Expliquer les maladies causées par le stress :

L’importance du système limbique

 

Le système limbique (amygdale + hippocampe) est une zone de l’encéphale qui met en mémoire les expériences que l’on fait. Des expériences réalisées sur des animaux montrent son importance.

 

Des micro-électrodes sont implantées dans le système limbique d’un chat. Elles permettent soit d’enregistrer l’activité électrique des neurones de cette zone, soit de stimuler ces neurones.

Le chat dans sa cage est éveillé et tranquille, on enregistre l’activité spontanée de ses neurones. Chez le chat, l’activité spontanée des neurones du système limbique se manifeste par des potentiels d’action de faible fréquence, sans rythmicité nette.

Puis un rat est introduit dans la cage : le chat épie les mouvements du rat. L’activité des neurones est nettement plus importante lorsque le rat est introduit dans la cage : forte augmentation de la fréquence des potentiels d’action. La situation d’alerte se marque donc par une hausse de la fréquence des potentiels d’action au niveau du système limbique.

Quand le rat est retiré, le chat redevient tranquille. Le retour au calme va de pair avec une baisse de la fréquence des potentiels d’action.

On stimule électriquement le système limbique du chat. On obtient des réponses dont certaines peuvent constituer une séquence comportementale complète (agression, attaque, fuite) accompagnée de dilatation des pupilles, de tachycardie (accélération du rythme cardiaque), de modifications de la pression artérielle, du rythme respiratoire, de la concentration dans le sang de certaines hormones (adrénaline, cortisol...). Quand on arrête la stimulation, la « colère » du chat contre un ennemi fictif s’évanouit.

Le système limbique est donc le point de départ de messages déterminant, d’une part, des comportements (commandes motrices), et affectant d’autre part les fonctions végétatives.

Chez des macaques, singes habituellement sauvages et craintifs, on procède à la destruction du système limbique. Ces animaux deviennent alors placides, calmes, indifférents à leur environnement ; ils peuvent même se saisir de serpents, dont ils ont ordinairement très peur, et les porter à la bouche sans manifester la moindre réaction émotionnelle.

Chez les macaques privés de système limbique, les réactions émotionnelles disparaissent, ce qui confirme le rôle de ce système dans l’émotion. Les macaques semblent ne plus faire de distinction entre les stimuli qui, stresseurs auparavant, deviennent neutres.

 

D’autres expériences et observations permettent de comprendre le rôle de l’hypothalamus par rapport au système limbique.

Chez le chat, en l’absence de toute situation agressive, on stimule électriquement l’hypothalamus latéral. On déclenche ainsi une colère artificielle : le chat réagit comme s’il était menacé par un chien ; il attaque, donne des coups de patte, griffes sorties, crache, grogne, poils dressés, queue touffue, oreilles aplaties vers l’arrière... Dès que la stimulation cesse, la « colère » s’évanouit.

Donc l’hypothalamus intervient dans le déclenchement du comportement émotionnel.

Certaines lésions du système limbique laissent persister des comportements émotionnels, mais ces comportements sont alors effectués « sans nuance », sans qu’intervienne l’état physiologique du sujet ni son expérience passée.

Dans les conditions normales, système limbique et hypothalamus interviennent ensemble, le système limbique assure la modulation des comportements émotionnels, leur ajustement à l’expérience du sujet et à ses possibilités.

 

De même, on peut montrer le rôle du cortex par rapport au système limbique.

Un chat est privé de cortex préfrontal et frontal ; il continue à manifester des réactions émotionnelles à la vue d’un chien ou d’un rat, mais ses réactions sont alors exagérées, elles peuvent être déclenchées par des stimuli mineurs, habituellement ignorés.

Donc le cortex préfrontal et frontal intervient aussi dans les réactions émotionnelles, avec un rôle de contrôle (modulation, atténuation).

On ne peut déclencher volontairement une émotion, la sensibilité consciente et la motricité volontaire ont leur siège dans le cortex. Donc :

Le cortex serait source d’informations pour le système limbique, il agirait aussi dans le sens d’une modulation.

Le système limbique serait un centre d’analyse, de confrontation, de prédiction, puis de décision.