La réaction d’urgence

Si on croit qu’il faut lutter ou fuir, le système nerveux orthosympathique est stimulé.

Le système nerveux orthosympathique

Le système nerveux orthosympathique est constitué d’un ensemble de neurones partant de la moelle épinière au niveau des vertèbres thoraciques et lombaires.

Le système nerveux

Près de la moelle épinière, ces neurones sont reliés à un 2° groupe de neurones, au niveau de ganglions.

Les neurones qui partent de ces ganglions innervent les muscles lisses (muscles des viscères), les glandes sécrétrices et les organes. Ils contrôlent le fonctionnement de ces muscles, glandes, organes, en sécrétant un neurotransmetteur : la noradrénaline.

Le système orthosympathique comprend deux chaînes latérales de ganglions, de part et d’autre de la colonne vertébrale. Il existe vingt-trois paires de ganglions : trois paires de ganglions cervicaux, dont les nerfs forment les nerfs cardiaques ; douze paires de ganglions thoraciques, qui forment les plexus pulmonaire et solaire ; quatre paires de ganglions lombaires et quatre paires de ganglions sacrés.

Les synapses, c’est-à-dire les contacts entre neurones, qui ont lieu dans ces ganglions, sont des synapses à acétylcholine.

Les nerfs orthosympathiques relient la moelle épinière aux viscères (coeur, bronches...) et aux vaisseaux sanguins. Si on excite électriquement le bout périphérique de ces nerfs, on observe immédiatement tachycardie, hypertension et pâleur, comme lors de la phase d’alarme d’une réponse à une agression.

La stimulation du système nerveux orthosympathique provoque un ensemble de réactions qui, au départ, permettent de favoriser l’attaque ou la fuite. C’est l’excès de stimulation qui est néfaste.

 

Des réactions favorisant la lutte ou la fuite

Les pupilles sont dilatées (mydriase) : l’oeil reçoit plus de lumière, donc - à moins d’être ébloui...- on pourra mieux voir.

On respire plus vite : donc le sang est plus riche en dioxygène.

Le rythme des contractions du coeur est accéléré (le pouls est plus rapide). De plus, les coronaires (artères irriguant le muscle cardiaque) sont dilatées, donc peuvent apporter plus de dioxygène et de glucose (sucre) au coeur, ce qui permet d’augmenter la force des contractions cardiaques. Aussi, la circulation du sang est augmentée.

Les muscles reçoivent plus de sang, plus de dioxygène : l’activité musculaire sera donc plus efficace, la personne pourra lutter ou fuir.

 

Des réactions altérant la santé

Certaines réactions sont « neutres » : ainsi, le système orthosympathique stimule l’ouverture des canaux de transpiration : d’où les mains moites, la sueur froide, etc. Cela peut être désagréable, mais c’est tout. D’autres réactions sont beaucoup plus graves.

La plupart des vaisseaux sont contractés (vasoconstriction) quand ils sont stimulés par le système orthosympathique. La contraction des vaisseaux du visage explique la pâleur de certaines personnes, quand elles reçoivent une mauvaise nouvelle par exemple. Mais la diminution du diamètre des vaisseaux peut aussi avoir des conséquences néfastes : s’il s’agit d’artères, la vasoconstriction génère de l’hypertension. La vasoconstriction, en réduisant l’apport de sang au cerveau, peut aussi provoquer un évanouissement.

L’accélération de la respiration se traduit souvent par une hyperventilation (respiration rapide et superficielle). En cas d’hyperventilation, la quantité de dioxyde de carbone contenu dans le sang diminue. Or, le dioxyde de carbone est nécessaire pour maintenir l’acidité du sang à la valeur correcte. Si la quantité de dioxyde de carbone diminue, le sang s’alcalinise (le pH augmente), et des troubles neuromusculaires apparaissent : douleurs, tensions, crampes, tremblements...

Les mouvements des intestins sont arrêtés : d’où l’apparition de troubles du transit. La constipation est très fréquente chez les gens stressés.

Certains problèmes sont à relier à l’insuffisance de stimulation du système parasympathique : la stimulation du système orthosympathique inhibe le fonctionnement du système parasympathique. Ainsi, la sécrétion de suc pancréatique est sous le contrôle, notamment, du nerf X, principal nerf du système parasympathique. Le suc pancréatique, déversé dans le duodénum contient des enzymes digestives, ainsi que du bicarbonate. Ce bicarbonate neutralise l’acide provenant de l’estomac. L’inhibition du système parasympathique provoque donc une diminution de la quantité de bicarbonate, donc une plus grande acidité du chyme, qui peut attaquer la paroi du duodénum : c’est l’ulcère du duodénum.

Outre les actions directes, le système orthosympathique agit aussi par l’intermédiaire d’une hormone : l’adrénaline.