnel sachet en plastique, une technique similaire à celles du yoga : réchauffer le plexus solaire et les extrémités des membres.

L'huile d'estragon s'avère très curative également lorsqu'elle est appliquée sur la douleur et ce dans le sens inverse des aiguilles d'une montre.

La crise de tétanie peut être évitée : dès que la respiration commence à être rapide et saccadée, se concentrer sur sa respiration pour la maîtriser !